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04 août 2009

Les conflits en Afrique exacerbent les atrocités perpétrées contre les femmes

La violence contre celles-ci est un problème à grande échelle.

 
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Manifestation contre la violence au Nord-Kivu en RDC.
Des femmes congolaises se manifestent contre la violence meurtrière issue du conflit dans la région du Nord-Kivu le 14 novembre 2008.

Washington - En entamant le 3 août son voyage en Afrique, la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton mettra l'accent sur le problème très répandu de la violence contre les femmes.

Lors de sa tournée sur le continent, Mme Clinton se rendra dans sept pays, notamment en République démocratique du Congo (RDC) où d'horribles actes de violence ont été perpétrés contre les femmes. Elle sera accompagnée de Melanne Verveer, qui est la première diplomate nommée ambassadrice itinérante des États-Unis pour les questions relatives aux femmes dans le monde, ayant œuvré depuis longtemps pour défendre les droits de celles-ci et les droits fondamentaux en général.

En RDC, les combats qui perdurent entre les différentes factions ont assujetti les femmes à des actes d'une sauvagerie sans précédent. Quelque 1.100 viols sont signalés chaque mois ; chaque jour, en moyenne 36 femmes et filles sont victimes de viols au cours desquels elles sont souvent mutilées, a indiqué Mme Verveer.

« Les victimes de ces crimes sont dépouillées de toute leur humanité », a déclaré Mme Verveer lors d'une récente déposition au Sénat à Washington. « Pour les auteurs de ces crimes, elles ne représentent qu'un instrument de leur stratégie de guerre - une guerre que les femmes ne mènent pas et dans lesquelles elles ne jouent aucun rôle militaire de leur gré. »

Un problème à grande échelle

Selon l'Organisation mondiale de la santé, une femme sur trois sera victime de violences au cours de sa vie de par le monde. Dans certains pays, ce taux peut atteindre 70 %.

La violence contre les femmes revêt divers aspects : actes violents au foyer, abus sexuels, mutilation et meurtre. Environ 5.000 femmes, selon l'OMS, sont tuées chaque année par des proches au nom de « l'honneur ».

Les Nations unies définissent la violence contre les femmes comme « tout acte de violence perpétré en raison du sexe de la victime et qui entraîne - ou entraînera vraisemblablement - des séquelles physiques, sexuelles ou psychologiques et des souffrances ». La Déclaration universelle des droits de l'homme affirme que les femmes et les hommes ont un droit égal à « la sécurité de leur personne » et que nul ne devrait être soumis à « un traitement inhumain ou dégradant ».

Alors pourquoi la moitié de l'humanité vit-elle dans la crainte de ce genre de traitement ?

Selon une étude menée par les Nations unies, « les raisons profondes de la violence à l′égard des femmes résident dans l′inégalité historique de pouvoir dans les relations entre les hommes et les femmes à la fois au foyer et dans la vie publique. L'inégalité de pouvoir dans les sociétés patriarcales, la discrimination persistante à l'égard des femmes et les inégalités économiques contribuent à priver les femmes de leurs droits fondamentaux et à faire perpétuer la violence », indique cette étude.

L'importance d'une politique déterminée contre ce problème

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Des femmes libériennes chantent dans un centre pour les femmes traumatisées à Monrovia.
Une libérienne chante dans un centre pour les femmes traumatisées par la guerre à Monrovia (Libéria) le 8 août 2003.

Pour contribuer à mettre fin à la violence contre les femmes à la fois aux États-Unis et de par le monde, le gouvernement Obama a adopté plusieurs mesures contre ce problème récalcitrant.

La Maison-Blanche sous M. Obama a créé un nouveau poste : celui de conseiller en matière de violence contre les femmes, chargé de présenter au président et au vice-président des recommandations sur les dossiers de la violence au foyer et des attaques sexuelles aux États-Unis. En juin, le vice-président Joe Biden, l'auteur d'une loi qui fait date sur la violence contre les femmes, a annoncé la nomination à ce poste de Lynn Rosenthal, éminente experte sur les questions de violence contre les femmes aux États-Unis.

Le président Obama a également créé au département d'État le poste d'ambassadrice itinérante des États-Unis pour les questions relatives aux femmes dans le monde qui est actuellement occupé par Mme Verveer ; sa tâche consiste à mobiliser un appui concret aux droits des femmes, à renforcer leur rôle politique et économique dans la société et à combattre toute forme de violence contre les femmes et les filles.

Et Mme Hillary Clinton - qui est la troisième femme à occuper le poste de chef de la diplomatie américaine - défend depuis longtemps le respect des femmes et leur entière participation à la vie économique, politique et sociale. Son discours prononcé à Pékin en 1995, dans lequel elle avait déclaré que « les droits de la personne humaine étaient les droits des femmes et que les droits des femmes étaient les droits de la personne humaine », a été une inspiration pour les femmes du monde entier.

Mettre fin à la culture d'impunité

Lors de la visite qu'il a rendue au Ghana en juillet, le président Obama a condamné la violence perpétrée contre les femmes en Afrique, notamment au Soudan et en République démocratique du Congo.

« Nous devons nous élever contre l'inhumanité parmi nous », a-t-il déclaré au parlement ghanéen le 11 juillet. « C'est une marque suprême de criminalité et de lâcheté que de condamner des femmes à l'ignominie continuelle et systémique du viol. Nous devons rendre témoignage de la valeur de chaque enfant au Darfour et de la dignité de chaque femme au Congo. Aucune religion, aucune culture ne doit excuser les atrocités qui leur sont infligées. »

Dans sa présentation de mai au Sénat américain, Mme Verveer a dit que le viol avait été banalisé et accepté comme un fait de routine. Elle a donné la RDC en exemple où, sur les plus de 1.400 cas de viols signalés aux dispensaires de province entre 2005 et 2007, 287 seulement ont fait l'objet de poursuites judiciaires.

« Il faut mettre fin à la culture d'impunité », a souligné Mme Verveer.

L'appui des États-Unis aux victimes

Le département d'État œuvre de concert avec des organisations non gouvernementales (ONG) en Afrique et finance des programmes qui ciblent particulièrement la prévention de la violence contre les femmes et la protection des réfugiés. En 2008, il a fourni plus de six millions de dollars à des programmes visant à promouvoir l'intérêt porté au problème de la violence contre les femmes et à sa prévention en Afrique et dans le reste du monde ; plus de deux millions de dollars ont aussi été alloués à dix centres pour femmes au Darfour afin que les victimes de cette violence puissent recevoir des soins psychologiques et être mises en contact avec du personnel médical.

En décembre 2008, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a signé un contrat de coopération de cinq millions de dollars sur trois ans avec l'ONG Cooperazione Internazionale pour aider les femmes victimes de la violence en RDC.

Les États-Unis ont parrainé à l'ONU des résolutions qui encouragent les membres des Nations unies à lutter avec plus de dynamisme contre la violence qui cible les femmes en punissant les coupables, en aidant les victimes et en travaillant à prévenir ces actes déplorables.

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