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14 mars 2008

L'OTAN doit s'adapter pour assumer de nouvelles responsabilités

Propos d'un haut responsable du département d'État au sujet du prochain sommet de Bucarest

 
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Conférence de l'OTAN à Bruxelles
Les dirigeants de l'OTAN se sont réunis à Bruxelles le 6 mars 2008. (Photo OTAN)

Washington - La mission de l'OTAN en matière de sécurité est actuellement la même qu'au moment de sa fondation, à savoir assurer la défense de ses États membres. Toutefois, selon le sous-secrétaire d'État des États-Unis, M. Daniel Fried, la manière dont l'OTAN s'acquitte de sa mission est en cours d'évolution.

L'OTAN, a-t-il dit, doit s'adapter pour assumer de nouvelles responsabilités. « Son rôle évolue en ce début du XXIe siècle : il s'agit maintenant de défendre la communauté transatlantique contre de nouvelles menaces et de faire face à des problèmes relatifs à la sécurité et aux valeurs qui sont souvent d'envergure mondiale. »

Trois présidents des États-Unis, MM. George H.W. Bush, Bill Clinton et George W. Bush, se sont employés à faire passer l'OTAN de la période de la guerre froide au XXIe siècle, a déclaré M. Fried devant la commission sénatoriale des affaires étrangères. Cette organisation a augmenté le nombre de ses États membres, qui est actuellement de 26, et pourrait accepter 3 nouveaux membres lors de sa réunion au sommet qui doit se tenir en avril à Bucarest (Roumanie). Cet élargissement contribue, selon lui, à accroître la sécurité de ses membres et à renforcer la démocratie et la prospérité.

Le 11 mars, la commission sénatoriale des affaires étrangères a consacré sa séance de travail à l'évaluation des effets de l'élargissement de l'OTAN et de l'efficacité de cette alliance. Le président de la commission sénatoriale des affaires étrangères, M. Joseph Biden, a souligné que l'OTAN aurait à prendre plusieurs grandes décisions, notamment en ce qui concerne l'adhésion de l'Albanie, de la Croatie et de la Macédoine et la poursuite de ses missions de maintien de la sécurité en Afghanistan et au Kosovo.

« On dit toujours qu'un sommet a une importance décisive. Je pense cependant que ce sera vraiment le cas pour celui-là. Il sera essentiel pour la construction de l'Europe, pour la guerre en Afghanistan et pour l'avenir de l'alliance elle-même », a-t-il fait remarquer.

Pour sa part, M. Fried a déclaré qu'il y a quinze ans personne n'aurait pu prédire les changements de grande ampleur dont l'OTAN avait fait l'objet. « Il nous faut donc être modeste en parlant des défis futurs que l'OTAN aura à relever et de la façon dont elle s'adaptera à eux. »

Depuis le début des années 1990, le nombre des États membres de cette alliance est passé de 16 à 26, et son champ d'action ne se limite plus au territoire de ses États membres.

À l'heure actuelle, l'OTAN :

• assure la sécurité et la stabilité en Afghanistan,

• maintient la sécurité au Kosovo et en Bosnie,

• apporte un soutien et dispense une formation aux soldats chargés du maintien de la paix en Afrique,

• forme les forces de sécurité en Irak,

• fournit une aide humanitaire au Pakistan depuis le tremblement de terre qui a frappé ce pays,

• enfin, exerce une surveillance sur les navires en Méditerranée en vue de prévenir le terrorisme.

En outre, l'OTAN a établi des partenariats avec une vingtaine de pays d'Europe et d'Eurasie, avec 7 pays en Afrique du Nord et au Proche-Orient ainsi qu'avec 4 pays du golfe Persique. Elle compte aussi dans le reste du monde des partenaires tels que l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et Singapour. Elle s'emploie par ailleurs à établir de nouvelles relations avec la Russie.

Toutefois, selon M. Fried, il convient que l'OTAN renforce ces capacités, notamment en créant une force expéditionnaire destinée à faire face à des menaces nouvelles et diverses, en intégrant mieux ses activités militaires et civiles et en mettant en place un système de défense antimissile de manière à protéger le territoire et la population de ses États membres.

Elle commence déjà à mettre à l'épreuve de nouvelles capacités en Afghanistan, pays où elle apprend aussi à mieux intégrer ses activités civiles et ses activités militaires.

Lors de la réunion au sommet de Bucarest, les délégués des États membres de l'OTAN devraient adopter une nouvelle politique en matière de cyberdéfense afin de renforcer la sécurité dans le domaine des télécommunications et des réseaux informatiques et de permettre aux alliés de mettre leurs ressources en commun. Ils aborderont aussi la question de savoir comment l'OTAN peut contribuer à réduire les risques les plus immédiats que ses États membres sont susceptibles d'encourir dans le domaine de l'infrastructure énergétique.

Enfin, a indiqué M. Fried, les débats porteront aussi sur la mise en place éventuelle d'un système de défense antimissile. Le traité de l'Atlantique Nord exige que tout État membre de l'OTAN contribue à assurer la sécurité des autres États membres et il ne prévoit aucune exception pour les cas d'attaque par missile.

« L'OTAN, a-t-il dit, étudie depuis des années les moyens de mettre en place un système de défense antimissile et nous comptons que, lors de la réunion au sommet de Bucarest, elle prendra de nouvelles mesures pour reconnaître que les missiles constituent une menace d'ampleur croissante, pour accueillir la contribution des États-Unis à la défense du territoire de ses États membres et pour prévoir des travaux supplémentaires afin de renforcer ses moyens de défense contre ces nouvelles menaces. »

Le premier ministre russe, M. Vladimir Poutine, doit assister à la réunion au sommet de Bucarest, a précisé M. Fried en déclarant que sa présence offrirait « l'occasion de tenter de nouveau d'œuvrer de concert sur des dossiers pour lesquels l'OTAN et la Russie ont des intérêts communs, qu'il s'agisse de la non-prolifération (des armes nucléaires), de la lutte contre le terrorisme, de la surveillance des frontières ou de la lutte contre le trafic des stupéfiants en Afghanistan ».

Il faudra cependant, a-t-il ajouté, « veiller à ce que l'OTAN prenne des décisions en tenant compte de ce qui est bon pour l'alliance et pour les questions en jeu, sans que des protagonistes de l'extérieur (comme la Russie) n'exercent des pressions excessives ».

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