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10 décembre 2008

La communauté internationale porte son attention sur la lutte contre la piraterie

Les États-Unis ont soumis à l'ONU un projet de résolution autorisant la capture de pirates en Somalie.

 
Les dégâts résultant d'une attaque de pirates au large du Kénya
Un marine examine un trou de balle résultant d'une attaque de pirates qui a eu lieu en novembre au large au large de la côte du Kénya.

Washington - Les États-Unis, ainsi que d'autres pays, l'Union européenne et des organisations internationales telles que l'ONU, la Ligue arabe et l'OTAN, cherchent les moyens de mettre fin à la piraterie au large de l'Afrique de l'Est

Le 9 décembre, le gouvernement Bush a soumis au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution qui, s'il est adopté, autorisera des pays étrangers à poursuivre, après notification du gouvernement fédéral de transition somalien, les pirates en Somalie et à faire cesser la préparation ou la facilitation des actes de piraterie. Le projet de résolution prévoit également l'accès à l'espace aérien de la Somalie et accroît fortement les moyens à la disposition de ceux qui luttent actuellement contre la piraterie en mer.

Selon le Bureau maritime international, les pirates se sont emparés de 40 navires en 2008 et ils détiennent actuellement des centaines de membres d'équipage. Le bulletin Piracy Alert que ce bureau a diffusé le 4 décembre indique que des pirates somaliens opèrent plus près du Kénya maintenant et qu'ils ont recours à des « bateaux- mères » pour apporter une aide aux petites embarcations servant à l'attaque.

Des navires de la marine militaire des États-Unis et d'autres pays ont mis en quarantaine le navire ukrainien MV Faina qui est occupé par des pirates, de manière à empêcher que sa cargaison (30 chars datant de l'époque soviétique, des armes et des munitions) atteigne les côtes africaines pendant que les négociations relatives à une rançon sont en cours. On estime que 14 navires sont actuellement détenus par des pirates.

Dans le communiqué qu'elle a diffusé le 3 décembre, l'OTAN souligne son engagement à lutter contre le fléau que représente la piraterie au large de la Corne de l'Afrique. Des navires d'États membres de l'OTAN, notamment de l'Inde, du Royaume-Uni et de la Turquie, ont récemment escorté des navires transportant l'aide du Programme alimentaire mondial (PAM) destinée à la Somalie. L'OTAN a commencé ces opérations, après qu'il soit devenu trop dangereux pour les navires affrétés par le PAM de livrer son aide humanitaire.

La marine militaire des États-Unis a déjà envoyé des navires dans cette zone en vue de prévenir le terrorisme et de donner une formation à la marine de plusieurs pays africains. Selon le vice-amiral William Gortney, qui est à la tête des Forces maritimes alliées, les armateurs doivent se rendre compte que les marines militaires ne peuvent pas protéger complètement une zone de navigation dont la superficie est supérieure à 1 million de kilomètres carrés.

Les navires de la marine militaire des États-Unis ont reçu une nouvelle aide le 8 décembre, lorsque 6 navires de guerre et 3 avions de patrouille de l'Union européenne sont arrivés dans la région. La force navale de l'Union européenne (opération Atalante) escorte maintenant des navires affrétés par le PAM.

L'opération de l'Union européenne fait suite aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU relatives à la piraterie. En particulier, le Conseil de sécurité a adopté, le 2 décembre, la résolution 1846 parrainée par les États-Unis qui autorise la marine militaire des États membres de l'ONU à lutter contre la piraterie dans les eaux territoriales somaliennes. Selon la représentante suppléante des États-Unis pour les affaires politiques spéciales, Mme Rosemary DiCarlo, cette résolution « constitue le début d'une approche globale » au problème de la piraterie dans cette partie du monde.

Des pirates capturés en Somalie.
Des pirates capturés dans la région autonome de Putland en Somalie.

Par ailleurs, de hauts responsables américains œuvrent de concert, au niveau bilatéral, avec leurs homologues de divers pays européens. Mme DiCarlo a indiqué qu'il était important que les pays participant à la lutte contre la piraterie concentrent leur attention sur les moyens de traduire en justice les pirates capturés. Une convention de l'ONU, a-t-elle dit, offre des moyens suffisants à cet effet, mais il serait bon aussi de considérer d'autres voies juridiques.

Bien que seulement moins de 1 % des navires passant par le golfe d'Aden aient fait l'objet d'une attaque de piraterie, les spécialistes estiment que ce problème va s'empirer. Par exemple, M. Dominick Donald, de l'établissement britannique Aegis Defense, a déclaré, lors de la conférence qu'il a donnée à la fondation Heritage le 24 novembre, que les pirates avaient découvert des lacunes dans les capacités des marines militaires.

Professeur de l'université James Madison, M. J. Peter Pham, qui écrit des ouvrages sur la piraterie, a déclaré à America.gov, que les attaques proliféraient parce que les pirates exploitaient les occasions qui s'offraient à eux. Le gouvernement somalien dont la faiblesse est bien connue n'est pas en mesure d'empêcher les bandes de pirates d'agir, et les armateurs payent des rançons énormes.

Une présence navale élargie ne donnera pas nécessairement des résultats, a-t-il dit. Si les diverses marines militaires ont échangé les courtoisies habituelles, elles n'ont pas encore coordonné leur action.

Les organisations internationales s'orientent vers une action plus vigoureuse et plus coordonnée. Les règles qui régissent la force navale de l'Union européenne dans le cadre de l'opération Atalante sont bien fixées. En outre, l'OTAN envisage de nouvelles missions de lutte contre la piraterie.

Les solutions terrestres

Selon le lieutenant Nathan Christensen, de la Cinquième Flotte des États-Unis au Bahreïn, les véritables solutions se trouvent sur terre. Il a déclaré à l'hebdomadaire Time que les pirates ne pouvaient pas toujours rester en mer et que l'anarchie qui régnait en Somalie était la cause du problème à laquelle il fallait s'attaquer.

« La fin du non-respect des lois en mer ne se produira pas tant que l'on ne s'attaquera pas à l'anarchie en Somalie », a dit. M. Pham. Toutefois, a-t-il ajouté, il est possible d'atténuer le problème en faisant en sorte que les navires soient mieux équipés de dispositifs de sécurité et que les armateurs refusent de payer une rançon. En outre, l'action plus vigoureuse des marines militaires et la diminution du caractère lucratif des actes de piraterie auront pour effet de décourager les pirates dans une certaine mesure.

La secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice doit se rendre à l'ONU le 16 décembre pour inciter les membres du Conseil de sécurité à adopter le projet de résolution proposé par les États-Unis, qui autorise les États étrangers et les organismes qui coopèrent avec le gouvernement somalien de prendre « toutes les mesures nécessaires » à l'encontre des pirates, tant sur le territoire de la Somalie que dans son espace aérien, et ce uniquement pour une période de douze mois.

S'il faudra un long engagement de la part de la communauté internationale, le rétablissement du respect des lois est une solution qui a la préférence de Mme DiCarlo. « Il nous faut favoriser la sécurité en Somalie pour permettre au gouvernement de transition de fonctionner », a-t-elle dit.

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