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04 mai 2009

Les attaques contre les journalistes nuisent à l'ensemble de la société

Les défenseurs de la démocratie et des droits des médias s'expriment à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

 
Une pile de journaux
Selon le Comité pour la protection des journalistes, 41 journalistes ont été tués et 125 emprisonnés en 2008.

Washington - Quand des journalistes sont persécutés, emprisonnés ou tués, l'ensemble de la société en souffre, ont déclaré des défenseurs des droits des médias et de la démocratie à l'approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Les Nations unies ont voulu rappeler l'importance des médias en instaurant, en 1993, la Journée mondiale de la liberté de la presse, déclarant que le 3 mai serait chaque année l'occasion de rendre hommage aux journalistes tués ou emprisonnés. La journée a pour thème cette année la sécurité personnelle des journalistes.

La secrétaire d'État adjointe par intérim pour la démocratie, les droits de l'homme et le travail, Karen Stewart, a dit à America.gov que « ceux qui attaquent les journalistes attaquent un droit fondamental des sociétés libres », à savoir, le droit des citoyens à avoir un accès libre et ouvert à l'information.

« Et sans ces libertés, vous ne pouvez pas avoir de démocratie », a déclaré Mme Stewart le 27 avril. C'est ainsi qu'au Belarus, où elle avait été ambassadrice des États-Unis, « la chancellerie américaine avait beaucoup appuyé les journalistes qui exerçaient leur profession dans des circonstances très difficiles et répressives, en mettant à leur disposition des programmes de formation dans le domaine juridique et en finançant des radiodiffusions à l'étranger ».

Des médias indépendants servent à rendre les gouvernements plus responsables envers la population et à fonctionner avec transparence - deux éléments tout aussi indispensables à la bonne économie d'un pays qu'à la démocratie, a affirmé Mme Stewart.

Selon le Comité pour la protection des journalistes, établi à New York, quelque 41 journalistes ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions en 2008, et 125 ont été emprisonnés. Une nouvelle tendance, selon la même organisation, est « l'arrestation des journalistes qui publient sur l'Internet - les blogueurs, reporters et rédacteurs en chef d'articles sur la Toile représentent à l'heure actuelle plus d'un tiers des journalistes détenus de par le monde ».

Dan Podesta est consultant principal et membre de la rédaction du Centre international de l'assistance aux médias (Center for International Media Assistance ou CIMA) qui relève de la Fondation nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy ou NED). Il a lui aussi souligné l'importance de la liberté journalistique.

Ancien journaliste et correspondant du quotidien Washington Post en Amérique du Sud, M. Podesta a dit que les Américains « doivent promouvoir les médias libres et indépendants dans le monde entier, et cela signifie protéger les journalistes, parce qu'il n'est pas possible d'avoir des démocraties solides sans eux - c'est aussi simple que cela ».

L'objectif principal du CIMA, a précisé M. Podesta, est « d'aider les journalistes dans le monde en développement en leur fournissant des informations, des réseaux de collègues et l'accès à la recherche qui prouvent le rôle important que les médias jouent dans l'enracinement des démocraties dans le monde ».

Une étude intitulée « Renforcer les médias indépendants » menée en 2008 par le CIMA/NED a conclu que dans de nombreuses situations politiques « la violence contre les journalistes était un fait fréquent ».

Cette situation découle de plusieurs facteurs :

• les lois protégeant les médias sont souvent faibles et appliquées inégalement ;
• les gouvernements contrôlent et censurent les médias ;
• la coopération pour faciliter l'accès à l'information laisse à désirer ;
• trop peu d'avocats sont prêts à défendre ou à protéger les journalistes.

Le président de la NED, Carl Gershman, a dit : « Si les journalistes sont harcelés et même tués en toute impunité, alors rien de ce que nous faisons, en tant qu'organisations non gouvernementales, pour améliorer leur professionnalisme ne pourra jamais assurer l'existence d'une presse libre. »

Les dangers qui menacent la presse, notamment les journalistes d'enquête, sont « plus graves que jamais, surtout en Somalie, en Irak et en Russie », a souligné M. Gershman. « Nous traversons une période difficile avec beaucoup de répression de la part de gouvernements qui luttent contre ce qu'ils considèrent comme des actes menaçants de la part des médias indépendants. »

Afin de concrétiser leur appui unanime à la liberté de la presse dans le monde, des parlementaires américains - tant démocrates que républicains - ont créé en mai 2006 le Groupe parlementaire pour la liberté de la presse. Il est coprésidé par le sénateur républicain de l'Indiana Richard Lugar, le sénateur démocrate du Connecticut Chris Dodd, le représentant démocrate de la Californie Adam Schiff et le représentant républicain de l'Indiana Mike Pence.

Dans un communiqué de presse, M. Dodd a déclaré : « Les journalistes et les représentants de la presse sont sur les lignes de front de la liberté d'information. Quand ils sont attaqués ou intimidés, ils ne sont pas les seules victimes car la démocratie est elle aussi victime. »

 

M. Schiff a affirmé : « Quand il n'y a pas de liberté de presse, il n'y a aucune liberté. » Et d'ajouter : « Les journalistes ne devraient pas avoir à travailler tout en ayant peur d'être jetés en prison par les autorités et en craignant pour leur sécurité personnelle ou celle de leurs familles, simplement parce qu'ils souhaitent exercer leur profession. » (Voir aussi : De plus en plus de journalistes sont emprisonnés ou tués).

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