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06 avril 2009

Le président Obama souhaite un monde sans armes nucléaires

 

Washington - Le président des États-Unis, M. Barack Obama, est résolu à prendre des mesures concrètes en vue d'aboutir, à terme, à un monde sans armes nucléaires.

« Nous allons diminuer le rôle de l'arme nucléaire dans notre stratégie nationale de sécurité et inviter d'autres pays à faire de même », a affirmé M. Obama lors d'un discours prononcé le 5 avril sur la place Hradcanske à Prague (République tchèque). « Afin de réduire le nombre de nos ogives et nos arsenaux, nous allons négocier cette année avec la Russie un nouveau traité de réduction des armements stratégiques. »

 

Selon le président, le processus de négociation a été engagé lors de ses entretiens avec son homologue de la Fédération de Russie, M. Dmitri Medvedev, lors de la réunion au sommet du G20 à Londres les 1er et 2 avril. Le traité actuel de réduction des arsenaux nucléaires (START-1) arrive à expiration le 5 décembre de cette année.

À la conférence au sommet des États-Unis et de l'Union européenne de Prague, M. Obama a indiqué que M. Medvedev et lui s'étaient entendus sur l'objectif visant à inclure tous les États dotés de l'arme nucléaire dans le processus de réduction générale des arsenaux.

Le président des États-Unis effectuait à Prague la troisième étape d'une tournée de huit jours en Europe qui marquait son entrée officielle sur la scène politique mondiale. Il avait auparavant pris part au sommet du G20 à Londres, puis au sommet de l'OTAN qui s'était tenu les 3 et 4 avril à Strasbourg (France) et à Kehl (Allemagne). Il devait conclure son voyage le 6 avril à Ankara et à Istanbul (Turquie).

« Afin de réaliser une interdiction totale des essais nucléaires dans le monde, mon gouvernement va immédiatement et vigoureusement promouvoir la ratification par les États-Unis du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires. Après plus de cinquante ans de pourparlers, le temps est venu pour que les essais d'armes nucléaires soient définitivement bannis », a-t-il déclaré.

Si le monde tient sérieusement à mettre fin à la prolifération des armes nucléaires, il doit également exiger que cesse la production des matières fissiles nécessaires à leur fabrication, a-t-il ajouté. « Ensemble nous renforcerons le traité de non-prolifération nucléaire qui servira de base de coopération. »

 

La République tchèque est l'un des deux États d'Europe orientale choisis pour accueillir un dispositif américain limité de défense antimissile. Les États-Unis ont l'intention d'installer en Pologne une dizaine de rampes de lancement de fusées antimissiles capables d'intercepter des missiles balistiques intercontinentaux et de doter la République tchèque d'un système de radars d'alerte rapide.

Ces dispositifs sont destinés à protéger les alliés des États-Unis contre toute menace que pourrait faire peser sur eux un État malintentionné doté de l'arme nucléaire, par exemple l'Iran ou la Corée du Nord. Ce dernier pays a effectué, le 4 avril, un tir expérimental d'un missile Taepodong-2 à trois étages, qui est retombé de manière inoffensive dans l'océan Pacifique peu après son lancement.

« Tant que la menace persistera en provenance de l'Iran, nous poursuivrons la mise en place d'un système antimissile qui soit à la fois efficace et d'un coût abordable », a déclaré M. Obama. « Si la menace iranienne disparaît, nous bénéficierons d'une assise plus solide en matière de sécurité et la raison d'être de la construction d'un bouclier antimissile en Europe cessera d'exister. » C'est d'ailleurs, a-t-il dit, la raison pour laquelle son gouvernement veut engager avec la République islamique d'Iran des discussions fondées sur le respect mutuel et sur les intérêts mutuels.

Selon le président, le lancement d'un missile par la Corée du Nord le 4 avril montre combien il est impératif que tout soit mis en œuvre pour faire face aux menaces que fait peser la possession de l'arme nucléaire. De plus, vu le risque que des terroristes arrivent un jour à se doter d'armes nucléaires, les États-Unis vont entreprendre une nouvelle campagne internationale destinée à mettre en lieu sûr, d'ici quatre ans, toutes les matières fissiles dont la sécurité n'est pas garantie à l'heure actuelle.

« Nous allons établir de nouvelles normes de sécurité, élargir notre coopération avec la Russie et rechercher de nouveaux partenariats afin de mettre ces matières dangereuses à l'abri », a-t-il affirmé.

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