13 juin 2008
Depuis 2001, les États-Unis ont versé 23 milliards de dollars d'aide pour assurer la sécurité et créer des débouchés.

Washington - Une conférence internationale va avoir lieu prochainement pour faire le bilan sur les progrès accomplis par l'Afghanistan depuis 2001 et orienter ce pays vers le chemin de la paix et de la prospérité. Des représentants de plus de 80 nations, institutions internationales et ONG vont se réunir le 12 juin à Paris pour la Conférence internationale de soutien à l'Afghanistan.
Le président Hamid Karzaï présentera la stratégie nationale de développement de l'Afghanistan, un plan détaillé sur cinq ans pour les besoins continus en aide au développement qui sera versée par la communauté internationale à l'Afghanistan.
« Des avancées réelles ont été obtenues en matière d'infrastructures, de santé, d'éducation, de développement économique. Mais pour le peuple afghan qui a tant souffert au cours des dernières décennies, ces efforts restent encore largement insuffisants », indique le site Internet de la conférence, organisée par le ministère français des Affaires étrangères. « Il est donc impératif que les fragiles acquis soient confortés, pour que l'Afghanistan échappe définitivement à la spirale de la misère et de la violence. »
Avant son départ pour l'Europe le 9 juin, le président Bush a déclaré : « L'Afghanistan est dans une situation difficile car cette jeune démocratie a dû s'extirper d'un régime brutal. L'an dernier, les talibans avaient annoncé qu'ils lanceraient une offensive. Notre coalition est passé à l'offensive et d'un point de vue sécuritaire, elle a remporté certaines avancées face aux talibans. »
Depuis que la coalition dirigée par les États-Unis a chassé le régime des talibans et de leurs alliés d'Al-Qaïda en 2001, la priorité des Américains est d'aider les dirigeants afghans à assurer la sécurité, à offrir des services essentiels et à relancer l'économie pour le peuple afghan, explique Richard Boucher, secrétaire d'État adjoint. « Le travail qui nous attend sur le plan du développement est énorme, même en l'absence d'insurrection, et pour cette raison, notre proposition s'inscrit dans le long terme tout comme l'engagement des États-Unis », a-t-il expliqué.
De 2001 à 2007, les États-Unis ont versé plus de 23 milliards de dollars pour aider l'Afghanistan à se relever de décennies de guerre et d'oppression. Pourtant, les défis demeurent redoutables pour ce pays qui faisait déjà partie des pays les plus pauvres avant même de plonger dans la guerre, au lendemain de l'invasion soviétique en 1979.
La sécurité, cadre pour la reconstruction
La sécurité demeure un aspect vital pour le développement futur du pays et représente le poste de dépenses le plus élevé dans l'aide américaine.
En plus de son rôle de premier plan au sein de l'ISAF, la force internationale d'assistance et de sécurité de l'OTAN composée de 39 pays, et de la force multinationale parallèle dédiée aux opérations antiterroristes, Washington a alloué 15,4 milliards de dollars pour former plus de 140.000 soldats et policiers afghans, dans le cadre de son programme d'assistance à la sécurité, qui devront à leur tour assurer la sécurité de leur pays, lutter contre la criminalité, l'extrémisme et les stupéfiants.
L'amélioration de la sécurité dans l'ensemble du pays a permis de lancer des projets de reconstruction. De nouvelles routes, l'électricité, des projets d'éducation et de développement agricole contribuent à améliorer le quotidien du peuple afghan.
Il y a sept ans, 25 millions d'Afghans vivaient dans la pauvreté et le pays possédait moins de 50 kilomètres de routes goudronnées. Aujourd'hui, plus de 13.150 km de routes ont été soit goudronnés soit remis en état, permettant ainsi la libre circulation des marchandises vers les marchés et offrent un meilleur accès aux services de santé qui sont disponibles à 85 % de la population afghane, comparé à 9 % seulement en 2004, selon les derniers chiffres publiés par le gouvernement afghan.
Depuis 2001, les États-Unis ont contribué à hauteur de 4,4 milliards de dollars à des milliers de projets de développement et d'infrastructure, dont un réseau d'autoroutes qui est presque terminé, le pont sur le fleuve Pyanj qui a coûté 38 millions de dollars, la reconstruction ou la rénovation de plus de 650 écoles ainsi que toute une gamme d'initiatives visant à relancer les exploitations agricoles, les petits commerces et les communautés. 32.000 villages ont bénéficié de projets de développement rural, comme par exemple, des projets d'accès à l'eau potable ou la remise en service de systèmes d'irrigation.
Une initiative, lancée par les États-Unis, en vue d'extraire 7 millions de mines et de munitions non explosées dans plus de 3.000 villages répartis sur 246 districts a permis de libérer des terres supplémentaires qui seront utilisées à des fins agricoles et développement. Plus de 50.000 Afghans qui appartiennent à 285 milices ont été désarmés et réintégrés dans la société afghane.
Le système éducatif a été aussi anéanti par la guerre et presque la moitié des adultes afghans ne savent ni lire ni écrire. Plus de 3.500 écoles ont été construites depuis 2001, le nombre d'enfants scolarisés étant passé de 1 million à 5,7 millions d'élèves, dont 2,6 millions de filles, qui sous le régime des talibans n'avaient pas le droit d'aller à l'école.
Depuis 2001, les États-Unis ont donné plus d'un milliard de dollars au gouvernement afghan pour former une nouvelle génération de dirigeants appelés à gouverner aux niveaux local, provincial et national et à entamer des réformes essentielles du système politique et juridique pour faire évoluer leur pays.
En 2008, M. Boucher avait affirmé que les États-Unis consacreraient 500 millions de dollars afin de renforcer les capacités de gouvernance de l'État afghan et apporteraient des fonds supplémentaires pour les équipes de reconstruction militaro-civiles. Une enveloppe supplémentaire d'environ 91 millions de dollars sera allouée pour élargir le système des tribunaux afghans. En renforçant l'État de droit, ces programmes permettront aux Afghans de s'attaquer à la corruption et de continuer à instaurer des institutions démocratiques.
« Nous nous sommes aperçus que le développement et la sécurité existent là où la bonne gouvernance est respectée », a ajouté M. Boucher. « La bonne gouvernance, et les avantages qu'elle offre, permettent de faire la différence en Afghanistan. »
Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur la Conférence internationale de soutien à l'Afghanistan, consulter le site Internet du ministère français des Affaires étrangères. Vous pourrez y lire la stratégie nationale de développement de l'Afghanistan, en fichier PDF de 288 pages.