Innovation | Les idées au service de l'humanité

15 octobre 2008

Remise de la Médaille nationale de la science aux États-Unis

Un Américain d'origine égyptienne compte cette année parmi les lauréats.

 
Mostafa El-Sayed accepte la Médaille nationale de la science 2007
Le président Bush remet la Médaille nationale de la science 2007 à M. Mostafa El-Sayed.

Washington - Le chimiste Mostafa El-Sayed, professeur de la faculté de chimie et directeur du Laser Dynamics Laboratory de l'Institut de technologie de Géorgie à Atlanta, a reçu la Médaille nationale de la science, le prix le plus prestigieux décerné dans ce domaine aux États-Unis, pour ses travaux sur la nanomatière.

Lors d'une cérémonie organisée à la Maison-Blanche le 29 septembre, M. El-Sayed a déclaré : « J'ai de la chance de faire de la science en Amérique. Il y a tant de scientifiques excellents dans tout le pays. » M. El-Sayed est également connu pour sa collaboration avec des scientifiques en Égypte.

Né et élevé en Égypte, M. El-Sayed a fait sa licence à l'université Ain Shams du Caire. Il est venu aux États-Unis pour faire des études de troisième cycle et a ensuite enseigné à l'Université de Californie à Los Angeles.

« Nous sommes fiers d'honorer une nouvelle génération de chercheurs qui tendent vers l'excellence et dont les découvertes ont changé l'Amérique et le monde », a dit le président Bush durant la cérémonie. « C'est un jour capital pour notre pays, parce que cela rappelle au peuple que l'innovation et la science sont importantes pour notre avenir, et qu'une bonne éducation est également importante pour l'avenir. »

Le Congrès a établi la Médaille nationale de la Science en 1959. Elle est décernée chaque année par le président en reconnaissance de contributions extraordinaires dans les domaines scientifiques de la physique, de la biologie et de l'ingénierie. M. El-Sayed est l'un des huit lauréats de cette année.

Un pionnier dans le domaine de la nanotechnologie

La nanotechnologie vise à exploiter les propriétés uniques et parfois surprenantes de diverses matières à l'échelle nanométrique, qui mesure des objets mille fois plus petits qu'un cheveu humain. À cette échelle, des objets solides peuvent devenir liquides, des matières opaques peuvent devenir transparentes et des isolants peuvent conduire l'électricité.

À l'échelle nanométrique, le platine devient un meilleur catalyseur (à savoir un matériau qui accélère les réactions chimiques sans être consommé). M. El-Sayed a réussi à démontrer que la forme d'une nanoparticule avait également une influence sur la catalyse.

Or la production de nombreux produits chimiques repose sur la catalyse. Ainsi, l'exploitation de la forme des nanoparticules pour obtenir des catalyses plus efficaces pourrait améliorer les rendements industriels. Cela aurait pour effet de diminuer les coûts et de faciliter la production de nombreux produits.

En 1996, M. El-Sayed et ses collègues ont mis au point une méthode de fabrication de nanoparticules de platine de diverses formes et ont ensuite démontré que cette forme (cubique ou pyramidale) avait une influence sur leur propriété de catalyseur.

Cette méthode a ensuite été appliquée à d'autres métaux, ce qui a permis aux scientifiques d'étudier comment la forme des nanoparticules modifiait les propriétés chimiques et électriques de diverses nanomatières. Les scientifiques ont depuis créé des nanoparticules métalliques de formes variées : nanosphères, nanotubes et nanorice (particules ayant la forme d'un grain de riz).

En 2007, le marché mondial de la nanotechnologie avait une valeur de 11,6 milliards de dollars et on estime qu'il atteindra les 12,7 milliards de dollars d'ici à la fin de 2008. En 2007, les nanomatières ont représenté 87 % du marché total de la nanotechnologie.

Promotion des relations américano-égyptiennes

M. El-Sayed a pris sous son aile plus de 100 étudiants et boursiers de troisième cycle. L'une de ses anciennes étudiantes, Mona Mohamed, est retournée en Égypte, où elle dirige un laboratoire au National Institute of Laser Enhanced Sciences de l'université du Caire. Elle a aujourd'hui elle-même plusieurs étudiants et est une source de réactifs nanotechnologiques pour ses collègues de la région, a expliqué M. El-Sayed lors d'un entretien accordé à America.gov.

La Fondation nationale des sciences (NSF) finance la collaboration de M. El-Sayed avec des scientifiques en Égypte. Chaque année, il emmène près de 20 professeurs américains de nanotechnologie en Égypte aux fins de participation à une conférence de quatre ou cinq jours avec des homologues égyptiens.

M. El-Sayed a affirmé que la collaboration scientifique des États-Unis avec d'autres pays était une force positive. Il espère renforcer les relations entre scientifiques américains et égyptiens, et souhaite que ce programme de la NSF continue.

Les autres lauréats de la Médaille nationale de la science pour 2007 sont : Robert Lefkowitz et Bert O'Malley, biologie ; Leonard Kleinrock et Andrew Viterbi, ingénierie ; et Fay Ajzenberg-Selove, Charles Slichter et David Wineland, physique.

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?