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02 juin 2008

La déclaration de Washington sur la limitation des armes de destruction massive

Son adoption par 88 États à l'occasion du 5e anniversaire de l'Initiative de sécurité contre la prolifération

 
Exercice de l'ISP
Un hélicoptère britanique dépose des membres d'équipage à bord d'un porte-conteneurs américain au large du Japon. (© AP Images)

Washington - À l'occasion du cinquième anniversaire de l'Initiative de sécurité contre la prolifération (ISP), des représentants de 88 pays ont adopté une déclaration visant à renforcer leurs moyens de prévenir ou d'intercepter le trafic d'armes nucléaires, chimiques et biologiques.

Lors d'une conférence qui s'est tenue du 27 au 29 mai à Washington, ils ont déclaré qu'ils allaient continuer d'œuvrer de concert pour prévenir la prolifération par voie aérienne, terrestre ou maritime des armes de destruction massive, de leurs vecteurs et de dispositifs connexes et qu'ils rechercheraient la coopération du secteur industriel en vue de prévenir la prolifération de ces armes.

Les États qui ont adhéré à l'ISP et qui saisissent des cargaisons destinées à des terroristes ou à des États « voyous » doivent être aussi prêts à les détruire d'une manière qui ne crée pas de risques. Les participants à la conférence ont indiqué qu'ils comptaient œuvrer de concert pour trouver des solutions à des questions d'ordre juridique relatives notamment à la manière dont on peut supprimer une cargaison après avoir réussi à l'intercepter.

L'ISP a été lancée le 31 mai 2003 par le président Bush durant sa visite officielle en Pologne, avec l'accord d'une dizaine d'États. À l'heure actuelle, 91 États ont adopté une déclaration de principes en faveur de l'ISP, et le Maroc est le dernier État à l'avoir fait.

La déclaration de Washington a donné l'occasion aux participants de réaffirmer le 28 mai qu'ils étaient disposés à appliquer le droit international et leur propre législation pour empêcher la propagation des armes de destruction massive, de leurs vecteurs et de dispositifs connexes.

Ils ont également exprimé leur résolution de découvrir et de démanteler les réseaux qui cherchaient à contourner les mesures relatives au contrôle des exportations et la réglementation en la matière.

La déclaration souligne aussi l'importance de l'échange en temps utile d'informations exactes entre les partenaires de l'ISP alors qu'ils tentent d'empêcher que ces armes tombent entre les mains de personnes très dangereuses.

Comme le conseiller du président Bush pour la sécurité nationale, M. Stephen Hadley, l'a déclaré, les États ne sont pas les seuls à créer un risque de prolifération ; des groupements ou des organismes jouent aussi un rôle aux deux extrémités de la filière.

La lutte contre la prolifération exige une solution générale

M. Hadley a fait remarquer qu'une solution générale était nécessaire pour prévenir la prolifération des armes de destruction massive ou pour faire face à une catastrophe. Les partenaires, a-t-il dit, doivent assurer la protection des sources de matières dangereuses, démanteler les réseaux de prolifération, intercepter les matières destinées à la fabrication des armes de destruction massive avant qu'elles arrivent à destination, détruire les cellules de terroristes qui cherchent à se doter de ce genre d'armes, renforcer leurs moyens de défense et dissuader le recours à ces armes.

Depuis le lancement de l'ISP, on a recensé une vingtaine de mesures d'interdiction qui ont été couronnées de succès. La plupart d'entre elles n'ont pas été rendues publiques car certains partenaires préfèrent apporter leur soutien sans que cela se sache. En février 2007, quatre partenaires ont coopéré pour empêcher que du matériel parvienne à la Syrie qui comptait s'en servir pour effectuer des essais en matière de missiles balistiques.

De telles mesures, a expliqué M. Hadley, exigent que divers ministères coopèrent sans tarder, que les pouvoirs publics coordonnent leur action au niveau diplomatique, militaire et des renseignements et que le secteur privé apporte son soutien.

L'ISP, qui n'a aucun caractère contraignant, vise à contrecarrer les plans des terroristes et des États « voyous » et à les décourager d'acquérir ou d'utiliser des armes de destruction massive.

L'échange d'informations, les moyens d'interdiction et les mesures de contrôle des exportations sont indispensables car les proliférateurs éventuels cherchent, à l'aide de tactiques de plus en plus perfectionnées, à exploiter les maillons les plus faibles des relations entre les participants.

Il faut aussi empêcher que les proliférateurs et ceux qui les aident puissent manipuler le système bancaire international. Les banques doivent mieux connaître leurs clients et surveiller les transactions douteuses, et les pouvoirs publics doivent être prêts à bloquer les avoirs financiers de ceux qui violent la loi et à fermer les banques qui facilitent leurs activités.

L'organisation d'exercices internationaux est indispensable à la réussite de cette initiative. Jusqu'à présent une trentaine d'exercices sur le terrain ou de simulation ont permis à 70 pays de mettre à l'épreuve les capacités de leurs armées à œuvrer de concert. Les États-Unis organiseront le prochain exercice maritime du 11 au 22 août 2008.

Les accords sur l'arraisonnement de navires sont aussi essentiels à la réussite de cette initiative, et les États-Unis ont conclu de tels accords avec le Panama, le Libéria, les îles Marshall, la Croatie, Chypre, le Bélize, Malte et la Mongolie.

Un groupe de spécialistes des opérations se réunit périodiquement afin de préparer les exercices, d'encourager d'autres pays à faire partie de cette initiative et de favoriser le dialogue et la coopération avec le secteur privé.

La coopération dans le cadre de l'ISP, a souligné M. Hadley, fait que les proliférateurs ont de plus en plus de difficulté à poursuivre leur activité, car ils savent que les pays qui en font partie sont disposés à prendre toutes les mesures possibles pour empêcher leur trafic.

Selon une nouvelle note d'information du département d'État sur l'ISP, les États « voyous », les groupements de terroristes, la criminalité organisée et des personnes sans scrupule qui envisagent de faire le trafic de matières nécessaires à la fabrication d'armes de destruction massive « doivent maintenant faire face à une communauté internationale unie dans sa résolution de découvrir et de détruire de tels transferts ».

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