08 septembre 2008
Le président Bush compte nommer sous peu un ambassadeur dans ce pays.

Washington - La secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, est le premier membre de haut rang du gouvernement des États-Unis à se rendre en Libye depuis plus de cinquante ans et à ouvrir ainsi la voie à la reprise des relations politiques et économiques entre les deux pays.
« Il s'agit d'un moment historique, qui arrive après de nombreuses difficultés et les souffrances d'un grand nombre de personnes que l'on n'oubliera jamais, notamment des Américains », a-t-elle dit le 5 septembre.
Mme Rice est partie, ce jour-là, de Lisbonne (Portugal), où elle s'est entretenue avec des membres du gouvernement portugais, à destination de Tripoli où elle devait avoir un entretien avec le président Mouammar Khadafi.
« J'attends avec intérêt cette occasion de pouvoir parler d'un certain nombre de questions », a-t-elle dit après avoir indiqué que cet entretien avait été rendu possible par la décision de la Libye en 2003 de renoncer à son programme d'armes de destruction massive et d'indemniser les familles des victimes d'attentats. La Libye faisait en effet partie de la liste du département d'État relative aux États soutenant le terrorisme, avant d'en être rayée lorsqu'elle a mis fin à ses liens avec des groupements de terroristes.
Les États-Unis et la Libye sont parvenus à un accord en vue de régler les procès intentés par les familles des victimes américaines des attentats de 1986 et de 1988 ainsi que par les familles des victimes libyennes de raids aériens américains exécutés en 1986, a indiqué le secrétaire d'État adjoint aux affaires proche-orientales, M. David Welch, le 14 août dans la capitale de la Libye, Tripoli. « En vertu de cet accord, les ressortissants de chacun des deux pays peuvent recevoir une indemnisation équitable. L'exécution de l'accord que nous venons de signer aujourd'hui permettra à la Libye et aux États-Unis de rétablir leurs relations. »
Le règlement des procès en cours porte sur les victimes d'un attentat terroriste contre une discothèque de Berlin qui a fait 3 morts et 229 blessés en 1986 et d'un attentat à la bombe contre un avion de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (Écosse) qui a fait 270 morts en 1988. L'accord porte aussi sur les 40 Libyens qui ont été tués en 1986 lorsque des avions de l'armée américaine ont attaqué des objectifs situés à Tripoli et à Benghazi.
Alors qu'elle se rendait à Tripoli, Mme Rice a déclaré : « Il reste encore beaucoup à faire, mais je suis convaincue que ce voyage montre que les États-Unis n'ont pas d'ennemis permanents et que lorsque des pays sont prêts à changer de direction, les États-Unis sont prêts à agir de leur côté. »
Mme Rice est la première secrétaire d'État américaine à se rendre en Libye depuis John Foster Dulles en 1953, du temps du président Einsenhower, ainsi que le premier membre de haut rang du gouvernement des États-Unis depuis la visite du vice-président Richard Nixon en 1957.
Selon la porte-parole de la Maison-Blanche, Mme Dana Perino, le président Bush compte nommer sous peu un ambassadeur à Tripoli.
« Nous avons eu pendant longtemps de mauvais rapports avec la Libye, mais cela a commencé de changer lorsqu'elle a renoncé aux armes nucléaires et au terrorisme. Ce pays a changé son comportement de façon radicale. Le voyage de Mme Rice ouvre un nouveau chapitre dans les relations américano-libyennes. »
Mme Rice, qui ne devait rester à Tripoli que quelques heures, a indiqué que les sujets de ses entretiens avec de hauts responsables libyens étaient nombreux et qu'ils avaient trait notamment à la lutte contre le terrorisme en Afrique du Nord, à l'aide de la Libye pour le règlement des conflits au Soudan et en Somalie, au rôle de Libye au sein de l'Union africaine et de la Ligue arabe, aux relations avec les États-Unis en matière d'échanges éducatifs et culturels et au respect des droits de l'homme.
À l'issue de son entretien avec le ministre libyen des affaires étrangères, M. Mohammed Abdel-Rahman Shalgam, Mme Rice devait être l'invitée du président Khadafi pour participer à un iftar, le dîner traditionnel de rupture du jeûne pendant le ramadan.
Après sa visite à Tripoli, elle devait aussi se rendre en Algérie, en Tunisie et au Maroc.