Paix et sécurité | Vers un monde plus stable

04 juin 2008

Le Zimbabwé suspend les activités de CARE qui nourrissait 110.000 personnes

La réaction des États-Unis

 
Distribution de denrées alimentaires au Zimbabwé
Les pénuries alimentaires sous M. Mugabe ont réduit le Zimabwé, un ancien exporteur de blé, à dépendre de l'aide internationale.

Washington - La décision du gouvernement zimbabwéen de suspendre les activités de l'organisation non gouvernementale CARE prive d'aide alimentaire 110.000 Zimbabwéens et survient alors que le président Robert Mugabe participe à la conférence de l'Organisation des États-Unis pour l'alimentation et l'agriculture sur la crise alimentaire dans le monde qui se tient actuellement à Rome.

Le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack a déclaré à la presse, le 3 juin, que cette décision constituait une « tragédie ». CARE est l'une des plus grandes organisations non gouvernements (ONG) œuvrant dans ce pays ; elle distribue des vivres aux personnes dont la situation est la plus vulnérable, notamment les orphelins, les malades et les personnes âgées.

Le gouvernement zimbabwéen a accusé CARE de soutenir l'opposition politique avant le second tour de l'élection présidentielle qui doit avoir lieu le 27 juin et qui opposera le président Mugabe à M. Morgan Tsvangirai.

Un représentant de CARE a rejeté ces accusations le 3 juin en déclarant que l'aide de son organisme était « apolitique et areligieuse » et que le gouvernement zimbabwéen ne pouvait se plaindre que de l'insistance de CARE à apporter une aide à des personnes quelle que soit leur tendance politique.

La suspension des activités de CARE aura pour effet de priver de vivres quelque 110.000 personnes, a fait remarquer M. McCormack en accusant le gouvernement zimbabwéen de faire preuve d'une totale indifférence face à la situation critique de la population. Selon des observateurs de divers pays, 4 millions de personnes, soit un tiers des habitants, ont besoin d'une aide alimentaire.

M. Mugabé à Rome
Tandis qu'il assistait à une Conférence sur la sécurité alimentaire à Rome, M. Mugabe a suspendu l'aide alimentaire au Zimbabwé.

On est loin de l'époque où le Zimbabwé était un exportateur net de céréales, a-t-il en ajoutant que ce pays était autrefois l'un des greniers à céréales de l'Afrique australe.

Il est paradoxal, a-t-il souligné, que cette décision ait été prise alors que le président Mugabe est à Rome où il feint de s'intéresser à la question de la sécurité dans le domaine alimentaire.

Pour sa part, le porte-parole adjoint du département d'État, M. Tom Casey, avait déclaré quelques heures plus tôt, le 3 juin, que la seule utilité de la participation de M. Mugabe à la conférence de la FAO était de servir d'exemple de ce que l'on ne devait pas faire en matière de politique agricole et alimentaire.

Presque tous les observateurs du passage du Zimbabwé du stade d'exportateur de vivres à celui d'importateur net l'attribuent à la politique désastreuse que le gouvernement Mugabe a suivie tant dans domaine agricole que dans le domaine économique. « Je pense, avait-il dit, que le président Mugabe a bien des comptes à rendre à ses concitoyens. »

En accusant CARE le 2 juin, le ministre zimbabwéen de l'aide sociale, M. Nicholas Goche, a déclaré à l'agence de presse indépendante du Zimbabwé, Zimonline : « Plusieurs autres organisations non gouvernementales (…) seront priées de cesser leurs activités pendant que nous mènerons une enquête sur elles. » Selon lui, des ONG seraient impliquées dans des plans visant à ébranler le pouvoir du président Mugabe.

Pour sa part, le ministre zimbabwéen de la justice avait déclaré à la télévision, le 27 mai, que deux ONG, CARE et Plan International, étaient responsables des mauvais résultats obtenus par M. Mugabe lors du premier tour de l'élection présidentielle dans certaines régions du pays.

Toutefois, selon ZimOnline, un porte-parole de l'Association nationale des ONG a rejeté ces accusations et a accusé le gouvernement Mugabe de s'apprêter à empêcher que l'aide parvienne même à ceux qui la recevaient avant l'élection de mars.

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?