15 septembre 2008
Selon le département d'État, cet accord doit traduire les résultats des élections du 29 mars.

Washington - De hauts responsables américains se sont refusés à émettre un jugement sur l'accord de partage du pouvoir entre le président du Zimbabwé, M. Robert Mugabe, et le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), M. Morgan Tsvangirai, avant d'avoir examiné en détail cet accord.
C'est le 11 septembre, après des semaines de négociation sous la direction du président de l'Afrique du Sud, M. Thabo Mbeki, que les deux partis ont annoncé leur accord de partage du pouvoir.
Le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, a déclaré à la presse, le 12 septembre : « Il est clair que M. Tsvangirai est en faveur de cet accord. Je pense donc que nous en aurons une évaluation dans les jours à venir. »
Il a réaffirmé la position des États-Unis selon laquelle tout accord de partage du pouvoir entre le parti au pouvoir, la ZANU-PF, et le parti de l'opposition, le MDC, « devait traduire la volonté du peuple zimbabwéen telle qu'il l'a exprimée lors de la dernière élection » qui a eu lieu le 29 mars.

Lors de cette élection, les candidats du MDC avaient remporté la majorité des sièges parlementaires, et M. Tsvangirai avait obtenu plus de suffrages que le président sortant, M. Mugabe. Toutefois, le chef de l'opposition n'avait pas obtenu suffisamment de suffrages pour éviter un second tour.
Pendant les semaines qui ont précédé ce second tour le 27 juin, le gouvernement Mugabe et les militants de la ZANU-PF ont orchestré une campagne d'actes de violence et d'intimidation contre les partisans du MDC et mis fin aux activités du personnel des organismes d'aide étrangers. Selon le MDC, 200 de ses partisans ont été tués.
M. Tsvangirai a décidé de ne pas se présenter au second tour de l'élection présidentielle pour ne pas continuer de mettre en danger ses partisans. M. Mugabe s'est déclaré vainqueur, mais s'est heurté à la condamnation de la communauté internationale et à l'isolement ainsi qu'à de nouvelles sanctions à l'encontre de son gouvernement de la part des États-Unis et de l'Union européenne.
Un haut responsable du département d'État, qui a requis l'anonymat, a déclaré que, même si les États-Unis n'avaient pas encore pris de décision quant à leur réaction à cet accord politique, il s'agissait là certainement d'un pas dans la bonne direction.
En proie à des troubles politiques et face à son isolement sur la scène internationale, le Zimbabwé continue de connaître de grandes difficultés économiques, notamment un taux d'inflation de 11 millions pour cent.
En réponse à une question relative à l'éventualité de la levée des sanctions appliquées au ZANU-PF et à ses dirigeants, le haut responsable a déclaré : « On verra si cet accord a une signification quelconque. »