Paix et sécurité | Vers un monde plus stable

05 juin 2008

L'ONU doit examiner la question de la détention de diplomates au Zimbabwé

Les États-Unis souhaitent que le Conseil de sécurité agisse contre le président Mugabe.

 
James McGee
Selon l'Ambassadeur James McGee, les autorités zimbabwéennes ont menacé de brûler les diplomates américains dans leurs voitures.

Washington - La conduite déplorable du gouvernement zimbabwéen, notamment sa détention de diplomates, a incité les États-Unis à saisir l'ONU.

Le 5 juin, le gouvernement Bush a déclaré que la détention de diplomates américains et britanniques par des forces zimbabwéennes, et le tabassage d'un chauffeur de l'ambassade des États-Unis constituaient « un comportement absolument scandaleux » et qu'il allait porter cette affaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU et soumettre des protestations auprès du gouvernement zimbabwéen à Harare et devant l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture où se trouve actuellement le président Mugabe.

L'incident, qui s'est produit à 40 km de Harare, n'est pas dû au hasard et constitue « un exemple du fait que ce gouvernement ne connaît pas de limites. Il s'est moqué de toutes les conventions internationales ainsi que des protections accordées aux diplomates accrédités auprès de ce pays », a déclaré le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack.

L'ambassadeur des États-Unis au Zimbabwé, M. James McGee, a déclaré que le convoi composé de deux véhicules de l'ambassade des États-Unis et d'un véhicule de l'ambassade du Royaume-Uni avait été arrêté par un groupe de 40 personnes armées à un barrage routier de la police alors que les diplomates se déplaçaient pour vérifier des informations relatives à des actes récents de violence. Les personnes armées comprenaient des soldats ainsi que d'anciens combattants et des agents des services de renseignement.

« La police a mis en place un barrage routier, arrêté les véhicules, lacéré les pneus et saisi les téléphones de mon personnel », a déclaré M. McGee à la chaîne de télévision CNN le 5 juin.

« Les anciens combattants, a-t-il indiqué, ont menacé de mettre le feu aux véhicules avec mon personnel à l'intérieur si celui-ci ne sortait pas des véhicules et ne les accompagnait pas à une station de police proche. »

Le Conseil de sécurité de l'ONU
Selon le département d'État, les É.-U. sont prêts à évoquer la situation au Zimbabwé au Conseil de sécurité des Nations Unies.

M. McCormack a ajouté que le chauffeur de l'un des véhicules des États-Unis avait été battu par la foule et que cet incident illustrait « le genre d'oppression et de violence que ce gouvernement était prêt à utiliser contre les Zimbabwéens ».

Les véhicules de l'ambassade, a-t-il dit, étaient clairement marqués, et le ministère zimbabwéen des affaires étrangères avait été informé à l'avance de ce déplacement. La déclaration du Zimbabwé selon laquelle les véhicules des diplomates ne peuvent pas se déplacer en dehors d'une zone de 40 km est arbitraire car les diplomates zimbabwéens sont libres de se déplacer aux États-Unis partout où ils veulent.

L'excuse selon laquelle les Zimbabwéens ont été surpris d'apprendre cela n'est, selon lui, qu'une diversion de leur part. Toutefois, malgré l'indignation des États-Unis, cet incident n'est « rien à côté de ce que la population zimbabwéenne subit quotidiennement ».

La tactique consistant à entraver les déplacements de diplomates n'est pas nouvelle non plus, a-t-il dit en rappelant la détention de M. McGee et d'autres diplomates en mai dernier. « Je pense qu'on pourrait dire qu'ils (les dirigeants zimbabwéens) l'ont fait passer à un stade supérieur. »

Le Conseil de sécurité de l'ONU et le Zimbabwé

Les États-Unis ont porté cette affaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU le 5 juin afin d'exprimer leur « profonde inquiétude, leur mécontentement » et de discuter le comportement du gouvernement Mugabe envers la population du pays et l'opposition politique.

M. McCormack a indiqué que le Conseil de sécurité n'avait pas jusqu'ici examiné en détail la question du Zimbabwé et que le gouvernement Bush espérait « souligner le fait que la communauté internationale suivait ce qui se passait au Zimbabwé et que ce que faisait le gouvernement Mugabe ne passerait pas inaperçu ».

Il a précisé que d'autres États membres du Conseil de sécurité, dont l'Afrique du Sud, pourraient ainsi « faire état de leur position sur cette question ».

Pour sa part, le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, M. Zalmay Khalilzad, a déclaré le 5 juin que des consultations devraient avoir lieu plus tard dans la journée au sujet du traitement des diplomates. « Nous espérons, a-t-il dit, que le Conseil de sécurité pourra se joindre à nous pour exprimer son indignation au sujet de ce qui s'est passé. »

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?