13 mai 2008
Le maintien de la paix n'est pas un succédané pour la cessation des conflits, dit le représentant permanent des États-Unis.

Washington - Les opérations de maintien de la paix de l'ONU devraient avoir des objectifs bien définis ainsi que des missions, des calendriers et des budgets détaillés et elles ne devraient pas constituer un succédané pour la cessation des conflits ou une excuse pour renvoyer à plus tard l'adoption de mesures destinées à les régler, a déclaré le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, M Zalmay Khalilzad.
« Malgré des améliorations importantes, nous nous heurtons à des problèmes immenses », a-t-il au sujet des opérations de maintien de la paix de l'ONU ; les ressources et le nombre de soldats bien équipés sont en effet insuffisants pour faire face à la demande.
Il convient, selon lui, d'utiliser plus efficacement les ressources de l'ONU de concert avec d'autres organisations internationales et l'Union africaine. Il faut aussi renforcer les capacités, en particulier au niveau régional, pour la conduite des opérations de maintien de la paix.
Récemment, le Conseil de sécurité de l'ONU a organisé un débat sur le renforcement des relations avec les organisations régionales et l'Union africaine pour ce qui est de la paix et de la sécurité en Afrique.
« Les États-Unis appuient la démocratisation et le développement économique dans les pays africains », a dit M. Khalilzad lors de ce débat. Il s'agit notamment d'aider les pays sortant d'un conflit et les groupements de la société civile dans toute l'Afrique à lutter contre la violence sexiste, la traite des personnes et d'autres violations des droits de l'homme.
Le représentant permanent des États-Unis a proposé que le Conseil de sécurité évalue tout d'abord les méthodes de préparation des opérations de maintien de la paix et les moyens de les maintenir. Il convient, selon lui, d'envisager de mettre fin aux opérations qui ne sont pas viables tout en tenant compte des risques d'une cessation trop rapide.
Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, a déclaré être résolu à renforcer la coopération avec les organisations régionales en vue d'élaborer des méthodes plus efficaces en matière de prévention et de règlement des conflits, ainsi qu'un système prévisible, interconnecté et fiable de maintien de la paix dans le monde. « La prévention et le règlement négocié des conflits, a-t-il dit, doivent continuer d'occuper un haut rang dans l'ordre du jour commun de l'Union africaine et de l'ONU. »
M. Ban a aussi indiqué qu'il fallait accélérer la mise en œuvre de mesures en faveur du Darfour (Soudan) et de la Somalie pour réaliser les progrès qui sont indispensables.
Un des objectifs devrait consister, selon M. Khalilzad, à retirer de certaines régions des forces et des fonds pour les utiliser dans d'autres régions qui en ont plus besoin, notamment au Darfour où la mission de maintien de la paix de l'ONU collabore avec l'Union africaine.
L'ONU et l'Union africaine, a-t-il dit, coopèrent en vue de la réalisation d'une tâche d'importance historique, à savoir le déploiement au Darfour d'une force mixte dénommée la MINUAD. Les États-Unis sont en faveur du déploiement immédiat et complet de la MINUAD de manière à améliorer la situation au Darfour et également à montrer que l'ONU et l'Union africaine peuvent établir des partenariats qui fonctionnent bien.
Par ailleurs, l'Union africaine doit renforcer ses moyens de mener à bien des opérations de maintien de la paix, et des États non membres doivent l'aider à cette fin. Il est aussi nécessaire que ses États membres accroissent leurs capacités en matière de maintien de la paix au niveau national.
Depuis 2005, les États-Unis ont formé 34.750 soldats de 40 pays au maintien de la paix et ils ont consacré 375 millions de dollars en vue de renforcer les capacités en matière de maintien de la paix en Afrique et ailleurs. Le programme Global Peace Operation Initiative a permis de développer dans ce domaine les capacités d'organisations régionales en Afrique, en Asie centrale et méridionale, en Océanie, en Amérique centrale, en Amérique du Sud, en Europe, au Moyen-Orient, etc. L'un des rôles du nouveau Centre de commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) est de contribuer au renforcement des capacités de l'Union africaine en matière de maintien de la paix.
Il est tout aussi important de disposer des fonds nécessaires à ce renforcement des capacités, a déclaré M. Khalilzad en recommandant une coopération plus étroite entre l'ONU et l'Union africaine dans ce domaine.