21 mars 2008
Propos d'un haut responsable du département d'État

Washington - Le perfectionnement des missiles et leur prolifération dans des pays que les États-Unis estiment dangereux sont les principales raisons de la volonté de Washington de mettre en place un système de défense antimissile, a déclaré un haut responsable du département d'État, M. John Rood.
« À l'heure actuelle, il est facile de se procurer des missiles balistiques. Une vingtaine de pays en sont dotés ou mettent en œuvre des programmes à cette fin », a-t-il dit lors de la conférence de presse qu'il a donnée le 11 mars au Centre d'accueil de la presse étrangère de Washington.
Les missiles actuels ont une portée plus grande, sont plus perfectionnés et sont plus nombreux. « Un grand nombre d'entre eux, a-t-il indiqué, sont entre les mains de pays pour lesquels nous éprouvons des inquiétudes sur le plan de la sécurité, notamment la Corée du Nord et l'Iran. »
M. Rood a cité l'Iran comme un exemple récent de la menace que ce pays constituait pour les États-Unis et leurs alliés en Europe. Il y a quelques semaines, le ministre iranien de la défense a annoncé que l'Iran cherchait à se doter de nouveaux missiles plus perfectionnés. Par ailleurs, ce pays a lancé, dans le cadre d'essais, un vecteur spatial doté de systèmes très semblables à ceux des missiles balistiques.
Ces deux faits préoccupent beaucoup les États-Unis, qui ne cherchent pas à mettre en place un système de défense antimissile seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs alliés et amis, a-t-il dit en faisant état de la coopération de Washington avec des alliés dans ce domaine depuis plusieurs années et des très bons résultats obtenus jusqu'ici.
Le Japon, a-t-il indiqué, est le plus grand partenaire des États-Unis en matière de défense antimissile. En outre, dans le cadre du programme MEADS, les États-Unis coopèrent avec l'Allemagne et l'Italie en vue de mettre en place en commun un système de défense antimissile.
Israël, le Royaume-Uni et le Danemark participent à d'autres programmes, et à l'heure actuelle des négociations ont lieu entre les États-Unis et deux pays européens, la Pologne et la République tchèque, en vue de l'installation de dix missiles d'interception et d'un grand radar ultra-perfectionné.
Les négociations avec la République tchèque sont sur le point d'aboutir. Il ne manque plus qu'à négocier quelques termes de l'accord. Quant aux négociations avec la Pologne, elles sont aussi en voie d'achèvement.
Le premier ministre polonais, M. Donald Tusk, s'est entretenu avec le président Bush le 10 mars, à la Maison-Blanche. À cette occasion, il a déclaré : « Je pense que la question de progresser en matière de défense antimissile est de plus en plus un domaine où les alliés s'accordent sur la nécessité de progresser. Nous nourrissons l'espoir que (…) dans les semaines à venir nous allons continuer d'observer cette progression et de voir l'expression de ce point de vue à la réunion au sommet de l'OTAN à Bucarest en avril. »
En effet, le débat en cours sur l'emplacement du système de défense antimissile en Europe figurera à l'ordre du jour de cette réunion, qui doit se tenir du 2 au 4 avril.
Selon M. Rood, la plupart des discussions qui ont eu lieu récemment dans le cadre de l'OTAN ont porté sur le degré de protection qu'offrirait ce système de défense antimissile, sur la manière dont les alliés devaient coopérer pour obtenir cette protection et sur la diversité des rôles et des responsabilités que les États membres de l'OTAN joueraient dans ce domaine.