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18 novembre 2008

Le gouvernement irakien approuve l'accord de sécurité avec les États-Unis

Cet accord prévoit le retrait complet des forces américaines à la fin de 2011.

 
Ryan Crocker et Hoshyar Zebari
L'ambassadeur des É.-U., M. Ryan Crocker et le ministre des affaires, M. Hoshyar Zebari suite à la signature de l'accord.

Washington - Le gouvernement irakien a approuvé un accord entre les États-Unis et l'Irak qui prévoit le retrait complet des forces armées américaines d'ici à la fin de 2011 et qui doit être ratifié par le Parlement irakien.

Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, M. Gordon Johndroe, a indiqué que l'adoption de cet accord par le gouvernement irakien le 16 novembre constituait un nouveau pas en avant pour la démocratie naissante du pays. Il s'est déclaré optimiste quant à la ratification par le Parlement irakien de cet accord qui est avantageux tant pour l'Irak que pour les États-Unis et qui montre, selon lui, au reste du monde que les gouvernements irakien et américain sont résolus à faire tout leur possible pour que la stabilité, la sécurité et la démocratie règnent dans ce pays.

Outre la date du retrait des forces américaines, l'accord signé le 17 novembre par l'ambassadeur des États-Unis à Bagdad, M. Ryan Crocker, et par le ministre irakien des affaires étrangères, M. Hoshyar Zebari, prévoit la limitation du champ d'action des forces américaines en Irak à compter du 1er janvier 2009.

Pour sa part, le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, a déclaré, le 17 novembre, que cet accord affirmait l'idée selon laquelle les États-Unis et l'Irak étaient deux États souverains libres. « Il s'agit, a-t-il ajouté, de deux États souverains qui ont dû répondre aux demandes de leur peuple. C'est très clair du côté irakien, et je pense que c'est évident pour notre pays également. »

Les États-Unis ont aussi accédé à une demande de l'Irak destinée à habiliter les autorités irakiennes à poursuivre en justice des soldats américains qui ont commis de graves crimes en dehors de l'exercice de leurs fonctions et en dehors de leur base militaire, ce qui était un problème difficile pour les négociateurs américains.

« Si le Parlement irakien ratifie cet accord et que le Conseil de la présidence l'adopte, il s'agira d'un accord conclu entre les États-Unis et l'Irak démocratique, qui changera à jamais le Moyen-Orient dans un sens positif », a souligné M. McCormack.

Depuis 2003, les forces des États-Unis et des autres pays membres de la coalition exercent leurs fonctions en Irak en vertu d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui va arriver à expiration à la fin de 2008. Les responsables américains et irakiens cherchent à remplacer le mandat autorisé par l'ONU et à continuer leur coopération dans le domaine de la sécurité au moyen d'un accord autorisant la présence des forces américaines et définissant leur rôle en Irak. Les États-Unis ont conclu des accords semblables avec 78 autres pays, notamment l'Allemagne, la Corée du Sud, le Japon et plusieurs États du golfe Persique. Selon les responsables américains, sans le fondement juridique fourni par cet accord, les forces américaines ne pourraient plus poursuivre leurs activités.

Les diplomates américains et irakiens ont entrepris les négociations en mars, dans l'espoir de conclure un accord durant l'été, ce qui s'est révélé impossible. Les négociateurs ont alors redoublé leurs efforts pour préparer un accord acceptable tant pour Bagdad que pour Washington.

Si la violence a considérablement diminué en 2008, ces jours derniers ont été marqués par plusieurs attentats à Bagdad, à Baqouba et à Hilla. Ces attentats ont visé des policiers irakiens, des gardiens dans un quartier sunnite et des particuliers. Ils ont ainsi mis en évidence le fait que les progrès réalisés en matière de sécurité étaient « fragiles et réversibles », selon des responsables américains, et qu'il était nécessaire de maintenir une aide en matière de sécurité tant que l'Irak continuerait de se doter d'institutions politiques à caractère démocratique.

Lors de la conférence de presse que M. Crocker avait donnée le 5 juin au sujet de ces négociations, il avait fait remarquer la nécessité de la présence militaire des États-Unis au-delà de la fin de l'année. « Plus les Irakiens seront en mesure d'assurer leur propre sécurité, moins ils auront besoin d'un soutien extérieur, avait-il dit. C'est ce que les Irakiens veulent et c'est ce que nous voulons. »

À la fin du mois d'octobre, le gouvernement irakien a habilité le premier ministre, M. Nouri al-Maliki, à rouvrir les négociations relatives à cet accord, qui a fait l'objet d'un examen attentif de la part des parlementaires irakiens.

Selon la presse, les responsables irakiens ont demandé que l'on apporte une centaine de modifications au projet d'accord. « Certaines modifications étaient importantes, d'autres étaient d'ordre linguistique ou stylistique. Nous les avons toutes considérées et nous avons été disposés dans toute la mesure du possible à en tenir compte », a déclaré M. Crocker au quotidien The New York Times.

Le projet d'accord a été adopté par 27 des 28 ministres présents à la réunion, à la suite de l'approbation indirecte par le grand ayatollah Ali al-Sistani, dignitaire religieux chiite qui a une grande influence. Si les chiites et les Kurdes sont pour la plupart en faveur de l'accord, certains sunnites y sont opposés. Il s'ensuit que le prochain vote des parlementaires irakiens donnera une bonne idée de l'ampleur du consensus national que les dirigeants irakiens espèrent former autour de cet accord.

À l'ONU, le représentant permanent des États-Unis, M. Zalmay Khalilzad, a indiqué que les négociations entre les États-Unis et l'Irak portaient sur les relations pendant la période de transition et que l'objectif était d'établir des relations solides et stratégiques avec l'Irak qui respectent la souveraineté des deux pays et qui servent les intérêts également des deux pays.

M. Khalilzad a déclaré au Conseil de sécurité de l'ONU que, depuis l'arrivée des renforts américains en juin 2007, le nombre de décès dus à la violence parmi la population civile avait diminué de 80 % et que le nombre des attentats exécutés par les insurgés avait également diminué de 86 %.

En outre, on a observé, pendant cette même période, une réduction du nombre des membres des forces de sécurité irakiennes qui ont été tués (84 %), du nombre des soldats américains tués (87 %) ainsi que du nombre des victimes de la violence à caractère religieux (95 %).

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