19 mars 2008

Washington - Le département d'État des États-Unis vient de porter sur sa liste des groupements terroristes étrangers un groupe somalien d'extrémistes, les « shebabs », qui est connu pour avoir des liens avec le réseau Al-Qaïda.
« Les shebabs ont recours à l'intimidation et à la violence pour porter atteinte au gouvernement somalien et à des militants de la société civile qui œuvrent en faveur du rétablissement de la paix au moyen d'un dialogue et d'une réconciliation politiques », indique le communiqué que le département d'État a diffusé à ce sujet le 18 mars.
Créés en 2004 en tant que section des jeunes de l'Union des tribunaux islamiques, les shebabs sont décrits par des spécialistes de la lutte contre le terrorisme comme un groupe d'extrémistes qui s'est fait connaître en lançant plusieurs attaques contre des civils et des membres du gouvernement somaliens ainsi que contre des soldats de l'Union africaine chargés du maintien de la paix.
La secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, avait déclaré récemment devant une commission parlementaire que si on les laissait faire, les terroristes continueraient de porter atteinte à la stabilité et également à la vie de civils tant en Somalie que dans les pays environnants.
Plusieurs des chefs des shebabs ont reçu une formation du réseau Al-Qaïda et se sont battus à ses côtés en Afghanistan et ils ont des liens avec des agents qui ont participé aussi bien aux attentats de 1998 contre les ambassades des États-Unis du Kénya et de la Tanzanie et à l'attentat de 2002 contre un hôtel de touristes de Mombasa au Kénya.
Des membres des shebabs ont enlevé des journalistes, visé le personnel d'organismes étrangers d'aide et menacé de s'attaquer à des Somaliens qui participaient à la conférence de 2007 destinée à aider leur pays à mettre fin à des années de conflit.
« La lutte contre le terrorisme en Somalie, avait indiqué Mme Frazer, n'est pas notre seul dossier prioritaire. Elle fait partie d'une stratégie générale visant à entraver l'extrémisme, à améliorer la gouvernance, l'État de droit, la démocratie, le respect des droits de l'homme ainsi que la croissance économique et la création d'emplois. »
Les États-Unis considèrent l'établissement de leur liste des groupements terroristes étrangers comme un moyen efficace de les priver d'un soutien financier, d'empêcher leurs membres d'entrer dans le territoire américain, de criminaliser le soutien qu'on leur apporte et d'autoriser l'expulsion de tous leurs membres qui se trouvent sur le sol américain.
Tous les ans, le département d'État rend public son rapport sur le terrorisme dans le monde, qui comprend la liste des groupements terroristes étrangers. Les shebabs sont le 43e groupe à être ajouté à cette liste.
Selon le communiqué du département d'État, « vu la menace que font peser les shebabs, leur inscription sur la liste mettra en évidence leurs activités et contribuera à réduire leurs moyens (…) de déstabiliser la Corne de l'Afrique ».