22 mai 2008
« One Woman Initiative » vise à changer le monde, une femme à la fois.

Washington - Un nouveau programme unique de financement privé et public vise à améliorer les conditions de vie à travers le monde, une femme à la fois.
La secrétaire d'État, Mme Condoleeza Rice, vient de lancer la One Woman Initiative (Initiative féminine individuelle), qui ciblera exclusivement les femmes musulmanes de quelque 40 pays. « Un fonds d'autonomisation féminine » de 100 millions de dollars - 65 millions en provenance du gouvernement américain et le reste d'entreprises et de fondations privées - appuiera des programmes tels que la formation en gestion et en direction, ainsi qu'un meilleur accès à la justice.
Lors de la présentation du programme au département d'État, le 12 mai, Mme Rice à déclaré à l'assistance que « à notre époque, où les femmes avancent comme jamais auparavant, nous devons faire une pause et diriger nos efforts envers celles qui ont été laissées pour compte ».
Inspirée par Benazir Bhutto
L'initiative s'inspire de Benazir Bhutto, l'ancienne première ministre du Pakistan, assassinée le 27 décembre 2007 au cours de sa campagne électorale pour se faire réélire après huit ans d'exil.
La mort de ce leader féminin musulman modéré a été l'inspiration pour « aider à encadrer d'autres femmes susceptibles de devenir des forces de modération et d'un changement pacifique, » a déclaré Mme Rice.
L'ambassadrice Shirin Tahir-Kheli, conseillère principale de Mme Rice pour l'autonomisation de la femme, a déclaré à America.gov que le département d'État avait été contacté par un grand nombre de personnes qui estimaient que la mort tragique de Mme Bhutto était l'occasion « de renflouer les femmes dans le monde arabe. »
Mme Tahir-Kheli a déclaré que la One Woman Initiative était unique en son genre du fait qu'elle allait rehausser les programmes dont le financement était en cours et aider d'autres programmes qui autrement n'auraient pas été financés.
Les conditions qui régissent l'allocation de fonds publics « sont extrêmement lourdes », a déclaré l'ambassadrice. « Ce qui fait que les petites organisations non gouvernementales, les petits projets féminins qui sont très prometteurs n'ont souvent pas les moyens de même faire une demande de financement. »
Par contre, la One Woman Initiative, elle-même une organisation sans but lucratif, aura la possibilité de toucher des personnes individuelles et des petits programmes à travers ses fonds du secteur privé, a-t-elle déclaré.
« Ce qui est exaltant », a déclaré Mme Tahir-Kheli à America.gov, c'est que « c'est la première initiative du secteur privé et public aux États-Unis qui cible trois domaines : la justice, le progrès et la direction ».
Le financement du gouvernement sera supervisé par Mme Henrietta Fore, administratrice et directrice de l'aide étrangère de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).
La composante du secteur privé sera présidée par Mme Carly Fiorina, présidente et directrice générale de Carly Fiorina Enterprises qui finance des programmes de développement économique et d'autonomisation à la base dans le monde entier.
Mme Sheila Johnson, philanthrope, femme d'affaires et cofondatrice de Black Entertainment Televison (BET) ; Pat Mitchell, président du Paley Center for Media et Farooq Kathwari, directeur général de Ethan Allen Interiors, seront les collaborateurs de Mme Fiorina.
Au cours d'une interview accordée le 12 mai, lors de l'émission du matin de la chaîne de télévision CBS, Mme Rice a déclaré que le traitement des femmes était « l'indice qui permettait de mesurer nos progrès sur le plan de la promotion du respect et de la dignité de l'être humain ».
Ce programme est « une initiative pour reconnaître ce qui peut être accompli en autonomisant les femmes… en autonomisant une femme, celle-ci pourra autonomiser un village. Ce village pourra à son tour autonomiser une ville et, à terme, toute une société, » a déclaré Mme Rice.