09 octobre 2008
Il s'agit de faire triompher les idéaux et les principes universels.
Washington - Aucune cause ne saurait justifier ou excuser le meurtre d'innocents. Si ce postulat est unanimement admis, il s'ensuit que la lutte contre le terrorisme est un combat en faveur d'idéaux et de principes qui sont universels, affirme le coordonnateur au département d'État de la lutte antiterroriste dans le monde, M. Dell Dailey.
« Nous appliquons depuis plusieurs années, en collaboration avec nos partenaires, une stratégie régionale qui vise à démanteler les réseaux terroristes, à éliminer leurs places fortes et à perturber leurs liens, notamment sur le plan du financement, des déplacements, des communications et du renseignement », a déclaré M. Dailey lors d'un entretien récent avec des membres de la presse à Washington.
Au cours des sept dernières années, de nouvelles lois ont lancé ou étoffé dans des dizaines de pays des mesures antiterroristes, en particulier des lois contre le blanchiment et autres lois financières qui compliquent sérieusement la vie aux groupements terroristes.
Pourtant, le combat ne se terminera pas sous l'effet d'une loi ou d'un programme particulier, a fait remarquer le haut responsable. La victoire ne s'obtiendra que si les pays adoptent un but commun à la réalisation duquel ils appliquent une stratégie coordonnée et internationale.
« Nous serons en mesure de marginaliser les extrémistes violents en répondant aux besoins et aux griefs des populations, en donnant à ces populations leur mot à dire au sujet de leur propre avenir et en leur présentant une alternative tant matérielle qu'idéologique à ce que les terroristes ont à leur offrir », a souligné M. Dailey. « Au bout du compte, nos efforts de coopération, tant mondiaux que régionaux, finiront par réduire la capacité des terroristes de nous nuir, nous et nos partenaires, lesquels profiteront en même temps de notre aide en matière de sécurité locale et de développement. »
Nouvelles mesures, nouveaux programmes
Les 27 États membres de l'Union européenne ont formé des unités de renseignement financier visant à suivre et à contrecarrer les effors de financement du terrorisme. « Nous avons fait d'excellents progrès en matière de sécurité des documents et de sécurisation des frontières », a dit M. Dailey.
De plus, le programme d'aide antiterroriste du département d'État a permis de former plus 6.000 agents dans cent cinquante pays et de les doter de matériel et de techniques.
« L'aide à l'étranger est un élément vital de nos efforts, a-t-il dit. Elle permet de s'attaquer à des situations que les terroristes tentent d'exploiter à des fins de recrutement et d'endoctrinement. »
L'Initiative du partenariat au Moyen-Orient et la Société du millénaire (« Millennium Challenge Corporation ») sont deux exemples de programmes d'aide qui secondent l'action antiterroriste des États-Unis.
« Ces programmes améliorent l'accès à l'éducation et aux soins médicaux et permettent de mettre l'accent sur les réformes démocratiques et économiques, a-t-il dit. Par exemple, les États-Unis se sont associés à des gouvernements, à des ONG et à des collectivités locales de par le monde en vue de reconstruire des écoles et d'élaborer des programmes d'enseignement susceptibles d'atteindre des catégories d'enfants marginalisés : des filles, des minorités ethniques, des enfants touchés par le VIH/sida, par des guerres ou d'autres catastrophes au Moyen-Orient et en Asie méridionale. »
Selon M. Dailey, ces initiatives ont eu un effet sur les résultats de sondages d'opinion publique réalisés par le Centre Pew de recherche pour le public et pour la presse. Ces sondages révèlent que les opinions favorables à la nébuleuse terroriste Al-Qaïda ont baissé dans le monde entier ces dernières années et que le nombre de personnes qui approvent la méthode de l'attentat suicide a baissé au moins de moitié en cinq ans.
Néanmoins, la lutte contre Al-Qaïda est malaisée du fait qu'il s'agit d'un ennemi décentralisé, composé de professionnels, de spécialistes rompus à l'art d'exploiter les capacités de propagande électronique par l'Internet.
« La communauté internationale, c'est-à-dire les pouvoirs publics, les organisations internationales, les politiciens et les hautes personnalités universitaires, religieuses et politiques, doivent faire mieux en vue de flétrir la propagande terroriste et ses mensonges », a déclaré M. Dailey.
« Nous pouvons éliminer des chefs de bande, perturber les réseaux terroristes et les priver d'asiles sûrs, mais nous ne connaîtrons de vraie réussite que si nous empêchons les terroristes de recruter de nouveaux membres localement et d'étendre leur portée dans le monde. »
C'est ainsi qu'une composante essentielle de la stratégie antiterroriste des États-Unis est ce qu'on appelle la « contre-radicalisation » et son précurseur, l'« anti-radicalisation ».
« Il est démontré que les terroristes manipulent les sujets de mécontentement, qu'ils soient réels ou imaginés, en vue de saper l'autorité légitime et de fomenter des troubles. »
M. Dailey a apparenté cette manipulation à une sorte de chaîne de montage, où les mécontents, les déçus, les marginalisés sont d'abord convertis à une idéologie extrémiste puis transformés successivement en sympathisants, en partisans et enfin en terroristes.