28 août 2008
Les mesures prises par Moscou soulèvent des questions au sujet de ses engagements en faveur de la paix et de la sécurité.

Washington - Les États partenaires de la Russie au sein du groupe des Huit (G8) ont été unanimes à condamner l'incursion militaire de Moscou en Géorgie et à s'élever contre sa reconnaissance de l'indépendance de deux régions séparatistes de ce pays, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie.
Dans un communiqué diffusé le 27 août, les ministres des affaires étrangères de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni ont déclaré : « Nous déplorons l'usage excessif par la Russie de la force armée en Géorgie et le maintien de son occupation dans certaines parties de ce pays (…) Nous réaffirmons notre engagement ferme et continu en faveur de la souveraineté de la Géorgie dans ses frontières reconnues internationalement. »
Immédiatement après l'invasion russe en Géorgie le 8 août, les ministres des affaires étrangères de ces sept pays ont lancé un appel en faveur de la paix auprès de leur homologue russe, M. Sergei Lavrov, tandis que des représentants de l'Union européenne et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) se sont rendus à Moscou et à Tbilissi pour faciliter la conclusion d'un accord de cessez-le-feu.
L'annonce par le président de la Russie, M. Dmitri Medvedev, le 26 août, de la reconnaissance de l'indépendance des deux régions séparatistes de la Géorgie a poussé la communauté internationale à condamner encore plus la Russie, après qu'elle l'eut condamnée pour refuser de s'acquitter de l'engagement qu'elle avait pris envers l'Union européenne et l'OSCE au sujet du retrait de toutes ses forces de la Géorgie.
« La décision de la Russie met en question son engagement en faveur de la paix et de la sécurité dans le Caucase », ont déclaré les sept ministres des affaires étrangères en ajoutant : « Nous tenons à souligner que nous respectons et soutenons le gouvernement démocratique et légitime de la Géorgie alors que nous tentons de trouver une issue pacifique et durable à ce conflit. »
Le président Bush, qui suit de près ce conflit dans sa propriété de Crawford (Texas), s'est entretenu par téléphone avec le président de la Géorgie, M. Mikheil Saakashvili, le 27 août, avant de retourner à Washington où la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, devait le mettre au courant des dernières nouvelles en ce qui concerne les mesures prises par les États-Unis pour faciliter le règlement de ce conflit et pour apporter une aide aux milliers de familles déplacées par l'invasion russe, a indiqué le porte-parole adjoint de la Maison-Blanche, M. Tony Fratto.
Ce dernier a déclaré à des journalistes qui étaient à bord de l'avion ramenant le président Bush à Washington : « Nous continuerons de présenter nos arguments. L'Europe, les États-Unis et d'autres pays vont faire remarquer à la Russie qu'elle a pris une décision à courte vue, qu'il s'agit là d'un recul en ce qui concerne ses relations avec le reste du monde et que ce recul aura des conséquences. »
L'Union européenne doit tenir une réunion d'urgence sur la Géorgie le 1er septembre. Pour sa part, le président Bush a décidé d'envoyer le 2 septembre le vice-président Dick Cheney en Europe où il doit consulter les dirigeants de la Géorgie, de l'Azerbaïdjan, de l'Ukraine et de l'Italie.
« Les États-Unis ont envoyé de grandes quantités d'aide humanitaire en indiquant clairement au peuple géorgien qu'ils soutenaient leur démocratie et qu'ils allaient œuvrer de concert avec leurs alliés pour garantir l'intégrité territoriale de la Géorgie en tant que pays libre et indépendant. Le peuple géorgien a obtenu sa liberté après des années de tyrannie et il peut compter sur l'amitié des États-Unis », a déclaré M. Cheney dans un discours qu'il a prononcé le 27 août.
Pour sa part, la Russie a donné l'ordre à sa flotte de surveiller les mouvements des navires des États membres de l'OTAN en mer Noire, alors que des navires de la marine américaine tentent de livrer une aide humanitaire à la Géorgie, ce qui fait craindre que le gouvernement russe envisage maintenant de ne pas respecter un autre des engagements qu'il a pris en signant l'accord de cessez-le-feu, à savoir garantir la liberté d'accès pour l'aide humanitaire internationale.
À la suite de manœuvres russes, un navire des gardes-côtes des États-Unis, qui devait livrer de l'aide au port géorgien de Poti, a été détourné vers un autre port géorgien, Batumi.
À ce propos, le porte-parole du département d'État, M. Robert Wood, a déclaré : « Il est très important que l'aide humanitaire aille aux personnes qui en ont besoin dans la région, et nous continuerons de nous entretenir avec divers pays, dont la Russie, au sujet de la façon dont on peut le mieux apporter cette aide aux zones où les besoins sont les plus grands. »