Paix et sécurité | Vers un monde plus stable

09 juin 2008

La communauté internationale suit l'évolution de la situation au Zimbabwé

L'ambassadeur McGee évoque une intensification de la violence et de l'intimidation.

 
Les femmes du Zimbabwé se manifestent
Manifestation à Hararé de Zimbabwéennes pour la cessation immédiate des abus de droits humains et le respect des lois électorales.

Washington - Le second tour de l'élection présidentielle mettant en lice le président du Zimbabwé Robert Mugabe et son rival de l'opposition Morgan Tsvangiraï, devrait avoir lieu afin d'éviter de donner à l'actuel régime une victoire qu'il ne mérite pas, affirme l'ambassadeur des États-Unis auprès de ce pays, M. James McGee.

« Le régime Mugabe a lancé une campagne de violence et d'intimidation visant à s'assurer que les gens ne voteront pas », a déclaré M. McGee lors d'une vidéoconférence de presse donnée à l'ambassade des États-Unis à Harare le 6 juin.

M. Tsvangiraï a battu M. Mugabe lors du scrutin national du 29 mars dernier, mais il n'a pas remporté une majorité de 50 % des voix plus une pour éviter un second tour, qui est prévu pour le 27 juin. M. Mugabe est au pouvoir depuis 28 ans.

« Nous avons besoin d'une réaction très ferme, surtout de la part des organisations régionales telles que la (Communauté de développement de l'Afrique australe) et de l'Union africaine, qui doivent rapidement déployer des observateurs électoraux au Zimbabwé pour faire deux choses : premièrement, protéger les électeurs et, deuxièmement, protéger leur bulletin de vote. »

James McGee
L'ambassadeur des États-Unis auprès du Zimbabwé, M. James McGee

Durant la semaine du 2 au 6 juin, M. Tsvangiraï a été détenu deux fois par la police alors qu'il était en campagne. De plus, des membres du personnel de l'ambassade des États-Unis et de celle de la Grande-Bretagne ont été détenus le 5 juin à près de 40 km de Harare alors qu'ils tentaient de déterminer les conditions qui règnent en dehors de la capitale. Un chauffeur de l'ambassade des États-Unis a été battu par un groupe favorable au régime Mugabe, a affirmé M. McGee.

« S'il est une chose que nous autres au sein des milieux diplomatiques tenons à affirmer au monde entier, c'est que nous continuons à braquer les feux de la rampe sur les activités du gouvernement du Zimbabwe, en espérant que cela l'empêchera de nuire à M. Tsvangiraï. »

Il a ajouté que la communauté diplomatique devait surveiller le second tour et que si jamais il apparaissait que le président au pouvoir usurpait la victoire, alors « nous devrons réfléchir à ce que sera notre réaction. Le gouvernement des États-Unis n'aime pas, normalement, traiter avec des régimes corrompus, et c'est exactement ce que cela serait. »

Assez tard dans la journée du 6 juin, le gouvernement zimbabwéen a ordonné à toutes les agences caritatives de suspendre leurs activités dans l'ensemble du pays. Il avait déjà interdit à CARE International, l'un des plus importants groupes d'aide humanitaire du monde, de venir en aide à la population, l'accusant de collusion avec l'opposition.

M. McGee affirme par ailleurs avoir reçu des rapports indiquant que les Zimbabwéens qui présentent une carte d'adhésion au ZANU-PF, le parti de M. Mugabe, recevaient de la nourriture par l'entremise du gouvernement. Par contre, ceux qui sont membres du parti de M. Tsvangiraï, le Mouvement pour le changement démocratique, doivent laisser leur carte du parti ou leur carte nationale d'identité pour recevoir une aide alimentaire du gouvernement.

« Cela signifie que le gouvernement va détenir ces cartes jusqu'à ce que les élections soient finies, et que les personnes concernées ne pourront pas voter. La seule façon d'obtenir de la nourriture est de renoncer au droit de vote. C'est une campagne bien orchestrée. »

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?