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08 mai 2008

Les É.-U. souhaitent envoyer des secours en Birmanie

Ils cherchent l'appui des voisins de ce pays pour que cette aide soit acceptée.

 
Distribution d'eau saine en Birmanie
Des résidents de Rangoun (Birmanie) remplissent des bidons d'eau potable suite aux pénuries d'eau causées par ;e cyclone. (© AP Images)

Washington - Les États-Unis sont en train de demander aux voisins de la Birmanie de les aider à convaincre la junte militaire au pouvoir dans ce pays de les autoriser à envoyer des équipes de secours et d'évaluation sur son territoire. Les États-Unis souhaitent aider la Birmanie à commencer à se remettre de l'« énorme catastrophe humanitaire » qui la frappe.

Le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, a déclaré, le 7 mai : « Nous sommes en relation avec l'ambassade de Birmanie ici à Washington afin d'essayer de faciliter le déploiement de spécialistes américains de l'aide humanitaire, et nous avons également pris contact avec les pays voisins, à savoir la Thaïlande, la Malaisie et l'Indonésie, afin de les encourager à user de toute leur influence auprès des autorités birmanes pour obtenir l'autorisation de déploiement de nos équipes d'aide. »

Le représentant des États-Unis auprès de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est asiatique (ASEAN), M. Scott Marciel, est également dans la région et travaille sur ce dossier. Selon M. McCormack, les États-Unis ont également demandé à la Chine, au Japon et à l'Inde de tenter de convaincre le régime birman.

La chargée d'affaires américaine à Rangoon, Mme Shari Villarosa, a déclaré lors d'un entretien téléphonique à la presse que le nombre de victimes était beaucoup plus élevé que ce qu'avait rapporté le gouvernement birman. « Les informations que nous recevons indiquent qu'il y a sans doute plus de 100.000 morts dans la région du delta de l'Irrawaddy. » En outre, près de 95 % des habitations de cette région ont été détruites.

Le 2 mai, à près de 16 heures (heure locale), le cyclone Nargis a frappé la Birmanie près de l'embouchure de l'Irrawaddy, avec des vents de 211 kilomètres/heure. Le cyclone a poursuivi sa route en direction du nord-est, touchant Rangoon, la plus importante ville de la Birmanie, le lendemain.

Le 7 mai, la radio d'État a rapporté que 22.980 personnes avaient trouvé la mort, que 42.119 étaient portées disparues et que 1.383 étaient blessées, mais ces chiffres n'ont pas été confirmés auprès de sources indépendantes.

Le même jour, les Nations unies ont annoncé qu'elles allaient prélever 10 millions de dollars sur leur fonds d'urgence pour aider la Birmanie.

M. McCormack a précisé que les États-Unis étaient en train de préparer les secours et le matériel le plus demandé de façon à pouvoir agir rapidement dès que les équipes auront reçu l'autorisation d'entrer en territoire birman. Les États-Unis et d'autres pays, ainsi que diverses agences caritatives, ont en effet demandé des visas d'entrée pour leur personnel mais, à ce jour, le gouvernement birman n'a pas répondu.

« Pour l'instant, nous coopérons étroitement avec le Commandement Pacifique de l'armée des États-Unis. Nous avons fourni des images aériennes de la région sinistrée au gouvernement birman et aux Nations unies afin de les aider à évaluer les dégâts. Et notre personnel de l'ambassade à Rangoon collabore avec les ONG, les associations caritatives, les agences de l'ONU et le ministère birman des affaires étrangères pour faire face aux besoins. »

Une équipe de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), spécialisée dans l'évaluation des catastrophes, est à Bangkok (Thaïlande). Elle attend que ses visas soient approuvés pour commencer ses travaux dans la zone sinistrée.

Le président Bush a annoncé le 6 mai que les États-Unis débloquaient 3,25 millions de dollars de fonds d'urgence pour financer l'aide à la Birmanie, et que leur marine et leur armée de l'air étaient prêtes à intervenir immédiatement.

« Nous sommes prêts à utiliser les ressources de notre marine pour aider à retrouver ceux qui ont disparu et pour contribuer à stabiliser la situation », a affirmé le président Bush dans un appel direct au gouvernement birman.

La marine des États-Unis dispose en effet de trois navires dans le golfe de Thaïlande qui pourraient être dépêchés en Birmanie en moins de quatre jours, a déclaré le porte-parole du Pentagone, M. Bryan Whitman. Les trois navires en question sont l'USS Essex, qui transporte 23 hélicoptères, l'USS Juneau et l'USS Harper's Ferry. Les hélicoptères de l'Essex peuvent notamment servir à transporter des fournitures d'urgence à tout moment, parce que l'aéroport principal est de nouveau ouvert.

Mais la catastrophe n'implique pas que des pertes humaines. Une importante région de culture vivrière du pays a également été dévastée par le cyclone et demeure inondée. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les cinq États les plus touchés produisent 65 % de la récolte de riz de la Birmanie. La région abrite également 80 % de son aquaculture, 50 % de ses élevages de volaille et 40 % de ses élevages de cochons.

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