22 août 2008
Le retrait des troupes russes n'a que trop tardé, affirme le commandant de l'Eucom.

Washington - Le Pentagone a l'intention d'offrir à la Géorgie une nouvelle assistance en matière de sécurité afin d'aider cette jeune démocratie à se protéger.
« Nous allons les aider à reconstruire parce qu'ils sont un partenaire dans la lutte contre le terrorisme », a affirmé le général John Craddock, chef du Commandement des États-Unis en Europe (Eucom).
M. Craddock, qui est également le commandant suprême des forces alliées en Europe (Saceur), était en visite en Géorgie en compagnie de l'administratrice de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), Mme Henrietta Fore, afin de faire le bilan des opérations de secours lancées par le président Bush.
En effet, depuis le 13 août, date à laquelle le Président a annoncé le début des opérations, l'armée de l'air des États-Unis a effectué 25 vols humanitaires qui lui ont permis de livrer pour plus 10,5 millions de dollars de secours comprenant des médicaments, de la literie, de l'eau et autres fournitures essentielles à près de 80.000 réfugiés qui ont fui les combats et sont dispersés dans plus de 600 centres d'accueil installés à Tbilissi, la capitale géorgienne, et aux alentours.
D'après les chiffres de l'ONU, si l'on inclut les familles qui ont fui la Géorgie, quelque 158.000 personnes sont désormais sans abri du fait de l'assaut lancé le 8 août par la Russie contre son voisin du sud à cause du territoire disputé de l'Ossétie du Sud.
Les forces russes ont rapidement débordé l'armée géorgienne beaucoup moins importante et restent stationnées profondément à l'intérieur du territoire géorgien, bien au-delà des limites de l'Ossétie du Sud et d'une seconde région séparatiste, l'Abkhazie, et ce malgré les multiples promesses du président russe Dmitri Medvedev de respecter l'accord de cessez-le-feu en six points négocié par l'intermédiaire de l'Union européenne.
« Il y a certains signes de retrait, mais pas suffisamment pour nous faire croire qu'ils agissent aussi rapidement qu'ils le devraient », a déclaré le général Craddock au sujet de la dernière promesse faite par Moscou de retirer complètement les troupes d'ici au 22 août. « La Russie devrait tenir sa promesse de se retirer, et le plus tôt sera le mieux. Cela n'a déjà que trop tardé. »
Les États-Unis coopèrent étroitement avec la Géorgie dans les domaines de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme. La Géorgie fait partie du Partenariat pour la paix de l'OTAN depuis son indépendance et, en 2001, les États-Unis ont intensifié leur assistance à la sécurité afin de l'aider à empêcher les insurgés tchétchènes d'utiliser la zone des gorges de Pankisi comme refuge.
Les États-Unis ont offert à la Géorgie de la formation à l'anglais et au professionnalisme militaire par le truchement du Programme d'éducation et de formation militaires à l'étranger. Jusqu'en 2004, il s'est agi de promouvoir la modernisation de l'armée géorgienne et sa réforme institutionnelle. Ce programme a ensuite été remplacé par le Programme des opérations de soutien à la stabilité de la Géorgie, qui vise à préparer les troupes géorgiennes à prendre part plus efficacement aux opérations internationales de maintien de la paix.
Depuis, la Géorgie a déployé des troupes au sein des coalitions internationales qui aident les jeunes États démocratiques de l'Irak et de l'Afghanistan à sortir de décennies de conflit et de régimes autoritaires.
Les experts sont d'avis que ce sont les aspirations de la Géorgie à devenir membre de l'OTAN qui ont jeté un froid sur ses relations avec Moscou ces dernières années, et cela expliquerait la récente destruction systématique de l'infrastructure militaire géorgienne par la Russie. La Russie a en effet saisi des armes et des équipements géorgiens, détruit des vaisseaux des garde-côtes sur la mer Noire et démoli des bases militaires.
Pendant ce temps, l'USS McFaul, un destroyer de la marine des États-Unis, chargé de fournitures humanitaires, est en route pour la Géorgie. Il sera suivi de l'USS Mount Whitney, un navire de commandement, et du Dallas, un garde-côte, transportant des fournitures supplémentaires telles que des couvertures, des trousses d'hygiène et des aliments pour bébés. Ces navires devraient arriver sur place dans le courant de la semaine prochaine.