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04 décembre 2008

Attentats de Bombay : Mme Rice incite l'Inde et le Pakistan à coopérer

La visite de la secrétaire d'État à Bombay

 
Des gardes indien et pakistanais
Un garde indien (à gauche) et un garde pakistanais se serrent la main sur la frontière Wagah le 3 décembre 2008.

Washington - Les attentats terroristes qui ont frappé la capitale financière de l'Inde, Bombay, soulignent l'importance d'établir des partenariats internationaux pour traduire en justice les terroristes et pour prévenir d'autres attentats, a déclaré la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice.

« Les Américains comprennent (…) les sentiments qui sont profondément ressentis à une telle période, du fait qu'ils ont connu les attentats du 11 septembre 2001 », a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse qu'elle a donnée avec le ministre indien des affaires extérieures, M. Pranab Kumar Mukherjee, et au cours de laquelle elle a fait part de l'engagement des États-Unis à coopérer avec l'Inde dans ce domaine.

Des dizaines d'Indiens ont été tués par un groupe de terroristes qui a lancé des attaques coordonnées à Bombay le 26 novembre. Ces attentats ont causé la mort de 170 personnes, et de nombreux Indiens établissent un parallèle entre ces attentats et ceux qui avaient frappé les États-Unis le 11 septembre 2001.

Les terroristes ont visé plusieurs lieux touristiques de Bombay ainsi qu'un cinéma, un hôpital, un commissariat, une gare et un centre religieux. Six Américains figurent parmi les victimes. Les autres victimes étrangères étaient des ressortissants de l'Allemagne, de l'Australie, du Canada, de la Chine, d'Israël, de l'Italie, du Japon, du Royaume-Uni, de Singapour et de la Thaïlande.

La visite de Mme Rice à Bombay a fait suite à l'arrivée d'une équipe de grands spécialistes de la sécurité des États-Unis, dont des enquêteurs en médecine légale, pour aider les enquêteurs indiens. « Ce qui est importe maintenant, a-t-elle dit, est bien entendu d'aller à la source et de savoir ce qui s'est passé, de suivre toutes les pistes, quel que soit leur aboutissement, et d'en traduire en justice les auteurs. »

Mme Rice s'est refusé à dire quoi que ce soit au sujet des accusations de l'Inde selon lesquelles les terroristes seraient liés au réseau Lashkar-e-Taïba, que le département d'État considère comme une organisation terroriste étrangère depuis les attaques qu'il a lancées il y a plus de dix ans depuis la partie du Cachemire qui est entre les mains du Pakistan.

Les attentats de Bombay ont contribué à accroître les tensions entre l'Inde et le Pakistan, qui sont tous deux dotés d'armes nucléaires, et menacent de compromettre les progrès que ces deux pays avaient réalisés en vue de l'instauration de la paix.

« Nous n'allons pas tirer des conclusions précipitées sur les responsables de ces attentats, bien que les États-Unis jouent déjà un rôle actif en matière d'échanges d'informations et de médecine légale pour tenter d'établir des liens de cause à effet », a dit Mme Rice. La secrétaire d'État a fait état de l'engagement du président du Pakistan, M. Assif Ali Zardari, à prendre des mesures si l'enquête montrait que les terroristes avaient reçu un soutien de groupes situés au Pakistan.

« Le fait est que des intervenants non étatiques opèrent dans les limites d'un État, sur le territoire d'un État. Lorsque c'est le cas, on doit agir contre eux d'une manière très directe et très stricte. C'est là la question. Je pense qu'il nous faut laisser les faits nous mener là où ils peuvent. »

Alors que Mme Rice s'entretenait avec M. Mukherjee ainsi qu'avec le premier ministre indien, M. Manmohan Singh, et d'autres hauts responsables, le chef de l'état-major interarmées des États-Unis, le général Mike Mullen, est arrivé au Pakistan pour s'entretenir avec le président Zardari et ses principaux conseillers en matière de sécurité en vue d'atténuer les tensions dans le sous-continent indien et de faire face aux groupes d'extrémistes qui font peser une menace sur l'Inde, sur le Pakistan et sur le reste du monde.

« Nous comptons que tous les États conscients de leurs responsabilités participeront et coopéreront pour traduire ces auteurs en justice, a dit Mme Rice. Il incombe tout particulièrement au Pakistan de le faire, et ce d'une manière transparente, approfondie et urgente. »

Aussi bien l'Inde que le Pakistan ont été l'objet, ces dernières années, d'attentats terroristes, dont l'attentat dirigé en 2001 contre le Parlement indien, l'assassinat en décembre 2007 de l'ancienne première ministre pakistanaise Benazir Bhutto, des explosions dans la province de la frontière du nord-ouest du Pakistan et au Baloutchistan ainsi que la récente série d'explosions dans les villes indiennes de New Delhi et de Jaipur.

Selon le Centre national de la lutte contre le terrorisme des États-Unis, quelque 3.100 personnes au Pakistan et 1.460 en Inde ont été tuées ou blessées lors d'attentats en 2008.

Alors que l'enquête se poursuit, la secrétaire d'État a également souligné l'importance de renforcer les échanges entre les services de renseignements et la coopération en matière de sécurité entre Washington et New Delhi en vue de vue de prévenir tout nouvel attentat.

Les États-Unis, a-t-elle dit, ont une grande expérience dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et sur la façon dont il convient de l'adapter à la situation. « Je sais que c'est une période très difficile pour les Indiens, pour les habitants de Bombay, mais j'espère que c'est aussi une période où vous pouvez vous rendre compte de la solidarité et du soutien de vos amis de la communauté internationale. J'espère que vous savez, plus que toute autre chose, que vous n'êtes pas seuls dans cette lutte. Un grand nombre d'entre nous ont souffert du terrorisme et nous sommes unis dans notre résolution de vaincre les terroristes. »

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