05 juin 2008
Les États-Unis ont exhorté le gouvernement zimbabwéen à relâcher le candidat à la présidence.

Washington - À moins d'un mois du second tour de l'élection présidentielle au Zimbabwé, les États-Unis incitent des pays limitrophes de cet État, notamment l'Afrique du Sud, à exercer leur influence sur le gouvernement du président Mugabe pour qu'il cesse ses actes de violence et d'intimidation à l'encontre des membres de l'opposition.
Le porte-parole du département, M. Sean McCormack, a déclaré le 4 juin que la police avait détenu ce jour-là M. Morgan Tsvangirai, le rival de M. Mugabe, dans la ville de Lupane, et qu'elle l'avait relâché huit heures après sans l'avoir inculpé de quoi que ce soit.
Avant sa remise en liberté, M. McCormack a souligné que le chef de l'opposition devait être libéré immédiatement, sain et sauf, et a qualifié cette détention de « profondément inquiétante » tout en rappelant que M. Tsvangirai avait fait l'objet de sévices lors de sa détention en mars 2007.
Quatre autres responsables du parti de M. Tsvangirai, le Mouvement pour le changement démocratique (Movement for Democratic change ou MDC), ont aussi été arrêtés avant le second tour de scrutin, et 58 de ses partisans ont été tués par des forces pro-gouvernementales depuis les élections législatives et parlementaires du 29 mars.
Selon un des responsables du MDC, deux partisans de M. Tsvangirai ont été brûlés vifs par des partisans du parti au pouvoir, le ZANU-PF, le 4 juin dans la province de Masvingo.

La nécessité d'une action concertée pour encourager le changement
M. McCormack a déclaré que les États-Unis appliquaient des sanctions sévères aux dirigeants du Zimbabwé, tout en cherchant à ne pas porter atteinte à la population du pays.
Toutefois, les États-Unis et d'autres membres de la communauté internationale se heurtent aux faits indéniables de la politique internationale pour ce qui est de la situation dans ce pays, a-t-il dit. Face à une telle situation, il s'agit d'user de son influence et de tenter de faire en sorte que ceux qui ont une influence l'exercent. « Des pays comme l'Afrique du Sud doivent exercer l'influence dont ils disposent », a-t-il souligné.
L'Afrique du Sud n'est pas le seul pays qui a une influence sur le gouvernement Mugabe, mais elle est la mieux placée pour encourager le président Mugabe à modifier son comportement.
Les États-Unis et d'autres pays peuvent appliquer des sanctions à titre individuel, mais s'il n'existe pas d'action concertée pour faire appliquer ces sanctions, il sera toujours possible aux dirigeants zimbabwéens de trouver le moyen d'y échapper en partie, a-t-il fait remarquer.
De son côté, un haut responsable du département d'État a déclaré à la presse, le 4 juin, que les États-Unis souhaitaient que des observateurs soient sur place pour le second tour de scrutin le 27 juin, qu'une commission électorale « vraiment indépendante » soit formée et que l'armée crée une « atmosphère de sécurité dans laquelle tout le monde pourra voter ».
Ce haut responsable a invité la communauté internationale à apporter une aide financière pour permettre l'envoi d'observateurs des élections et déclaré qu'il existait un grand nombre de personnes en Afrique australe et ailleurs susceptibles de remplir ce rôle, mais qu'elles avaient probablement besoin d'une aide pour exécuter leur tâche.
Si le gouvernement Bush espère que le scrutin du 27 juin sera honnête et libre, il n'a aucun doute, vu ce qui s'est passé auparavant, au sujet du fait que M. Mugabe fera tout son possible pour rester au pouvoir. « Il nous faut nous préparer (…) pour le pire et espérer que tout se passera bien », a-t-il dit.