09 septembre 2008
Cette décision fait suite à l'attaque de la Russie contre la Géorgie.

Washington - Le président Bush a décidé de ne plus soumettre à l'examen du Congrès un accord de coopération nucléaire civile entre les États-Unis et la Russie.
Cette décision de retirer le projet de loi relatif à cet accord, qui devait ouvrir une nouvelle période de coopération dans le domaine nucléaire entre les États-Unis et la Russie, fait suite « aux récentes mesures prises par le gouvernement de la Fédération de Russie qui sont incompatibles avec des relations pacifiques avec la Géorgie, un État souverain et démocratique », indique le communiqué que la Maison-Blanche a diffusé le 8 septembre.
Signé en mai par M. William Burns, qui était alors ambassadeur des États-Unis, et par M. Sergei Kiriyenko, directeur de l'Agence de l'énergie atomique de la Russie, cet accord est issu de deux années de négociations intensives. Si le Congrès l'avait ratifié, il aurait permis de nouveaux partenariats entre le secteur nucléaire américain et le secteur nucléaire russe et créé des débouchés représentant des milliards de dollars. Il aurait aussi permis à la Russie de gagner des milliards de dollars de plus grâce à l'importation des déchets nucléaires et de leur recyclage.
Cet accord doit être ratifié par le Congrès, ce que la plupart des observateurs estiment impossible du fait de l'attaque militaire de la Russie contre la Géorgie le 8 août.
« Il s'agit là d'une sage décision de la part du gouvernement. Étant donné ce qui s'est passé en Géorgie au cours des dernières semaines, le Congrès est peu empressé à l'heure actuelle d'adopter de grandes mesures favorables à la Russie », a déclaré le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, M. Howard Berman.
En outre, en agissant ainsi, la Maison-Blanche évite que le Congrès refuse de ratifier cet accord et peut permettre que le prochain gouvernement puisse le resoumettre au Congrès lorsque les relations entre les États-Unis et la Russie s'amélioreront.
Pour sa part, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a déclaré dans un communiqué distinct : « Nous prenons cette décision avec regret. Malheureusement, vu la situation actuelle, il ne s'agit pas d'un moment opportun pour la ratification de cet accord. Nous réévaluerons la situation à une date ultérieure après avoir suivi de près son évolution. » Selon le porte-parole du département d'État, cette décision illustre la volonté de Washington de réévaluer ses relations avec Moscou à la suite de l'attaque contre la Géorgie. L'ambassade des États-Unis à Moscou avait informé à l'avance le gouvernement russe de cette décision, a-t-il dit.
« Même s'il s'agit d'une sanction de fait, les Russes doivent se demander si c'est une partie de la réaction négative à ce qu'ils ont fait qui ne peut que prendre de l'ampleur s'ils ne se retirent pas », a déclaré au quotidien The Washington Post un ancien responsable du département d'État, M. Stephen Sestanovich, qui est maintenant professeur à l'université Columbia.