Paix et sécurité | Vers un monde plus stable

07 mars 2008

Les É.-U. réclament un partenariat mondial pour lutter contre le trafic des stupéfiants

Publication du Rapport 2008 sur la stratégie de lutte contre le trafic des stupéfiants

 

Washington - Le monde est de plus en plus conscient du fait qu'aucun pays, ni aucune société, n'est immunisé contre les dégâts sociaux, économiques et politiques causés par le trafic international des stupéfiants. C'est ce qu'a déclaré, le 29 février, le secrétaire d'État adjoint chargé de la répression du trafic des stupéfiants, M. David Johnson.

Selon lui, le problème n'est plus considéré comme affectant essentiellement les pays consommateurs de l'Amérique du Nord et de l'Europe. « On estime que plus de 530 tonnes de cocaïne provenant d'Amérique latine passent chaque année aux États-Unis, 90 % de ce trafic transitant par le Mexique. Ce dernier pays est également un important fournisseur d'héroïne, de méthamphétamines et de marijuana destinées aux marchés américains. En outre, les cartels mexicains de la drogue contrôlent désormais de nombreux réseaux de distribution aux États-Unis. »

Félicitant le président mexicain Felipe Calderon d'avoir « engagé des actions décisives pour lutter contre le trafic et les organisations criminelles qui affectent nos deux pays », M. Johnson a ajouté que le gouvernement des États-Unis coopérait avec le Mexique et les pays d'Amérique centrale pour empêcher la drogue d'entrer aux États-Unis.

Il a ajouté que la Colombie continuait d'être le premier pays de culture du coca au monde et était la source de 90 % de la cocaïne entrant aux États-Unis. Il a précisé que la Colombie avait néanmoins réalisé des progrès remarquables dans la lutte contre les narcotrafiquants et les narcoterroristes qui n'avaient que récemment commencé à menacer sérieusement la stabilité du pays.

En 2007, avec l'aide des États-Unis, la Colombie a éliminé 219.000 hectares de cultures de coca. Durant cette même année, cette culture s'est au contraire étendue au Pérou et en Bolivie où les associations de cultivateurs faisaient valoir qu'elle était liée à l'identité culturelle de leur pays et à leur fierté nationale. « Les trafiquants exploitent ces associations », a affirmé M. Johnson.

Il a ensuite soulevé le problème de « la croissance rapide du trafic de cocaïne de l'Amérique du Sud vers l'Europe en passant par l'Afrique de l'Ouest. Les pays européens devraient, selon lui, accorder une plus grande importance à ce problème. Il a précisé que le Vénézuéla jouait un rôle croissant dans le trafic de la cocaïne vers l'Amérique du Nord et l'Europe.

« Un environnement permissif et corrompu au Vénézuéla d'une part, et des succès remportés contre les narcotrafiquants en Colombie d'autre part, font que le Vénézuéla est devenu le passage préféré pour passer les stupéfiants provenant de Colombie. Si la majorité des stupéfiants qui transitent par le Vénézuéla est toujours destinée aux États-Unis, un pourcentage croissant est dirigé sur l'Afrique de l'Ouest, puis l'Europe. Ce phénomène intensifie les problèmes de corruption, de criminalité et de violence au Vénézuéla », affirment les auteurs du rapport.

L'Afghanistan, qui est la source de 93 % du pavot servant à la fabrication de l'opium, a connu un essor de sa production en 2007 dans les provinces de Kandahar et de Helmand, où les insurgés dominent. Il y a en effet une corrélation croissante entre l'insurrection et la production de stupéfiants. Dans les provinces plus pauvres mais plus sécurisées du centre et du nord du pays, la culture du pavot est en baisse, et elle a été éliminée de 13 provinces en 2007.

Les Nations unies prévoient que la culture du pavot va baisser modestement en 2008, « ce qui est une bonne nouvelle », a affirmé M. Johnson.

Il a ensuite affirmé que le succès de la lutte contre le trafic des stupéfiants dépendrait de partenaires internationaux.

« Ils doivent souvent tenir tête à des lobbies politiques influents qui considèrent les cultures illicites de stupéfiants comme faisant partie du patrimoine national, et ils doivent parfois arrêter de hauts responsables corrompus qui menacent l'intégrité des institutions nationales. Comme ils l'ont déjà fait, les États-Unis vont offrir un ferme soutien aux gouvernements qui donnent des preuves de leur réelle détermination à relever ces défis. »

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