16 juin 2008
Le nouveau plan de développement est un signe de progrès, selon le département d'État.

Washington - Parler de la construction de la nation ne rend pas compte de tous les défis que doivent relever les 32 millions d'Afghans après plusieurs décennies de conflit.
« C'était l'un des pays les plus pauvres du monde dans les années 50, 60 et 70, et les choses n'ont fait que péricliter ensuite pendant 20 ans, a dit le secrétaire d'État adjoint Richard Boucher. L'immensité de la tâche ne devrait donc surprendre personne. »
Chef de la diplomatie américaine pour l'Asie centrale et méridionale, M. Boucher a tenu un point de presse le 10 juin, alors que les représentants de 80 pays, d'organisations internationales et d'organismes d'aide commençaient à arriver à Paris pour la Conférence internationale de soutien à l'Afghanistan.
Le but global de la conférence du 12 juin, a-t-il noté, devait être d'obtenir l'appui international en faveur de la Stratégie nationale de développement de l'Afghanistan, stratégie quinquennale formulée par le gouvernement afghan pour définir ses besoins en matière de développement et pour permettre une coordination plus efficace des milliers de projets d'aide exécutés dans tout le pays et parrainés par un grand nombre de gouvernements étrangers, d'organisations internationales et d'organismes d'aide privés.
Les organisateurs de la conférence attendent des annonces de contribution devant dépasser les 10,5 milliards de dollars mobilisés à la Conférence de Londres en 2006. Ces nouveaux apports constitueront un premier acompte sur le montant total de la stratégie qui s'élève à 50 milliards de dollars.
« Nous allons voir non seulement une annonce de contribution très substantielle des États-Unis, mais également des annonces substantielles de nombreux autres pays », a déclaré M. Boucher. Il n'a pas voulu donner de détails plus précis avant les déclarations attendues de la secrétaire d'État Condoleezza Rice, qui devait assister à la conférence accompagnée par la première dame des États-Unis, Mme Laura Bush.
La stratégie de développement illustre comment sept ans d'aide internationale et d'appuis ont aidé les Afghans à mettre en place un gouvernement capable de fournir des établissements d'enseignement, des soins médicaux, des routes et les services essentiels. Le défi qui se présente pour l'avenir, a dit M. Boucher, sera de passer de la phase de mise en place du gouvernement à celle de son expansion dans l'ensemble du territoire.
La gouvernance s'améliore aux échelles provinciale et locale, ce qui est un facteur souvent négligé malgré son importance, a noté M. Boucher. « Il y a dans le pays davantage de bons gouverneurs et de bons administrateurs, qui éradiquent la culture du pavot [à opium], qui s'attachent à formuler des plans de développement provinciaux, qui galvanisent leur province ou leur district et qui vont de l'avant. »
On constate également des progrès supplémentaires au sein des forces armées afghanes et des ministères de la santé et de l'éducation, ainsi que dans le programme national de solidarité de l'Afghanistan qui a exécuté plus de 35.000 projets de construction de petite envergure dans 25.000 villages du pays. Les entrepreneurs afghans s'adjugent à présent une part croissante des projets de construction et de développement précédemment dominés par les organismes d'aide étrangers.
Malgré ces signes prometteurs, la corruption reste gravement préoccupante et le président de l'Afghanistan Hamid Karzaï devra aborder la question à Paris pour que la confiance s'établisse au sein de la communauté des donateurs, a indiqué M. Boucher en précisant : « C'est un problème endémique en Afghanistan et tout le monde sait bien qu'il faut y faire face ».
Les États-Unis sont prêts à assumer leur part de responsabilité pour continuer d'aider l'Afghanistan, a noté M. Boucher, en faisant fond sur plus de 26 milliards de dollars d'aide pour appuyer des réformes visant à améliorer l'action actuellement insuffisante des ministères afghans, en apportant des financements pour l'expansion des routes, du réseau électrique et d'autres infrastructures, et en créant de nouveaux débouchés économiques par le biais du développement rural et de l'aide à l'agriculture, ainsi qu'en appuyant la préparation des élections de 2009 et de 2010.
Lors de ses visites en Afghanistan au fil des sept années passées, M. Boucher a vu des entreprises s'ouvrir sous la tente, passer de là à des conteneurs de marchandises en guise de locaux, puis à des étals sur les marchés avant d'avoir enfin pignon sur rue dans des bâtiments en béton modernes, juste métaphore et reflet fidèle de l'appui apporté par le monde pour aider les Afghans à reconstruire leur pays.
« Nous sommes partis de moins que rien et nous avons construit un Afghanistan qui est aujourd'hui perçu comme étant une nation, a déclaré M. Boucher. Si le pays doit accéder à la stabilité à long terme, ce ne sera pas en faisant les choses à moitié puis en nous allant. Ce sera en nous attelant à la tâche et en continuant de construire la nation. »
Pour plus de renseignements sur la Conférence internationale de soutien à l'Afghanistan, se reporter au site internet du ministère français des affaires étrangères. Ce site contient le texte de la Stratégie nationale de développement de l'Afghanistan (fichier PDF de 288 pages).