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16 juillet 2008

Mme Rice souligne les grands changements qui ont eu lieu en Afrique

Son allocution lors du Forum de l'AGOA

 
Mme Condoleeza Rice, la secrétaire d'État, s'addressant au Forum de l'AGOA le 15 juillet à Washington. (Photo Dép. d'État)

Washington - Il y a eu un changement profond dans la manière dont les pays africains font face à leurs problèmes, dans la politique africaine des États-Unis et dans la façon dont le monde considère l'Afrique, a déclaré la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, le 15 juillet lors du 7e Forum annuel de l'AGOA (loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique) qui se tient dans la capitale des États-Unis.

« Un nombre croissant de dirigeants et de citoyens africains, a-t-elle dit, réfléchissent (…) au respect et à la fierté qui proviennent du fait que l'on est, et que son pays est, à la hauteur des objectifs les plus ambitieux en matière de progrès politique, social et économique et que l'on s'en acquitte avec énergie et par ses propres efforts. »

« Un nouvel esprit de responsabilité règne de nos jours en Afrique », tant parmi la population des pays africains que chez leurs dirigeants qui s'emploient à faire face aux problèmes et qui créent des possibilités pour tous en faisant participer leurs pays à l'économie mondiale.

On peut observer à l'heure actuelle, selon Mme Rice, « un nouvel enthousiasme » et « un renouveau de l'esprit d'indépendance » dans de nombreux pays africains. Néanmoins, l'Afrique se heurte à de graves problèmes, qu'il s'agisse de la violence au Darfour et en Somalie, de la hausse des prix des produits de base, des maladies et de la pauvreté.

Les Africains, a-t-elle dit, « méritent non pas la pitié du monde, mais son partenariat », qui est au centre de la politique africaine du gouvernement Bush et au centre de l'AGOA.

Depuis 2000, les États-Unis admettent en franchise de douane, dans le cadre de cette loi, plus de 6.500 produits fabriqués en Afrique, ce qui crée des possibilités pour la population des pays bénéficiaires d'Afrique subsaharienne. Les échanges entre les États-Unis et l'Afrique ont augmenté considérablement en huit ans. En 2007, ils se sont accrus de plus de 13 % pour passer à plus de 80 milliards de dollars.

La secrétaire d'État a déclaré que le taux de croissance économique qui avait atteint 7 % l'an dernier était surtout dû à la grande énergie des entrepreneurs en Afrique alliée au soutien de l'AGOA. En dehors des hydrocarbures, les échanges entre les États-Unis et les pays bénéficiaires de l'AGOA ont doublé depuis 2001. En outre, les partenariats américano-africains dans les secteurs de la santé et de l'enseignement aident un nombre croissant d'Africains à tirer parti de la croissance économique dans leurs pays.

Après avoir souhaité la bienvenue au Forum de l'AGOA à deux nouveaux bénéficiaires de cette loi, le Togo et les Comores, Mme Rice a déclaré que le nouveau partenariat entre les États-Unis et l'Afrique touchait « tous les domaines essentiels à l'essor des activités humaines, à savoir le règlement des conflits, l'expansion des échanges commerciaux, les investissements dans les secteurs de la santé et de l'enseignement et le renforcement des institutions démocratiques ».

Le président Bush et elle-même, a-t-elle dit, sont fiers de l'augmentation considérable du soutien à l'Afrique apporté par les États-Unis depuis 2001. Le gouvernement Bush a quadruplé son aide aux pays africains, allégé la dette des 27 pays les plus pauvres d'Afrique, ce qui représente des milliards de dollars, créé le Compte du millénaire et conclu avec 10 États africains des accords qui portent sur 4,3 milliards de dollars dans le cadre de ce compte et établi des partenariats visant à lutter contre le sida et le paludisme.

En fin de compte, a-t-elle indiqué, « nous mesurons la réussite de notre partenariat avec l'Afrique non pas en dollars, mais au nombre de personnes dont nous avons cherché à améliorer la vie. Nous, les Africains et les Américains, mesurons notre réussite par le fait que depuis 2001, neuf conflits qui sévissaient depuis longtemps dans le continent ont maintenant pris fin, mais il nous faut rester vigilants pour consolider la paix. »

La réussite se mesure aussi, a-t-elle dit, au fait que la liberté, l'égalité, la démocratie et l'État de droit sont de plus en plus répandus en Afrique, que ces quatre dernières années des millions d'Africains ont reçu des informations sur la prévention du sida, que plus de 1,6 million de personnes reçoivent un traitement contre cette maladie et que près de 6,5 millions de personnes touchées par cette maladie, dont des orphelins, sont prises en charge.

Malgré de tels progrès, il reste de grands problèmes, notamment au Zimbabwé où la population se trouve dans une situation déplorable. « Dans le gouvernement Mugabe, a-t-elle déclaré, nous voyons la page de l'histoire que l'Afrique doit tourner, un dirigeant de l'indépendance qui a hérité d'un pays prometteur qu'il a transformé en une tyrannie où seul le pouvoir compte. Il est difficile d'imaginer comment l'Afrique pourra réaliser au maximum son potentiel tant que tous ses dirigeants ne rendront pas des comptes et qu'ils ne respecteront pas la volonté du peuple.

« L'Afrique australe se heurtera à une instabilité permanente tant que les aspirations de tous les Zimbabwéens ne seront pas respectées et qu'elles ne seront pas reflétées dans le gouvernement. C'est là un défi que l'Afrique doit relever. »

Malgré tous ces problèmes, Mme Rice s'est déclarée optimiste au sujet de l'avenir de l'Afrique. En conclusion, elle a dit que le peuple américain et les peuples africains avaient un lien commun durable, qui permettrait à ces derniers de parvenir à l'espoir, au respect et à la justice qu'ils méritaient.

Organisé du 14 au 16 juillet, le Forum de l'AGOA réunit de hauts responsables des 41 pays bénéficiaires, ainsi que des représentants de la société civile et du monde des affaires tant américain qu'africain.

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