07 octobre 2008
Le développement, la diplomatie et la défense seront également importants pour sa stratégie à long terme.

Le premier octobre dernier, l'armée des États-Unis a inauguré son sixième commandement géographique, qui est consacré exclusivement à l'Afrique.
À cette occasion, le drapeau du nouveau commandement des États-Unis en Afrique (Africom) a été déployé lors d'une cérémonie officielle organisée au Pentagone et à laquelle étaient invités des dignitaires africains et des membres du Congrès. Le ministre de la défense, M. Robert Gates, a souligné que la mission de l'Africom était de prévenir la guerre, et non pas de la faire. De plus, a-t-il affirmé, ce nouveau commandement, dont le quartier général est à Stuttgart, en Allemagne, a été créé afin de renforcer la sécurité des partenaires africains des États-Unis, et non pas pour établir une présence militaire américaine sur le continent africain.
Le commandant de l'état-major des armées, Michael Mullen, a déclaré lors de cette même cérémonie que la combinaison d'atouts civils et militaires au sein de l'Africom permettrait aux États-Unis de coopérer de façon novatrice avec les Africains, et ce d'autant plus que l'Africom est doté d'un personnel de plus de 1.000 personnes pour accomplir sa mission.
L'administratrice de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), Mme Henrietta Fore, a exprimé son ferme soutien à la mission essentielle de l'Africom qui est de contribuer à la coopération entre armées dans le domaine de la sécurité. « Nous pensons que l'Africom contribuera considérablement à la réforme du secteur africain de la défense et renforcera les capacités de nos partenaires africains sur le plan du maintien de la paix, de la sécurité des frontières et des zones côtières et de la lutte contre le terrorisme. »
Le département d'État, a-t-elle précisé, veillera à ce que les activités de ce commandement soient coordonnées par le truchement de l'ambassadeur des États-Unis en poste dans chaque pays concerné.
Le département d'État et l'USAID savent, a-t-elle affirmé, que le succès des missions diplomatiques et de développement dépend souvent de la sécurité et de la logistique fournies par le ministère de la défense. « La relation entre la sécurité et le développement est évident dans l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. »
Elle est d'avis que l'amélioration de la sécurité permettra à des pays comme le Rwanda et le Libéria de commencer à faire l'expérience d'une « solide croissance économique, de meilleures conditions de vie et d'une gestion plus rationnelle des affaires publiques après des années de conflits armés dévastateurs ».
Comment fonctionnera l'Africom

La question qui préoccupe avant tout les spécialistes de l'Afrique est celle de savoir comment va fonctionner l'Africom. En cas de catastrophe naturelle, des agences civiles des gouvernements pourront se tourner vers le commandement pour obtenir des appuis logistiques. L'Africom les aidera à coopérer avec des gouvernements africains et des partenaires du secteur privé.
« Nous identifierons les besoins des populations vulnérables. Nous demanderons ensuite à notre armée d'appuyer les ponts aériens afin de pouvoir atteindre ceux qui ont besoin de secours », a dit Mme Fore.
L'USAID va continuer de coordonner les activités des organisations non gouvernementales, des pays hôtes, d'autres agences gouvernementales et de l'armée. Ce modèle s'est révélé efficace durant les inondations qui ont frappé le Mozambique et le Kénya en 2000 et en 2007, respectivement.
L'Africom jouera également un rôle sur le plan de la prévention des conflits, ce qui contribuera à la protection de précieuses ressources. Mme Fore a cité à l'appui de ses dires des statistiques de l'université d'Oxford selon lesquelles un conflit dans un pays à faible revenu coûte environ 64 milliards de dollars. Or, au cours des 25 dernières années, 21 pays africains ont vécu un conflit.
De plus, un conflit typique dure environ sept ans. Ensuite, le pays ravagé par la guerre a besoin de près de 17 ans pour retrouver le niveau de croissance du produit intérieur brut qu'il connaissait avant le conflit.
« Les conflits sont des obstacles au développement », a-t-elle affirmé. Elle a cité à titre d'exemple les activités auxquelles se livre chaque jour l'USAID pour nourrir trois millions de personnes déplacées par le conflit au Darfour.
M. Gates a souligné que la tourmente économique, les fissures ethniques, les catastrophes naturelles, les maladies, la criminalité et le terrorisme « peuvent être aussi déstabilisateurs que les conflits armés classiques », et que l'Africom pouvait également apporter son aide dans ces domaines.
Le général William Ward, qui est responsable de l'Africom, a déclaré qu'il se concentrerait sur un large éventail de programmes, notamment la lutte contre le trafic des stupéfiants et le terrorisme, le renforcement des capacités des forces maritimes et terrestres des pays africains par le truchement de l'Africa Partnership Station Program, et la formation de soldats de la paix par le truchement de l'Africa Contingency Operations Training and Assistance Program (ACOTA).
Il est en outre d'avis que l'Africom contribuera à la « solidification des liens avec nos amis et partenaires africains en les aidant à assurer leur sécurité et leur développement ».
Il a ainsi résumé sa vision de l'Africom : « Il s'agit, fondamentalement, d'un commandement d'orientation et de type différents, un commandement qui, nous l'espérons, institutionnalisera une relation durable de sécurité avec l'Afrique. »