10 septembre 2008
Le discours du président Bush dans un établissement d'enseignement militaire
Washington - L'amélioration de la sécurité en Irak alliée à la réduction du degré de violence rend possible la décision des États-Unis de retirer de ce pays près de 8.000 de leurs soldats d'ici à février 2009.
« Si l'ennemi en Irak est encore dangereux, nous avons pris l'offensive, et les forces irakiennes sont de plus en plus en mesure de mener le combat et de l'emporter. Il s'ensuit que nous pouvons appliquer une politique consistant à réduire les forces américaines de combat en Irak au fur et à mesure que la situation sur le terrain s'améliorera », a déclaré le président Bush, lors du discours qu'il a prononcé le 9 septembre à l'université de la défense nationale.
Après avoir reçu au début du mois une évaluation détaillée de l'amélioration de la situation en Irak en matière de sécurité de l'ambassadeur des États-Unis, M. Ryan Crocker, et du commandant des forces de la coalition, le général David Petraeus, M. Bush a pris la décision de retirer 3.400 soldats au cours des prochains mois. Ce retrait comprendra des soldats affectés à des unités de l'aviation, de recherche d'explosifs, du génie, de la police militaire et du soutien logistique.
En novembre, un bataillon des marines sera retiré de la province de l'Anbar. En février, ce sera le tour d'une brigade de l'armée de terre à être retirée de cette province.
M. Bush a indiqué que les forces irakiennes s'occupaient depuis le 1er septembre d'assurer la sécurité dans la province de l'Anbar. « Les forces irakiennes, a-t-il dit, ont maintenant pris en charge les opérations de sécurité dans toute la province de l'Anbar, les forces américaines ne jouant qu'un rôle d'observation. »
Le nouveau retrait permet ainsi le retour aux États-Unis de 8.000 autres soldats américains qui ne seront pas remplacés, a-t-il précisé. Les États-Unis ont déjà retiré, sans les remplacer, les 5 brigades de combat de l'armée de terre, l'unité expéditionnaire des marines et les deux bataillons des marines qui composaient les renforts envoyés en 2007.
Ce retrait traduit la volonté de donner aux Irakiens une plus grande responsabilité pour assurer leur sécurité sans compromettre les progrès réalisés difficilement dans ce domaine.
« Le degré de violence en Irak diminue depuis plusieurs mois. Si ces progrès sont encore fragiles et réversibles, le général Petraeus et l'ambassadeur des États-Unis, M. Crocker, indiquent qu'ils semblent maintenant avoir atteint un « degré de durabilité », a dit le président.
Après la fin de ce retrait en mars 2009, les effectifs des forces américaines en Irak seront d'environ 138.000 contre 146.000 à l'heure actuelle. Ce nombre avait atteint 160.000 avec l'arrivée des renforts.
La négociation de deux accords
M. Bush a indiqué que les États-Unis continueraient de négocier avec le gouvernement irakien un accord-cadre stratégique en vue de définir le rôle des États-Unis en ce qui concerne la défense de l'Irak contre des menaces internes et externes, leur soutien à la réconciliation politique et les mesures visant à s'attaquer aux groupes de terroristes.
Les États-Unis négocient aussi un accord sur le statut des forces qui définit les droits et les obligations des forces de la coalition en Irak, qu'il s'agisse de la manière dont les soldats portent leur uniforme et se servent de leurs armes ou de sujets plus terre-à-terre comme la distribution du courrier et les services de blanchissage. Le projet d'accord porte aussi sur la compétence légale en ce qui concerne les forces étrangères. Les États-Unis ont conclu, il y a plus de cinquante ans, avec l'Allemagne, le Japon et la Corée du Sud des accords semblables qui sont encore en vigueur.
« Ces deux accord, a dit M. Bush, constitueront les fondements du maintien du soutien des États-Unis à l'Irak dans le domaine de la sécurité, lorsque la résolution de l'ONU autorisant les forces multinationales arrivera à expiration le 31 décembre. Ils nous permettront aussi d'établir des relations bilatérales entre les États-Unis et l'Irak comme celles que nous entretenons avec des dizaines d'autres pays à travers le monde. »
« Des renforts discrets » en Afghanistan
De concert avec les forces de l'OTAN et d'autres alliés, les États-Unis accroissent leurs forces en Afghanistan, ce que le président Bush a qualifié de « renforts discrets » nécessaires à cause des nouvelles tentatives des forces des talibans et du réseau Al-Qaïda de porter atteinte au gouvernement afghan.
« Le nombre des soldats américains dans le pays a augmenté pour passer de moins de 21.000 il y a deux ans à près de 31.000 à l'heure actuelle, a-t-il dit. Le nombre des soldats de la coalition, dont les soldats de l'OTAN, a aussi augmenté pour passer d'environ 20.000 à environ 31.000. »
Le nombre des soldats et des policiers afghans qui ont suivi une formation a également augmenté pour passer de moins de 67.000 à près de 144.000.
« Ces augmentations, a-t-il indiqué, ont une influence sur la situation dans le pays, mais les problèmes y sont encore immenses. La réussite de ce pays est essentielle à la sécurité des États-Unis et de nos partenaires du monde libre. »
M. Bush a cependant souligné qu'il fallait faire davantage et que les États-Unis allaient envoyer d'autres soldats en Afghanistan. Ils doivent envoyer un bataillon des marines en novembre et une brigade de combat de l'armée de terre en janvier.
« La mission de ces forces sera d'œuvrer de concert avec les forces afghanes afin d'assurer la sécurité de la population, de protéger l'infrastructure et les institutions démocratiques du pays et de contribuer à faciliter l'accès à des services tels que l'enseignement et les soins médicaux. »
Le président a souligné que les États-Unis feraient tout leur possible pour aider le Pakistan à vaincre les insurgés des talibans et du réseau Al-Qaïda qui avaient trouvé refuge dans les régions reculées situées le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.