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30 avril 2009

M. Obama souhaite des investissements sans précédent dans la recherche

La science est plus essentielle que jamais, affirme le président.

 
M. Barack Obama le 27 avril à Washington
Le président Obama a prononcé un discours devant l'Académie nationale des sceinces le 27 avril 2009 à Washington.

Washington - Dans un discours prononcé le 27 avril devant un groupe de chercheurs et d'ingénieurs, le président Obama a annoncé de nouvelles mesures de l'État fédéral en faveur de la recherche scientifique et technologique et une initiative pour encourager la mise au point de technologies d'énergie propre.

« La science est plus essentielle que jamais pour notre prospérité, notre sécurité, notre santé, notre environnement et la qualité de notre vie », a déclaré M. Obama dans son discours à l'Académie nationale des sciences. Il s'exprimait à l'occasion de la 146e conférence annuelle de cette société honorifique de savants et d'ingénieurs qui conseille le gouvernement américain sur les dossiers scientifiques et technologiques.

M. Obama a dit qu'il cherchait à rétablir - voire dépasser - les niveaux d'investissements dans la recherche scientifique qui avaient été atteints durant la « course à l'espace » des années 1950 et 1960, quand les États-Unis et l'Union soviétique se faisaient concurrence pour mettre des satellites sur orbite et envoyer des hommes sur la Lune. Les États-Unis parviendront à cet objectif, a précisé le président, « grâce à une politique qui investira dans la recherche scientifique fondamentale et appliquée, créera de nouvelles mesures d'incitation pour les innovations privées, cherchera à promouvoir les avancées dans les domaines de l'énergie et de la médecine, et améliorera l'enseignement des mathématiques et des sciences. Cela représente l'engagement le plus important jamais pris par les États-Unis en faveur de la recherche scientifique et de l'innovation. »

  

Ces mesures sont « celles dont nous avons besoin pour l'avenir », a dit à America.gov Peter Agre, membre de l'Académie nationale des sciences et colauréat du prix Nobel 2003 de chimie.

Le budget proposé par le président Obama pour l'année budgétaire 2010 - qui doit encore être approuvé par le Congrès - préconise une augmentation importante des fonds alloués à la Fondation nationale des sciences (NSF) et au Bureau des affaires scientifiques au ministère de l'énergie. M. Obama a également fait savoir qu'il fournirait six milliards de dollars pour appuyer les recherches sur le cancer par le biais de l'Institut national de la santé (NIH), dans le cadre de l'engagement de son gouvernement en faveur d'un plan pluriannuel visant à doubler les programmes de recherche sur cette maladie.

La NSF et le NIH sont les sources de financement principales de la recherche menée par les universités ; le Bureau des affaires scientifiques « est responsable de la mise au point et du fonctionnement d'accélérateurs, de collisionneurs, de superordinateurs, de sources de lumière de très haute énergie, et d'installations pour la fabrication de nano-matériaux », a expliqué M. Obama.

Le président a également annoncé le lancement d'une initiative pour la mise au point de nouvelles techniques énergétiques. L'Advanced Research Projects Agency for Energy (le Bureau pour les projets de recherche avancée sur l'énergie ou ARPA-E de son sigle anglais) mènera « des recherches à hauts risques mais aussi à hauts rendements », dit-il. Ce programme à hauteur de 400 millions de dollars du ministère de l'énergie a été conçu selon le modèle du Defense Advanced Research Projects Agency (Bureau pour les projets de recherche avancée du ministère de la défense ou DARPA de son sigle anglais), qui a contribué à la création de l'Internet, à la fabrication des avions chasseurs furtifs dit « stealth » et de la mise au point du Global Positioning System (système de positionnement mondial ou GPS de son sigle anglais).

Des risques pour un petit nombre, des bénéfices pour beaucoup

« Investir dans la recherche et le développement, c'est comme envoyer vos enfants à l'école », quelque chose de nécessaire pour réussir à long terme, a indiqué M. Agre. Il a ajouté que les remarques de M. Obama étaient « une source d'inspiration fondée sur la réalité ».

Les fonds gouvernementaux sont essentiels à la recherche scientifique de base étant donné qu'il faut un an, une décennie ou plus avant que les programmes de développement dans les domaines de la physique, de la chimie et de la biologie ne mènent à des résultats, a dit M. Obama. « Les bénéfices sont souvent partagés par un grand nombre de gens, ceux qui ont épaulé le fardeau pour y arriver et ceux qui n'y ont pas contribué. »

  

« C'est pourquoi le secteur privé investit moins dans la recherche scientifique - et c'est pourquoi le secteur public doit faire lui-même ces investissements. Parce que les risques peuvent être importants, les rendements peuvent l'être aussi pour notre économie et notre société. » M. Obama a mentionné les panneaux solaires et la tomographie axiale calculée aux rayons X comme étant des exemples de techniques créées par la recherche fondamentale dans le domaine de la physique. « Les formules mathématiques qu'utilisent les satellites GPS sont fondées sur les équations qu'Einstein a formulées il y a plus d'un siècle. »

  

M. Obama a souligné qu'un grand nombre des défis que la science et la technologie aideront à relever sont d'une envergure internationale, et qu'il sera donc nécessaire que les scientifiques américains œuvrent de concert avec leurs collègues dans d'autres pays du monde.

« La science, la technologie et l'innovation avancent plus rapidement et de manière plus rentable quand les découvertes, les coûts et les risques sont partagés », a précisé M. Obama. « C'est pourquoi mon gouvernement invite la participation à ses travaux, notre engagement étant en faveur d'une coopération scientifique et technologique internationale dans les divers domaines où il est dans notre intérêt de le faire. »

  

L'invitation du gouvernement américain aux dirigeants des principales économies mondiales d'œuvrer pour relever les défis communs dans le secteur de l'énergie est un exemple de cet engagement.

Le président souhaite également « faire participer directement les scientifiques à la mise au point de politiques publiques ». Dans le cadre de cette initiative, M. Obama a nommé les nouveaux membres du Conseil présidentiel sur la science et la technologie (PCAST), un groupe de principaux chercheurs et ingénieurs qui conseille le gouvernement dans les domaines où il lui est important de se familiariser avec des questions de science, de technologie et d'innovation pour mieux formuler sa politique.

« Ce conseil représente les grandes personnalités dans de nombreuses disciplines scientifiques qui apporteront leurs diverses connaissances et opinions », a indiqué M. Obama. « Je demanderai au PCAST de me conseiller au sujet des stratégies nationales permettant de cultiver et de maintenir un climat scientifique favorable à l'innovation. »

  

Les nouveaux membres du PCAST sont « certains des meilleurs scientifiques du pays », a souligné M. Agre ; y figurent parmi eux des présidents d'université et des lauréats du prix Nobel.

« L'époque où la science était reléguée au deuxième rang, avec l'idéologie au premier, est terminée », a affirmé M. Obama. « Notre progrès en tant que nation et nos valeurs en tant que nation se fondent sur la recherche libre et ouverte. Saper l'intégrité scientifique serait saper notre démocratie. »

  

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