27 mars 2008
Les pourparlers à six ne peuvent progresser en l'absence de ce document, et une déclaration partielle est inacceptable.

La phase 3 des pourparlers à six est dans l'impasse parce que la Corée du Nord n'a pas encore accepté de fournir une déclaration « complète et correcte », sans exception, de toutes ses matières, capacités et connaissances nucléaires.
Lors d'une conférence de presse tenue au Centre de la presse étrangère de Washington le 19 mars, M. Hill, secrétaire d'État adjoint aux affaires d'Asie de l'Est et du Pacifique, a déclaré : « Nous ne sommes pas en train de demander à la République populaire démocratique de Corée de faire quoi que ce soit qui aille à l'encontre de ses intérêts. Je pense au contraire qu'elle a intérêt à suivre le programme. Cette prochaine phase comporte d'importants enjeux, notamment son obtention d'une aide économique, sa reconnaissance diplomatique et sa sécurité, parce que nous sommes prêts à remplacer l'armistice par un instrument de paix plus durable. »
« Il en va de la diplomatie comme de la vie. Il faut faire du mieux qu'on peut, de façon que si quelque chose ne marche pas, on ne passe pas le reste de sa vie à se demander : Est-ce que j'aurais pu faire plus ? Est-ce que j'aurais pu essayer encore (...) travailler plus ? »
À la question de savoir si les États-Unis accepteraient une déclaration partielle, qui ne serait transparente que relativement à certains domaines, M. Hill a répondu qu'une telle situation n'était pas tenable politiquement pour les États-Unis ni pour les autres parties impliquées dans les pourparlers. Les six parties aux pourparlers sont la Chine, la Corée du Nord, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les États-Unis.
M. Hill a admis que de nombreuses parties avaient hâte de progresser et de passer à la phase 3 des négociations. Toutefois, a-t-il dit, cette troisième phase, qui sera encore plus ardue, repose sur une base de transparence et de confiance. Il s'agit d'obtenir de la Corée du Nord qu'elle renonce à ses matières fissiles.
Toutefois, a ajouté M. Hill, si ces pourparlers devaient aboutir, « nous sommes vraiment attachés à l'idée de créer (...) un mécanisme permanent de paix et de sécurité en Asie du Nord-Est ».
Si cette conférence de presse a été dominée par la question nucléaire nord-coréenne, d'autres sujets ont néanmoins été abordés.
M. Hill a notamment évoqué le Tibet, mais affirmé qu'il ne pouvait pas offrir une évaluation précise de la situation parce que la Chine n'avait pas autorisé les diplomates américains à se rendre sur place. Il a répété l'appel lancé récemment par la secrétaire d'État à la retenue et à la reprise du dialogue avec le dalaï-lama.
Au sujet des prochaines élections à Taïwan, M. Hill a déclaré que la position des États-Unis sur la Chine et Taïwan n'avait pas changé : « Nous souhaitons un dialogue pacifique et non un changement unilatéral de statut, et nous avons clairement signifié que nous ne soutenons pas l'indépendance de Taïwan. »