15 août 2008
Les propos de Mme Rice

Washington - Aux termes d'un accord de cessez-le-feu en six points négocié par l'intermédiaire du président français Nicolas Sarkozy, les troupes russes doivent quitter la Géorgie immédiatement, a dit Mme Rice.
Les soldats russes de maintien de la paix pourront toutefois rester dans les régions séparatistes de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud jusqu'à l'arrivée d'observateurs internationaux, a annoncé Mme Rice lors d'une conférence de presse donnée le 15 août en compagnie du président géorgien Mikheil Saakashvili.
Le retrait des troupes russes doit « se faire, et ce immédiatement », a dit Mme Rice, qui s'est entretenue avec M. Saakashvili pendant cinq heures avant d'annoncer l'accord de cessez-le-feu.
La Russie et les présidents autoproclamés de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, qui se trouvaient à Moscou aux fins de réunions avec des responsables russes, avaient donné leur accord de principe au plan présenté par Mme Rice à M. Saakashvili.
« Il ne s'agit pas d'un accord sur l'avenir de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Il s'agit de faire sortir les troupes russes » du territoire géorgien et de mettre fin aux hostilités, a dit Mme Rice.
La Russie devrait comprendre, a-t-elle ajouté, que le règlement final du statut de ces deux régions, qui ont d'étroits liens ethniques avec elle, sera décidé par la communauté internationale par le truchement du Conseil de sécurité de l'ONU.
« Nous souhaitons stabiliser la situation de sécurité en Géorgie. Dès que ce sera fait, nous nous attèlerons immédiatement aux efforts de reconstruction. »
Quelques heures plus tôt, à Washington, le président Bush a déclaré que l'intimidation de la Géorgie par la Russie n'était pas un moyen acceptable de conduire la politique étrangère au 21e siècle, et rappelé à la Russie que la guerre froide, qui a duré cinquante ans, était terminée.
« La souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie doivent être respectées. La brutalité et l'intimidation ne sont pas des moyens acceptables de conduire la politique étrangère au 21e siècle. Seule la Russie peut décider si elle veut reprendre la voie des pays responsables ou continuer de poursuivre une politique qui n'apportera que conflits et isolement. »
Il a ajouté que les États-Unis coopéraient étroitement avec leurs partenaires européens et d'autres membres du G7 afin de trouver une solution à la crise.
« Certains Américains qui nous écoutent aujourd'hui se demanderont sans doute pourquoi les États-Unis se préoccupent de ce qui se passe dans un petit pays très éloigné d'eux. Depuis qu'elle a obtenu son indépendance dans la foulée de l'effondrement de l'Union soviétique, la Géorgie est devenue une démocratie courageuse. Son peuple fait les choix difficiles auxquels ne peuvent se soustraire les sociétés libres.
« Depuis la « Révolution des roses » de 2003, les Géorgiens ont organisé des élections libres, libéralisé leur économie et jeté les fondations d'une démocratie florissante. Le peuple Géorgien s'est prononcé en faveur du monde libre, et nous ne pouvons pas l'oublier.
« Moscou doit tenir sa promesse de retirer ses forces d'invasion de tout le territoire géorgien. »