05 septembre 2008
Les discussions du vice-président se centrent sur la crise en Géorgie.

Washington - Le vice-président Cheney vient d'amorcer une série de consultations avec les dirigeants de trois anciennes républiques soviétiques à la suite de la récente incursion de la Russie en Géorgie et de sa reconnaissance des provinces séparatistes géorgiennes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.
« Il est d'importance cruciale, en cette période d'incertitude, que nous consultions et collaborions étroitement avec nos amis, en particulier ceux qui vivent littéralement dans l'ombre de cette récente démonstration de force de la part de la Russie, » a déclaré un haut responsable américain. « Et aussi avec nos alliés européens, occidentaux et ceux de la communauté internationale au sens plus général - les actions de la Russie constituent un défi sérieux pour nous tous. Elles méritent et elles exigent une réponse unifiée de la part du monde libre. »
M. Cheney avait prévu de se rendre en Géorgie avant que la Russie envahisse l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie au mois d'août dernier, a précisé Dana Perino, la porte-parole de la Maison-Blanche.
« Cette visite avait été prévue depuis un certain temps déjà, mais elle a bien entendu pris une importance plus grande depuis la situation en Ossétie du Sud et en Abkhazie », a-t-elle annoncé lors d'une déclaration faite à la Maison-Blanche le 2 septembre. « Le vice-président aura une liste d'éléments spécifiques qu'il abordera au cours de ses différentes escales, mais le message sera clair : nous soutenons l'intégrité territoriale de la Géorgie, la souveraineté de la Géorgie et l'indépendance de la Géorgie, et le bien-être et la sécurité de cette région du monde nous intéressent en permanence. »
Mme Perino a déclaré que les États-Unis s'efforçaient d'œuvrer étroitement avec leurs partenaires européens pour présenter une réponse unifiée à l'incursion russe en Géorgie qui a été à l'origine du bref conflit.
La Russie a « pris une initiative qui vise à modifier unilatéralement les frontières d'un pays voisin aussi bien par la force que par une action politique. Et elle a bien entendu un certain nombre d'autres voisins qui sont dans une situation semblable et qui se demandent ce que tout cela signifie pour eux, » a déclaré le haut responsable américain au cours d'un point de presse à la Maison-Blanche sur la visite de M. Cheney.
M. Cheney arrive en Azerbaïdjan
M. Cheney est arrivé en Azerbaïdjan le 3 septembre pour des consultations avec Illham Aliyev, le président azerbaïdjanais et son gouvernement. La porte-parole a déclaré qu'ils se sont entretenus dans un climat assombri par l'invasion russe de la Géorgie, un pays qui est situé sur la frontière nord de l'Azerbaïdjan.
« Nous cherchons tous deux une stabilité, une sécurité et une coopération plus grandes dans cette région vitale du globe, » a déclaré M. Cheney après avoir rencontré le président Aliyev à Baku. « Et nous sommes tous deux attachés à la cause de la paix. »
L'un des fondements essentiels de la sécurité et de la paix, a déclaré M. Cheney, est le respect des frontières nationales, « un principe qui aujourd'hui se voit menacé ». Les actions de la Russie, a-t-il dit, ont été largement condamnées par la communauté internationale.
M. Cheney a fait savoir également que les États-Unis et l'Azerbaïdjan collaboraient depuis près de 20 ans pour renforcer et consolider l'indépendance, la souveraineté et l'intégration de l'Azerbaïdjan en tant que membre respecté de la communauté internationale, et les États-Unis réaffirment cet engagement.
« L'Amérique se félicite également de l'engagement manifesté par l'Azerbaïdjan pour collaborer avec les pays occidentaux sur le dossier de l'énergie, » a-t-il déclaré.
L'énergie est un thème central du fait que ce pays possède des réserves de pétrole et de gaz naturel parmi les plus importantes de la région. « L'importance d'œuvrer avec l'Azerbaïdjan pour l'aider à mettre en valeur ses ressources énergétiques et les acheminer de manière sûre sur le marché revêt un intérêt crucial non seulement pour les États-Unis mais également pour tous les pays d'Europe alors qu'ils planifient leurs avenirs énergétiques respectifs », a dit le haut responsable.
À Baku, M. Cheney a déclaré que les États-Unis étaient résolus à contribuer à la recherche d'un règlement de la crise du Haut-Karabakh, qui commence par le respect de l'intégrité territoriale. « La solution du conflit est aujourd'hui plus importante que jamais. Son dénouement rehaussera la paix et la stabilité dans la région, de même que la sécurité de l'Azerbaïdjan, » a déclaré le vice-président américain.
La prochaine escale de sa tournée sera la Géorgie suivie de l'Ukraine avant de se rendre au lac de Côme en Italie pour participer au Forum d'Ambrosetti sur le renseignement et la sécurité dans le monde.
Le 4 septembre en Géorgie, M. Cheney rencontrera le président Mikhaïl Saakashvili pour s'entretenir des retombées du conflit entre la Russie et la Géorgie. Le vice-président envisage d'évaluer les efforts déployés par l'armée américaine pour apporter une aide humanitaire au peuple géorgien et évaluer aussi l'aide de secours fournie par la communauté internationale, a déclaré le responsable.
« Le vice-président et le président Saakashvili étudieront également la situation au-delà de la crise immédiate et discuteront de manière approfondie la nécessité d'une stratégie exhaustive à long terme de la part de la communauté internationale pour aider la Géorgie à se rétablir et à reconstruire, ainsi que la tâche cruciale qui consiste à appuyer le choix démocratique du peuple géorgien dans son intégration plus poussée des institutions euro-atlantiques, notamment l'OTAN, » a déclaré le haut responsable.
La secrétaire d'État, Mme Condoleeza Rice, a annoncé, le 3 septembre, à Washington au cours d'une déclaration que les États-Unis s'apprêtaient à livrer une enveloppe d'aide économique d'un milliard de dollars à la Géorgie dans le cadre des efforts déployés en vue de stabiliser et de reconstruire le pays à la suite de l'incursion armée de la Russie.
En Ukraine, le vice-président Cheney devait être accueilli par le président Viktor Iouchtchenko, pour un dîner non officiel le 4 septembre avant d'entamer des discussions le 5 septembre auxquelles participera également le premier ministre Ioulia Timochenko.
« L'Ukraine continue de développer sa démocratie et son économie et à chercher une intégration plus poussée des institutions euro-atlantiques, dont l'OTAN, » a déclaré le haut responsable américain. « Les États-Unis ont depuis longtemps appuyé l'Ukraine dans ces efforts et nous voulons continuer à le faire. »
La Géorgie et l'Ukraine cherchent toutes deux à devenir membres de l'OTAN et de l'Union européenne malgré les objections de la Russie.