06 mars 2008
Malgré certains soucis relatifs à la démocratie, les deux pays ont de nombreux intérêts communs.
Washington - Les États-Unis accueillent favorablement la perspective de continuer à coopérer avec le nouveau président élu de la Russie, M. Dmitri Medvedev.
Il est dans l'intérêt commun de la Russie et des États-Unis de coopérer sur des dossiers tels que la non-prolifération, l'antiterrorisme et la lutte contre la grande criminalité, a déclaré le secrétaire de presse adjoint de la Maison-Blanche, M. Gordon Johndroe, le 3 mars.
M. Medvedev, qui a été élu le 2 mars à une majorité écrasante (70 % des voix), prendra ses fonctions le 7 mai. Il devrait nommer ce même jour le président sortant Vladimir Poutine au poste de premier ministre. Lors d'une apparition publique en compagnie de ce dernier à un concert de rock qui se tenait sur la Place rouge pour célébrer sa victoire, M. Medvedev a promis de poursuivre la politique de son prédécesseur.
Selon les observateurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, tous les candidats présidentiels n'ont pas eu un temps d'antenne équitable à la télévision publique, ce qui remet en question l'équité du scrutin. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait refusé d'envoyer des observateurs, invoquant les restrictions imposées par les autorités russes.
Le porte-parole du département d'État, M. Tom Casey, a déclaré que les États-Unis avaient discuté publiquement et en privé de l'état de la démocratie en Russie avec des responsables de Moscou. « Je ne pense pas que ces élections aient changé quoi que ce soit à ces préoccupations. »
Il a toutefois souligné que si M. Medvedev avait refusé de débattre avec ses opposants, il avait durant sa brève campagne évoqué les nombreux problèmes que devait régler la Russie, à savoir l'expansion des libertés individuelles, le renforcement de l'État de droit, la lutte contre la corruption et l'amélioration des conditions de vie des citoyens sur l'ensemble de son vaste territoire.
M. Johndroe a déclaré que le président Bush avait lu avec intérêt la transcription des récentes allocutions de M. Medvedev et en avait discuté rapidement avec ce dernier lorsqu'il l'avait appelé au téléphone le 4 mars.
« Nous espérons qu'il transformera ces belles paroles en actions concrètes », a dit M. Casey.
Selon M. Bush, de solides relations américano-russes sont importantes
Lors d'une récente conférence de presse tenue à la Maison-Blanche, le président Bush a souligné la nature critique de la coopération américano-russe.
« Elle est cruciale du point de vue de la stabilité et de celui de nos relations en Europe. En conséquence, je suis d'avis qu'il faut établir une relation personnelle avec le responsable de la politique étrangère russe. C'est dans notre intérêt de le faire. »
La Russie joue en effet un rôle clé dans de nombreuses initiatives en faveur de la paix, que ce soit au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, du Quatuor pour la paix au Proche-Orient, du groupe dit « P5+1 » qui exhorte l'Iran à suspendre son programme nucléaire et des pourparlers à six sur la Corée du Nord. M. Bush a affirmé que la Russie partageait l'inquiétude des États-Unis au sujet du terrorisme, de la propagation des matières nucléaires, de la criminalité internationale, du trafic des stupéfiants et de la traite des personnes.
Cela n'empêche nullement Washington et Moscou d'aborder leurs divergences de manière constructive, a ajouté M. Bush, évoquant notamment les désaccords au sujet du plan américain de déploiement d'un bouclier antimissile en Europe et de la déclaration d'indépendance du Kosovo.
« Comme vous le savez, M. Poutine est plutôt direct et dur lorsqu'il s'agit de ses intérêts. Eh bien, moi aussi. Pourtant, nous entretenons des relations suffisamment cordiales pour faire face aux menaces communes et saisir les occasions qui se présentent à nous. Et il est important que le prochain président fasse de même. »