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25 août 2008

Selon Mme Rice, la crise géorgienne soulève des questions sur la politique russe

L'attaque militaire ne cadre pas avec la coopération prônée par M. Medvedev.

 
Agrandissement
L'armée russe en Ossétie du Sud
Un char de combat russe passe devant le portrait du premier ministre russe, M. Vladimir Poutine dans l'Ossétie du sud.

Washington - Si l'attaque déclenchée par la Russie contre la Géorgie ne représente pas le début d'une « nouvelle guerre froide », elle soulève des questions à Washington et dans d'autres capitales du monde sur la politique étrangère qu'entend mener le Kremlin à l'avenir.

Lors d'une conférence de presse tenue le 20 août, la secrétaire d'État américaine, Mme Condoleezza Rice, a déclaré : « Ce qui s'est passé en Géorgie nous a poussés à réfléchir sérieusement à la question de savoir si la Russie est réellement prête à emprunter la voie qui la mènerait à une plus profonde intégration au sein de la communauté internationale. »

La guerre froide est terminée, a-t-elle dit, et le monde a beaucoup changé depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1991. La Russie, notamment, a beaucoup bénéficié de la « voie de la coopération » ouverte par les États-Unis et le reste de la communauté internationale.

La stratégie de politique étrangère annoncée en juillet 2008 par le président russe Dmitri Medvedev reflétait cet esprit de partenariat, soulignant notamment les aspirations de Moscou à la reconnaissance de son rôle naturellement majeur dans les institutions politiques, économiques et de sécurité qui sont en train de façonner le XXIe siècle.

« Une Russie différente semblait naître. Une Russie qui collaborait avec nous dans la guerre contre le terrorisme, qui coopérait avec nous au niveau de la non-prolifération et au Moyen-Orient, et qui nous soutenait sur les dossiers de la Corée du Nord et même de l'Iran. »

Mais en envahissant une démocratie embryonnaire du sud du Caucase - un mois seulement après l'annonce de la stratégie de M. Medvedev - la Russie a endommagé sa réputation, a dit Mme Rice. Cette invasion semble indiquer qu'elle s'éloigne de la vision d'une Europe unie, libre et pacifique pour donner libre cours à un désir d'imposer de nouvelles lignes de démarcation et des sphères d'influence dans la région.

Manifestation à Igoeti
Un manifestant agite un drapeau russe géorgien devant un char de combat russe aux environs d'Igoeti.

En outre, la Russie ternit un peu plus chaque jour sa réputation en refusant de respecter l'engagement qu'elle a pris elle-même de retirer ses forces du territoire géorgien conformément à l'accord de cessez-le-feu en six points négocié par l'intermédiaire de l'Union européenne.

« Ce comportement ne cadre pas avec la déclaration qu'a faite le président Medvedev il y a seulement quelques semaines au sujet d'une Russie moderne qui se ferait respecter dans le monde par sa culture et ses prouesses technologiques et scientifiques. Ce n'est pas en tapant sur un petit voisin et en ne tenant pas ses promesses faites à la présidence de l'Union européenne qu'elle y parviendra. »

La communauté internationale prend acte et est en train de s'unir pour exprimer son inquiétude : réactions diplomatiques de la plupart des voisins de la Russie, efforts de médiation de l'Union européenne, et discussions au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, même si le veto de la Russie empêche ce dernier d'agir effectivement sur le dossier géorgien.

Par contre, peu de pays sont venus soutenir la justification qu'a donnée la Russie à ses actions, à savoir qu'elle agissait dans son rôle de maintien de la paix. « Plus les Russes affirment agir comme ils le font au nom du maintien de la paix, plus cela semble ridicule. Les soldats de la paix ne bombardent pas des civils », a dit Mme Rice.

« La Russie paie le prix de ses actions. Mais j'espère qu'elle est également en train d'évaluer les dégâts sur le plan de sa capacité à s'engager sur la voie annoncée par M. Medvedev. »

« À quoi tout cela aura-t-il servi à la Russie ? Les innocents sacrifiés ne peuvent revenir à la vie. Mais les infrastructures civiles et les capacités militaires endommagées de la Géorgie seront restaurées. La Russie a sapé sa propre réputation et sa crédibilité, et remis en question sa capacité de faire partie des institutions auxquelles elle aspire à adhérer. »

Si les dirigeants du monde ont tout le temps d'évaluer l'effet diplomatique à long terme des actions du Kremlin, le rétablissement de la Géorgie est désormais une priorité, comme le prouvent l'intention des ministres des finances du G7 de soutenir la relance économique de ce pays, et la création par l'OTAN d'une commission OTAN-Géorgie chargée d'appuyer l'aide humanitaire, la reconstruction et l'assistance à la sécurité.

« Je pense que la meilleure rebuffade pour la Russie sera de voir la Géorgie reprendre son essor sur le plan économique et politique. »

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