08 avril 2008
Les entretiens des deux présidents à Sotchi

Washington - Lors de leur dernière réunion en qualité de présidents, MM. George Bush et Vladimir Poutine ont préparé la voie pour leurs successeurs et abordé notamment la question de la mise en place par les États-Unis, l'Europe et la Russie d'un système commun de défense antimissile.
« Nous sommes convenus aujourd'hui que les États-Unis et la Russie souhaitent créer un système permettant de faire face à l'éventualité d'attaques par missile, système auquel la Russie, les États-Unis et l'Europe participeront sur un pied d'égalité », a déclaré à la presse le président Bush, le 6 avril à Sotchi, station balnéaire russe de la mer Noire, où il était l'invité du président Poutine.
Les entretiens de Sotchi ont fait suite à l'adoption d'un plan de défense antimissile par l'OTAN lors du sommet de Bucarest (Roumanie) et à l'annonce par la République tchèque qu'elle accepterait l'installation sur son sol du radar ultra-perfectionné nécessaire au fonctionnement du bouclier antimissile.
Si la Russie continue d'être opposée à ce plan-là, elle a accepté l'offre des États-Unis pour ce qui est d'observer son exécution qui exigera aussi l'installation de 10 intercepteurs de missiles en Pologne. MM. Bush et Poutine sont aussi convenus de poursuivre les négociations relatives à la création d'un système régional de défense antimissile administré en commun. M. Poutine avait proposé cette idée lors de sa visite en 2007 dans la propriété familiale des Bush à Kennebunkport (Maine).
« Nos partenaires américains non seulement comprennent nos préoccupations, mais aussi tentent de les aplanir », a déclaré M. Poutine tout en exprimant un « optimisme prudent » à la suite de ses entretiens avec M. Bush.
Les négociations au niveau des spécialistes portant sur la défense antimissile prendront du temps, mais les décisions de Bucarest et de Sotchi représentent un pas en avant pour faire face aux défis du XXIe siècle en matière de sécurité, a déclaré à la presse le conseiller du président Bush pour les affaires de sécurité nationale, M. Stephen Hadley.
« L'OTAN et la Fédération de Russie, a-t-il dit, ont maintenant accepté d'envisager un système de défense antimissile. Nous essayons de les convaincre à ce sujet depuis environ quinze ans, et finalement nous y sommes parvenus. »
La défense antimissile est l'un des points figurant dans la déclaration relative à un cadre stratégique que les présidents Bush et Poutine ont signée à Sotchi et qui porte sur tous les domaines des relations américano-russes, alors que le successeur de M. Poutine, M. Dimitri Medvedev, entrera en fonctions le 8 mai et que la prochaine élection présidentielle aux États-Unis aura lieu en novembre prochain.
« Nous avons beaucoup travaillé, a dit M. Bush, au cours des dernières années pour trouver les domaines dans lesquels nous pouvons œuvrer de concert et pour trouver les moyens d'être agréables lorsque nous sommes en désaccord. La déclaration sur le cadre stratégique montre bien l'ampleur et la profondeur de notre coopération. »
Les deux pays se sont engagés à œuvrer de concert en ce qui concerne les problèmes pressants d'ordre diplomatique, dont le processus de paix au Proche-Orient, les négociations à Six relative à la Corée du Nord, le programme d'armement nucléaire de l'Iran et le soutien au règlement des conflits en Afghanistan, en Irak et ailleurs. Ils se sont engagés à réduire davantage leurs stocks d'armes nucléaires en négociant un nouvel accord destiné à remplacer le Traité sur la réduction des armes stratégiques dont la date d'expiration est en 2009. En outre, ils entameront des négociations sur les risques créés par les missiles de portée courte et intermédiaire.
La déclaration fait aussi état des progrès réalisés par les États-Unis et la Russie en ce qui concerne la promotion de l'énergie nucléaire à des fins civiles tout en prévenant la propagation de technologies à des fins militaires. Ces progrès comprennent le Partenariat mondial en faveur de l'énergie nucléaire, la création d'une banque internationale de combustible atomique, l'Initiative de sécurité en matière de prolifération à laquelle participent 81 États et l'Initiative mondiale de lutte contre le terrorisme nucléaire (67 États) que le président Bush a qualifiée « d'initiative importante à laquelle la Russie et les États-Unis coopèrent ».
La déclaration porte aussi sur la coopération entre les États-Unis et la Russie dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, sur l'accroissement des échanges d'information entre les services de renseignement des deux pays et sur des mesures communes visant à découvrir les moyens financiers des terroristes et à les bloquer.
Les États-Unis ont réaffirmé leur volonté d'aider la Russie à devenir membre de l'Organisation mondiale du commerce. M. Bush s'est engagé à œuvrer de concert avec le Congrès en vue de mettre fin aux restrictions datant de la guerre froide de manière à normaliser les relations commerciales avec la Russie d'ici à la fin de l'année.
Enfin, les deux pays se sont engagés à favoriser les investissements, à renforcer la sécurité énergétique et à faire face aux changements climatiques.