23 juillet 2008
Les négociations sur le programme iranien d'enrichissement de l'uranium

Washington - Les États-Unis et cinq autres puissances mondiales ont montré qu'ils étaient sérieux lorsqu'ils disaient que les dirigeants iraniens devraient décider s'ils étaient disposés à cesser leur programme d'enrichissement de l'uranium, qui était susceptible de servir à la fabrication d'armes nucléaires, a déclaré la secrétaire d'État des États-Unis, Mme Condoleezza Rice.
« Je pense qu'il est aussi très clair qu'il y aura des conséquences s'ils décident » de ne pas y mettre fin, a-t-elle ajouté. La stratégie actuelle consiste, selon elle, à faire en sorte que le gouvernement iranien cesse l'enrichissement de l'uranium et qu'il accepte en échange un ensemble de mesures incitatives. S'il ne le fait pas, les six grandes puissances mondiales sont d'accord pour soumettre au Conseil de sécurité de l'ONU des sanctions supplémentaires en vue de leur adoption.
Mme Rice a parlé d'abord, le 21 juillet, au sujet de la réunion qui avait eu lieu deux jours auparavant à Genève entre des représentants de l'Iran et des représentants des États-Unis, de l'Allemagne, de la Chine, de la France, du Royaume-Uni et de la Russie. Le sous-secrétaire d'État aux affaires politiques, M. William Burns, représentait les États-Unis à cette réunion, et sa présence, a dit la secrétaire d'État, devrait montrer l'importance que Washington accordait à cette question.
« Je pense que nous en avons fait assez pour montrer, tant à nos partenaires qu'aux Iraniens, que les États-Unis parlaient sérieusement », a-t-elle dit à des journalistes à bord de l'avion qui l'amenait à Abou Dhabi (Emirats arabes unis), où elle devrait s'entretenir avec des représentants des États membres du Conseil de coopération du golfe Persique et d'autres pays du Moyen-Orient.
Le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, M. Javier Solana, a offert à l'Iran, au nom des six puissances mondiales, un ensemble de six mesures incitatives, a-t-elle indiqué en ajoutant : « Nous espérions recevoir une réponse des Iraniens, mais comme ce fut le cas de nombreuses autres fois, ce que nous avons reçu n'était pas sérieux. »
M. Solana a accordé aux Iraniens deux semaines de plus pour répondre à son offre. « Nous allons voir ce que l'Iran fera au bout de ces deux semaines », a dit Mme Rice. Si sa réponse ne consiste pas à cesser l'enrichissement de l'uranium, alors le Conseil de sécurité, qui a déjà adopté des sanctions économiques et autres à l'encontre de ce pays, prendra de nouvelles mesures, mais probablement pas dans un avenir immédiat.
Les entretiens de Genève, a-t-elle indiqué, ont donné aux démarches diplomatiques un nouvel élan. Les six puissances mondiales ont tenté de garder la porte ouverte pour régler cette question sans avoir à prendre de nouvelles sanctions pour le cas où l'Iran n'accepterait pas leur offre.
Par ailleurs, la secrétaire d'État a déclaré qu'il ne fallait pas considérer comme un dégel des relations entre les États-Unis et l'Iran les pourparlers au sujet de l'éventuelle création à Téhéran d'une section chargée des intérêts des États-Unis. Les États-Unis ont une section chargée de leurs intérêts à Cuba depuis 1978, a-t-elle fait remarquer.
Les États-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec l'Iran en 1979, à la suite de la prise d'otages américains.