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12 juin 2008

De nombreux pays s'unissent pour prévenir des attaques nucléaires terroristes

L'Espagne va bientôt accueillir une réunion de l'Initiative mondiale de lutte contre le terrorisme nucléaire.

 
Des garde-côtes américaines circulent dans le port de Miami (Floride)
Des garde-côtes des É.-U. à Miami lors d'une conférence organisée par L'Initiative mondiale de lutte contre du terrorisme en 2007.

Washington - La plupart des gens préfèrent ne pas penser à la menace du terrorisme nucléaire. Mais le député de Californie Adam Schiff, qui a créé un groupe parlementaire mixte sur la sécurité nucléaire, est d'avis que refuser de voir le problème ne va pas le faire disparaître.

Il soutient les efforts déployés par les chefs d'État pour tenter d'envisager les scénarios les plus catastrophiques. Ces dirigeants, bien entendu, souhaitent avant tout prévenir une attaque nucléaire. Faute de mieux, ils veulent être prêts à réagir à une catastrophe.

Lors de leur réunion à Madrid, les représentants de 71 pays envisageront les questions pratiques qui donnent des insomnies aux autorités :

- Comment les terroristes s'y prendraient-ils pour obtenir le matériel nécessaire à la fabrication d'un engin explosif nucléaire ?

- Comment fabriqueraient-ils une bombe et la lanceraient-ils sur la cible ?

- Quelle cible choisiraient-ils ?

- Quel scénario d'attaque est-il le plus réaliste ?

Les responsables savent que les entreprises privées et les autorités locales risquent de se retrouver en première ligne dans l'éventualité d'une attaque nucléaire terroriste.

Le sous-secrétaire d'État par intérim au contrôle des armements et à la sécurité internationale, M. John Rood, a déclaré que le secteur privé pouvait faire une réelle contribution à la prévention, à l'interdiction et à la réduction de la menace.

Lors d'un entretien accordé récemment au journaliste d'America.gov, M. Rood a déclaré que les services d'inspection portuaires et aériens étaient experts dans l'examen des marchandises et qu'ils avaient des idées à partager.

Il a ajouté que les pompiers et les urgentistes, qu'ils soient employés par l'État ou par des compagnies privées, seraient vraisemblablement les premiers à intervenir en cas de détonation nucléaire dans un aéroport.

Si un engin nucléaire explosait dans un métro ou lors d'une rencontre sportive, les autorités municipales et les entreprises privées locales seraient impliquées. Ce serait la même chose pour une explosion dans un port maritime.

Quelles que soient les circonstances, il sera fondamental que les autorités et les entreprises locales puissent communiquer entre elles, avec le gouvernement fédéral et avec des instances internationales.

M. Rood a dit qu'il était également important de rechercher de nouvelles idées auprès des experts de l'industrie nucléaire, particulièrement dans le domaine de la détection, étant donné qu'à l'heure actuelle il n'existait pas encore de réseau mondial de détection.

Nouvel accent mis sur la coopération entre secteurs public et privé

L'Initiative mondiale de lutte contre le terrorisme nucléaire va chercher de plus en plus à mettre ces deux secteurs en contact. Elle a été lancée en 2006 à Saint-Pétersbourg par les présidents George Bush et Vladimir Poutine.

Les trois premières réunions des membres de l'Initiative ont eu lieu au Maroc, en Turquie et au Kazakhstan. Elles visaient principalement à renforcer les lois des pays membres afin de s'assurer que les terroristes recourant à des engins nucléaires seraient traduits en justice et punis.

À l'heure actuelle, 71 pays se sont engagés à prendre les mesures suivantes dans le cadre de cette Initiative :

- Développer et améliorer l'inventaire, la surveillance et la protection physique des matières nucléaires.

- Renforcer la sécurité des installations nucléaires civiles.

- Mettre au point des capacités de détection nationale qui soient compatibles avec celles d'autres pays.

- Améliorer les capacités de recherche, de confiscation et de surveillance des matières nucléaires.

- Promulguer des lois civiles et criminelles adéquates pour dissuader les terroristes.

- Refuser d'accueillir ceux qui facilitent des actes de terrorisme nucléaire et bloquer leurs ressources financières.

- Faciliter l'échange d'informations entre participants tout en protégeant les sources confidentielles.

- Renforcer les capacités d'enquête et de réaction à tout incident nucléaire.

Aux États-Unis, le ministère de la sécurité intérieure, le ministère de l'énergie, le Bureau fédéral d'enquête et les garde-côtes sont impliqués dans ces efforts, et les autres pays ne sont pas en reste. Les Allemands, par exemple, ont récemment organisé un atelier de l'Initiative mondiale de lutte contre le terrorisme nucléaire pour aider les pays à répertorier l'utilisation de matières radioactives à des fins industrielles et à concevoir une meilleure réglementation de l'utilisation de ces matières.

M. Rood dirigera la délégation des États-Unis à la Quatrième Réunion de l'Initiative mondiale de lutte contre le terrorisme nucléaire qui se tiendra en Espagne du 16 au 18 juin. Cette réunion mettra l'accent sur la détection et la participation du secteur privé.

L'Espagne a également prévu d'organiser un exercice sur le terrain à l'automne. Ces exercices visent à tester la capacité des pays d'agir collectivement, de mettre au point de nouveaux concepts d'opération et de s'assurer que tous les participants sont préparés, le mieux possible, à faire face à une menace de cette envergure.

Le succès nécessitera en effet plus que l'adoption de principes : il y a tout un éventail d'activités visant à surveiller et à empêcher les terroristes d'acquérir des pièces et des ressources.

Les 71 pays membres de l'Initiative compliquent la tâche des terroristes qui cherchent à acquérir les connaissances et les techniques requises, a affirmé M. Rood.

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