09 septembre 2009
L'Association du barreau américain leur a décerné son prix de la primauté du droit.

L'article ci-après a été rédigé et publié par l'Initiative Primauté du droit de l'Association du barreau américain. Pour toute information complémentaire à ce sujet, consultez : www.abarol.org
Août 2009
L'ABA ROLI décerne aux Avocats du Zimbabwé pour les droits de l'homme son prix 2009 de la Primauté du droit
L'Initiative Primauté du droit de l'Association du barreau américain (ABA ROLI de son sigle anglais) a reconnu l'œuvre de l'Association des Avocats du Zimbabwé pour les droits de l'homme (ZLHR) en lui décernant son prix 2009 de la Primauté du droit. Mme Irène Petras, directrice de la ZLHR, a accepté au nom de tous les avocats ce prix qui lui a été remis par le président de l'ABA, Thomas Wells, lors d'une cérémonie à Chicago. Ce prix vise à reconnaître les travaux de la ZLHR visant à faire respecter la primauté du droit et à défendre les droits de l'homme de tous les citoyens zimbabwéens.
Dans ses propos d'ouverture de la cérémonie, le président du conseil de l'Initiative Primauté du droit de l'Association du barreau américain, William Taft, a déclaré que l'ABA ROLI tentait chaque année « de trouver de par le monde la personne, le groupe ou l'organisation dont l'œuvre représente nos valeurs, qui a agi avec courage pour les faire respecter, et à laquelle nous décernons alors notre prix Primauté du droit ».
Établie en 1996, la ZLHR est une organisation sans but lucratif de défense des droits de l'homme, qui vise, en œuvrant en faveur de la primauté du droit, à encourager et à susciter une culture solide de respect des droits fondamentaux à tous les niveaux de la société zimbabwéenne. Quatorze avocats travaillent à plein temps pour la ZLHR qui compte en tout 170 membres, dont 130 collègues agréés et 40 étudiants de droit de l'université du Zimbabwé.
Dans son discours, Mme Petras a déclaré pour sa part : « Les avocats qui défendent les droits de l'homme au Zimbabwé ont énormément contribué et contribuent encore à la lutte en faveur de la démocratisation et du respect de la primauté du droit dans notre pays. » Ces avocats ont décidé de mener cette lutte « alors qu'ils auraient pu quitter le pays pour des ciels plus cléments dès les premiers signes de danger ».
Mme Petras a expliqué les défis auxquels sont confrontés ces avocats et les risques qu'ils courent pour accomplir leur mission. « Certains ont fait l'objet de diffamation dans les médias que contrôle l'État, et d'attaques par la police lors de manifestations pacifiques organisées pour protester contre le harcèlement dont sont victimes les membres de leur profession. D'autres ont été enlevés de leurs bureaux par des milices de jeunes, battus et torturés sur les bases d'entraînement de ces derniers, pour ne refaire surface que contusionnés et blessés après avoir été retenus plusieurs jours en secret. » Et Mme Petras d'ajouter : « Ces avocats doivent faire face à des menaces proférées non seulement contre leur propre vie mais aussi contre leur famille et leurs collègues. »
Malgré l'espoir, né au moment de la formation du gouvernement d'union nationale au Zimbabwé, que la situation s'améliorerait, « la démocratisation demeure toujours un défi difficile à relever », a indiqué Mme Petras. Aucune loi restrictive n'a été révoquée ou modifiée tandis que les épreuves qu'endurent les défenseurs des droits de l'homme n'ont pas diminué.
Le chemin encore à parcourir est « long et difficile », mais la ZLHR continue d'œuvrer en faveur d'un réforme complète des lois, a dit Mme Petras. « Nous demeurons aussi décidés que jamais de nous assurer que le peuple zimbabwéen demeure au cœur de tous les processus de transition et de création d'institutions nationales et qu'il en soit le véritable bénéficiaire. »
Mme Petras a remercié l'Association du barreau américain et son Initiative Primauté du droit d'avoir reconnu les travaux de la ZLHR. « Nous sommes encouragés de savoir que nos efforts n'ont pas été vains, que vous les avez reconnus et que nos collègues se tiennent à nos côtés en cette période difficile pour la profession juridique au Zimbabwé. »
Plus de 350 personnes, dont la direction d'ABA et d'ABA ROLI, des invités de marque et des défenseurs de l'État de droit, étaient présentes à cette cérémonie de remise de prix accompagnée d'un déjeuner officiel.