12 août 2009
Service d'information du département d'État
La secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, a fait, le 11 août, une visite sans précédent à Goma, ville située dans l'est de la République démocratique du Congo. C'est là, dans cette province du Kivu ravagée par la guerre et où aucun secrétaire d'État américain ne s'était rendu auparavant, que Mme Clinton a annoncé que les États-Unis consacreraient 17 millions de dollars à l'aide aux victimes de viol et à la prévention de la violence sexuelle dans cette région.
Après s'être entretenue individuellement avec deux victimes, Mme Clinton a participé à une table ronde avec des membres du personnel de santé, des militants en faveur de l'aide médicale et d'autres Congolais établis dans des camps après avoir fui les combats qui font rage depuis si longtemps en RDC. La secrétaire d'Etat s'est déclarée bouleversée par la détresse qu'elle avait observée dans ces lieux, et a condamné vigoureusement le recours au viol en tant qu'arme de guerre.
Les États-Unis condamnent ces actes odieux ainsi que leurs auteurs et considèrent le recours systématique au viol comme un crime contre l'humanité. a-t-elle affirmé. Plus de 5 millions d'êtres humains ont été tués depuis le début de la guerre civile au Congo vers le milieu des années 1990; ce conflit demeure l'un des plus longs et des plus sanglants de l'histoire de l'Afrique subsaharienne. Rien qu'en 2009, on a dénombré officiellement près de 5.000 viols dans le Kivu, cependant leur nombre véritable est sans doute beaucoup plus élevé. On accuse surtout les soldats congolais, mal entraînés, mal payés, d'être les principaux auteurs de ces actes criminels, mais également de hauts fonctionnaires congolais et des membres de la force onusienne de maintien de la paix en DRC.
L'un des premiers donateurs mondiaux d'aide humanitaire au Congo, les États-Unis emploieront les 17 millions de dollars à assurer l'octroi de soins médicaux, d'une aide psychologique, d'une assistance économique et de conseils juridiques à quelque 10.000 femmes. Une partie de ces fonds ira également à la formation de spécialistes des opérations chirurgicales complexes dont ont parfois besoin les victimes de viol. Par ailleurs, 3 millions de dollars supplémentaires serviront à recruter et à former des agents de police, en particulier de sexe féminin, et à enquêter sur les actes de violence sexuelle. Les États-Unis enverront enfin en DRC des équipes de spécialistes civils, médicaux et techniques chargés de venir en aide aux victimes de violence sexuelle.
Mme Clinton a indiqué que lors de son entretien à Goma avec le président de la DRC, M. Joseph Kabila, elle a eu avec lui une discussion très franche sur la violence sexuelle et a exhorté les autorités congolaises à poursuivre et à punir tous les auteurs de ces crimes.
En effet, quelle que soit l'aide apportée par les États-Unis, il appartient en fin de compte aux Congolais d'exiger et d'opérer les changements qui s'imposent afin d'améliorer cette situation, a dit la secrétaire d'Etat. Celle-ci a terminé son propos par un proverbe congolais selon lequel « la nuit a beau être longue, le jour finira bien par se lever », reflétant le courage et l'espoir qu'elle avait discernés chez les habitants de Goma, mais aussi l'engagement durable des États-Unis à faire tout leur possible pour aider la DRC, en coopération avec le gouvernement, le secteur privé et la société civile de ce pays.