19 août 2008
Les États-Unis réévaluent leurs relations avec la Russie dans le domaine de la sécurité.

Washington - Au début du mois d'avril, le président Bush s'est entretenu avec M. Vladimir Poutine, qui était alors président de la Russie, dans la ville russe de Sotchi au sujet des relations en matière de sécurité entre les deux anciennes superpuissances de la guerre froide. À la fin de ces entretiens, les deux présidents ont diffusé une déclaration relative à un cadre stratégique destiné à donner à leurs gouvernements respectifs des directives pour les années à venir.
Toutefois, à la suite du déclenchement, au début du mois d'août, du conflit russo-géorgien qui a trait à deux régions séparatistes de la Géorgie, le gouvernement Bush a commencé de réévaluer de près ce cadre stratégique et son importance pour l'avenir.
Selon de hauts responsables américains, de nombreux dossiers internationaux pour lesquels les États-Unis et la Russie collaborent étroitement sont en jeu, notamment les négociations relatives à la Corée du Nord et la possibilité de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de sanctions supplémentaires contre l'Iran.
L'évolution des relations américano-russes dépendra en partie de ce qui va se passer dans les jours et mois à venir, a déclaré récemment le ministre de la défense des États-Unis, M. Robert Gates.
« Nous venons de voir un côté de la Russie que nous avions espéré être une chose du passé et il est évident que nous allons devoir réévaluer l'orientation de nos relations stratégiques avec la Russie, a-t-il dit le 17 août. Leur progression dépendra dans une très grande mesure de ce que la Russie va faire. »

Pour sa part, le président Bush a déclaré le 15 août : « L'intimidation ne constitue pas une façon acceptable de mener la politique étrangère au XXIe siècle. Seule la Russie peut décider si elle va retourner sur la voie suivie par les pays responsables ou si elle va poursuivre une politique qui mène à l'affrontement et à l'isolement. »
La guerre froide est finie et l'époque des États satellites et des sphères d'influence qui caractérisaient souvent les relations entre États est aussi révolue, a-t-il dit. Des relations contentieuses avec la Russie ne sont pas dans l'intérêt des États-Unis, ni dans celui de la Russie.
« En agissant comme elle a fait ces derniers jours, la Russie a porté atteinte à sa crédibilité et à ses relations avec les pays du monde libre », a fait remarquer M. Bush en ajoutant qu'il lui fallait respecter la liberté de ses voisins pour regagner cette crédibilité.
De son côté, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, qui s'est rendue en Géorgie le 15 août et qui est actuellement à Bruxelles (Belgique) pour s'entretenir avec des représentants de l'OTAN et de l'Union européenne, a déclaré qu'on pouvait sans aucun doute s'attendre à d'autres conséquences. Le 16 août, elle a rendu compte au président Bush de ses entretiens en Géorgie.
« Pour la première fois, l'Europe est en train de devenir un continent uni, libre et en paix, a dit M. Bush. Il est regrettable que la Russie ait tendance à considérer l'expansion de la liberté et de la démocratie comme contraire à ses intérêts, alors que c'est tout à fait l'opposé : les États libres et prospères limitrophes de la Russie serviront ses intérêts car ils seront une source de stabilité et de progrès économique. »
Ces dernières années, a-t-il indiqué, la Russie a cherché à s'intégrer dans les structures diplomatiques, politiques, économiques et sécuritaires de l'Occident, et les États-Unis ont soutenu ces efforts. « Maintenant, la Russie compromet ses aspirations en agissant en Géorgie d'une façon qui n'est pas conforme aux principes de ces institutions. »
Le 14 août, M. Gates a annoncé que l'exercice naval auquel plusieurs pays dont la Russie devaient participer à partir du 15 août avait été annulé, tout comme l'exercice militaire américano-canado-russe qui devait commencer le 20 août.
« Dans les journées et semaines à venir, a-t-il dit, le ministère de la défense va réexaminer tout l'ensemble de nos activités militaires avec la Russie et apportera les changements qui se révéleront nécessaires en fonction de ce que la Russie va faire dans les prochains jours. »