16 juin 2009
Les États-Unis saluent le courage de Vera Lesko et de George Vanikiotis.

Washington - En s'engageant dans la lutte contre la traite des personnes en Albanie, Vera Lesko savait très bien qu'elle mettait en danger sa vie et celle de sa famille.
Depuis qu'elle a entrepris ce combat en 1997, Mme Lesko a reçu non seulement des menaces, mais aussi plusieurs bastonnades publiques. Sa famille a aussi souffert de ses initiatives. En effet, des menaces proférées contre sa fille ont conduit Mme Lesko à envoyer celle-ci vivre avec des parents en Italie. Mais malgré les dangers, Mme Lesko continue la lutte.
La traite des personnes est devenue depuis plusieurs années un problème majeur en Albanie qui est le pays natal d'un grand nombre de ses victimes et aussi un point de transit.
En 1999, Mme Lesko a ouvert le Foyer psycho-social Hearth, le premier centre du pays dont l'objectif est d'aider les victimes de la traite des personnes. Deux ans plus tard, l'organisation de Mme Lesko a ouvert le premier refuge d'Albanie pour les femmes et les filles prises dans l'engrenage de cette traite. Non seulement ce foyer offre-t-il aux victimes un abri sûr loin des passeurs, mais aussi des services de conseil juridique et psychologique, de la formation, de l'assistance dans l'emploi et des services de médiation familiale.
Selon les estimations de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), les efforts comme ceux de Mme Lesko et de son organisation ont permis de secourir plus de 1.600 filles et femmes.

En juillet 2008, le gouvernement albanais a approuvé un plan visant à endiguer la traite des personnes. Les pouvoirs publics ont également fait des progrès considérables au cours de l'année écoulée pour mieux reconnaître les victimes de cette traite, tout en augmentant le nombre des enquêtes et des poursuites judiciaires. Malgré cela, le fléau de la traite des personnes sévit toujours en Albanie et dans les pays voisins, notamment en Grèce.
Un agent de la police grecque lutte contre la traite des personnes dans son pays
Le commandant de la brigade anticriminelle d'Attique (Grèce), M. George Vanikiotis, a centré sa carrière sur la lutte contre l'esclavage. M. Vanikiotis non seulement œuvre pour démanteler les réseaux urbains impliqués dans la traite des personnes, mais il enseigne ses méthodes de lutte à d'autres spécialistes. Participent à ses cours de formation des élèves de l'école de police, des procureurs, des membres de la profession médicale et des inspecteurs du travail de tout le pays.
M. Vanikiotis a également cherché à sensibiliser la population grâce à des conférences organisées dans des établissements d'enseignement secondaire et supérieur. Ses activités atteignent actuellement une dimension internationale car il s'est spécialisé dans les réseaux urbains ainsi que dans l'exploitation dans le secteur du travail et dans la coopération policière internationale.
Hommage international
Cette année, le département d'État rend hommage à Mme Lesko et à M. Vanikiotis pour les efforts considérables qu'ils ont déployés dans la lutte contre la traite des personnes. Depuis 2001, le département d'État publie son Rapport annuel sur la traite des personnes afin de faire le bilan des efforts déployés par les gouvernements du monde pour lutter contre celle-ci. Si de nombreux pays ont pris des mesures énergiques, cette forme moderne d'esclavage continue de sévir dans le monde et de détruire la vie de millions de personnes.
Outre les initiatives prises par les gouvernement, le rapport salue « les héros qui agissent pour mettre fin à l'esclavage des temps modernes ». Mme Lesko et M. Vanikiotis sont deux de ces héros. On estime que 800.000 hommes, femmes et enfants traversent les frontières internationales chaque année dans le cadre d'une traite illicite. Des millions d'autres en sont victimes dans leur propre pays.