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11 août 2008

Les É.-U. lancent un appel à la fin des hostilités en Ossétie du Sud

Ils appellent la Russie et la Géorgie à la retenue.

 
Évacuation d'Ossétiens du Sud le 8 août.
Des résidents de l'Ossétie du Sud sont évacués le 8 août 2008.

Washington - Les États-Unis ont demandé à la Russie et à la Géorgie de mettre fin à la rapide escalade des combats dans la région indépendantiste de l'Ossétie du Sud.

Le 8 août, à Washington, la secrétaire d'État américaine, Mme Condoleezza Rice, a déclaré : « Nous demandons à la Russie de cesser ses attaques aériennes contre la Géorgie, de respecter l'intégrité territoriale de ce pays et de retirer ses forces de combat du territoire géorgien. Les États-Unis sont en train, avec leurs partenaires européens, de lancer une médiation internationale. Nous invitons expressément la Russie à soutenir ces efforts. »

Le 7 août, les forces géorgiennes ont commencé à bombarder la capitale de l'Ossétie du Sud, Tskhinvali. La Russie, qui soutient l'Ossétie du Sud et une autre région sécessionniste, l'Abkhazie, a répondu par les armes à l'offensive géorgienne. La presse a largement cité les propos du président géorgien Mikhail Saakachvili affirmant que des forces armées russes étaient entrées en Ossétie du Sud.

La tension a commencé à monter le 1er août, lorsque des affrontements entre des troupes géorgiennes et des séparatistes ossètes ont fait des victimes. La Russie et la Géorgie ont souvent échangé des accusations au sujet d'interventions excessives en Ossétie du Sud et en Abkhazie, deux régions qui ont déclaré leur indépendance de la Géorgie au début des années 90 et où des soldats de la paix internationaux ont tenté de maintenir l'ordre.

Il y a déjà eu un conflit armé entre l'Ossétie du Sud et la Géorgie, qui a duré de janvier 1991 à juin 1992, année où des représentants des deux parties et de la Russie se sont entendus sur un cessez-le-feu connu sous le nom d'Accord de Sotchi. L'accord prévoyait le déploiement d'une force de maintien de la paix en Ossétie du Sud qui serait placée sous commandement russe et composée de troupes venues de Russie, de Géorgie et de la République russe autonome d'Ossétie du Nord. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) surveille le cessez-le-feu et facilite les négociations entre les parties au conflit.

La Géorgie se heurte à un second mouvement sécessionniste à motivations ethniques en Abkhazie, où il y a des conflits sporadiques entre les forces géorgiennes et abkhazes depuis 1992. Comme en Ossétie, des soldats russes sont stationnés en Abkhazie dans le cadre d'une force de maintien de la paix résultant d'un accord de cessez-le-feu passé en 1994 entre le gouvernement géorgien et les séparatistes abkhazes.

Fait inquiétant, les représentants du mouvement indépendantiste abkhaze ont exprimé leur opposition à ce qui est au centre de la solution négociée depuis des années : l'engagement par la Géorgie de ne pas recourir à la force dans la région et la promesse des Abkhazes de laisser quelque 250.000 Géorgiens déplacés rentrer en Abkhazie.

« Cet accord est absolument essentiel si l'on veut que le processus de paix aille de l'avant », a déclaré Matt Bryza, sous-secrétaire d'État adjoint aux affaires européennes et eurasiennes, lors d'un entretien accordé à Radio Free Europe le 21 juillet. Il a ensuite déclaré espérer que les récentes déclarations tonitruantes faites à Soukhoumi (la capitale abkhaze) et à Moscou relevaient simplement de la bravade.

Les Abkhazes craignent que le retour des Géorgiens déplacés ne submerge  politiquement et culturellement leur modeste population de 55.000 habitants. « Leurs droits culturels doivent être protégés et, bien entendu, ils doivent garder un rôle politique prééminent en Abkhazie, sur le modèle de ce qui a été négocié en Bosnie pour les minorités », a dit M. Bryza.

Dans un premier temps, a-t-il affirmé, les deux parties doivent entamer des pourparlers directs sans conditions préalables.

Les États-Unis ont déjà exprimé leur inquiétude au sujet de ce que le secrétaire d'État adjoint aux affaires européennes et eurasiennes, M. Daniel Fried, a qualifié lors d'une récente déposition au Congrès de « pression implacable et dangereuse » de la Russie sur la Géorgie. Ces dernières années, en effet, la Russie a fermé ses frontières avec la Géorgie, a suspendu les voies de transport avec ce pays et imposé des embargos sur certains produits agricoles géorgiens. Moscou a bien levé cette année certaines de ces restrictions au commerce et aux transports, mais, a dit M. Fried, elle a intensifié la pression politique sur la Géorgie par le truchement de diverses actions créant de fait une relation officielle entre la Russie et l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie.

Le 16 avril, par exemple, M. Vladimir Poutine, qui était encore président, a ordonné aux ministères russes de développer des relations plus étroites avec les organismes correspondants des deux régions sécessionnistes.

La pression militaire russe sur la Géorgie avait augmenté avant même le déclenchement de la dernière série d'hostilités. M. Fried a affirmé que, le 20 avril, un bombardier russe avait abattu un aéronef géorgien sans pilote qui survolait l'Abkhazie dans l'espace aérien géorgien. En avril toujours, la Russie a déployé des troupes aéroportées dans le cadre de la force de maintien de la paix et, en mai, dépêché des troupes de construction afin de réparer un lien ferroviaire avec la Russie, le tout sans demander l'autorisation du gouvernement géorgien.

« Cet accroissement de la pression russe se produit dans le contexte des aspirations transatlantiques de la Géorgie, notamment les démarches qu'elle a entreprises pour participer au Plan d'action pour l'adhésion (MAP) de l'OTAN », a dit M. Fried. Si aucune décision n'a été prise à ce sujet lors du dernier sommet de l'OTAN qui s'est tenu en avril dernier à Bucarest (Roumanie), les États-Unis et la plupart des autres membres de l'OTAN ont exprimé leur ferme soutien à la participation de la Géorgie, a ajouté M. Fried.

Soulignant que la Géorgie avait complètement réformé son armée et qu'elle avait déployé 2.000 soldats en Irak, M. Fried a déclaré que l'OTAN devrait se prononcer en fonction de ces facteurs et ne pas laisser la Russie exercer son veto, en quelque sorte, sur ses décisions.

Concernant l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, les États-Unis ont adopté une politique de soutien à l'intégrité territoriale de la Géorgie et réclament une solution globale aux conflits séparatistes par des moyens pacifiques.

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