06 avril 2009

Washington - Les États-Unis recherchent de nouveaux moyens d'aborder toute une série de défis internationaux, mais leurs amis et alliés, notamment l'Europe, doivent assumer leur part de ce fardeau, affirme le président Obama.
« L'Amérique est en train de changer, mais elle ne peut pas être la seule à le faire », a déclaré M. Obama à des milliers d'étudiants et de résidents qui, le 3 avril, s'étaient rassemblés au stade Rhénus de Strasbourg (France) pour participer à un débat public. « Nous devons trouver ensemble des solutions à nos problèmes communs. »
À la veille du Sommet du soixantième anniversaire de l'OTAN, M. Obama a fait l'éloge du rôle de l'Alliance au niveau de la promotion de la paix et de la prospérité dans l'Europe d'aujourd'hui. « Lorsque douze de nos pays ont signé le traité de Washington, ils ont assuré notre sécurité collective par cette simple phrase : « Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles (…) sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties (…) » Cette Alliance allait empêcher le rideau de fer de tomber sur les nations libres de l'Europe occidentale. Elle aboutirait à l'effondrement du mur de Berlin et mettrait fin à la menace communiste. Deux décennies plus tard, forte de 28 membres qui s'étendent de la Baltique à la Méditerranée, l'OTAN demeure l'Alliance la plus puissante que le monde ait jamais connue. »
Le renouvellement des liens entre l'Europe et les États-Unis doit commencer par une reconnaissance honnête des attitudes de plus en plus pessimistes qui se sont manifestées de part et d'autre de l'Atlantique ces dernières années, a déclaré M. Obama. « Il y a eu des moments où l'Amérique s'est montrée arrogante et dédaigneuse, voire railleuse. Mais en Europe, il existe un antiaméricanisme qui est souvent désinvolte, mais qui peut aussi être insidieux. Au lieu de reconnaître le bien que font si souvent les États-Unis dans le monde, les Européens ont, par moments, préféré accuser l'Amérique de tout ce qui allait mal. »
Une détermination renouvelée est plus essentielle que jamais, a dit M. Obama, parce que le monde se heurte à des difficultés de plus en plus graves, comme en Afghanistan et dans la région frontalière du Pakistan avec ce pays, où des terroristes ont trouvé des abris sûrs pour continuer de planifier leurs attaques contre les États-Unis et l'Europe. La Maison-Blanche vient à ce sommet (de l'OTAN) chercher de nouveaux appuis pour sa nouvelle stratégie visant à aider les Afghans à sécuriser et reconstruire leur pays, stratégie qui exigera des efforts civils et militaires supplémentaires de l'ensemble de l'Alliance.
« Il ne peut pas s'agir d'une stratégie uniquement militaire, et nous allons coopérer avec l'Europe sur le volet du développement et de la diplomatie. Mais il y a un volet militaire. Et l'Europe ne devrait pas s'attendre à ce que les États-Unis portent seuls ce fardeau. C'est un problème commun, et il exige un effort collectif. » Dans un monde de plus en plus interdépendant, a ajouté M. Obama, les problèmes de sécurité sont trop complexes pour se régler par la simple puissance militaire. Il a cité à titre d'exemple l'actuelle crise financière internationale.
M. Obama a participé au sommet des 20 économies les plus puissantes qui s'est tenu à Londres les 1er et 2 avril. Les dirigeants se sont collectivement engagés à consacrer plus de trois mille milliards de dollars à la relance du crédit, à la croissance et à la création d'emplois dans l'économie mondiale. « Nous ne pouvons pas renoncer au libre-marché, même si nous œuvrons à faire en sorte que le commerce soit à la fois libre et équitable. Nous ne pouvons pas oublier que les échanges ont sorti des millions de gens de la pauvreté pour les placer dans la classe moyenne. »
Alors que le monde se rapproche de la voie qui le mènera à la reprise, M. Obama a exhorté les pays à participer aux efforts de réforme des milieux bancaires, à résister à la tentation protectionniste et à prendre des mesures en faveur de l'aide au développement afin d'aider les pays pauvres à atténuer les effets négatifs de la mondialisation. « Il ne s'agit pas seulement de charité. Il s'agit de comprendre que nous sommes tous dans le même bateau. Le sort de l'Europe et de l'Amérique est lié à celui du monde entier. »
Il a ensuite félicité les dirigeants européens de leur engagement contre le changement climatique et promis que son gouvernement intensifierait son action dans les domaines de l'énergie et de l'écologie. « Il n'y a plus de temps à perdre. Et cela signifie que l'Amérique doit faire plus. L'Europe doit faire plus. La Chine et l'Inde doivent faire plus », a dit M. Obama.
La prolifération des armes nucléaires est un autre danger qui nous menace tous, a-t-il dit, soulignant les initiatives de maîtrise des armements que son gouvernement a prises avec la Russie. « Il ne fait aucun doute qu'aucune région du monde ne peut s'isoler des menaces du XXIe siècle. La seule façon de progresser passe par un effort commun et persistant de lutte contre la peur et le besoin partout où ils existent. C'est le défi que nous devons relever, et nous n'avons d'autre choix que d'agir ensemble. »