Droits de l'homme | La défense de la dignité humaine

24 juin 2008

La protection des réfugiés constitue une question prioritaire pour les États-Unis

La célébration de la Journée mondiale du réfugié

 
Des réfugiés cachemiriens
Des réfugiés de la région du Cachemire dans un camp aux alentours de Jammu (Inde).

Washington - Des millions de réfugiés ont un besoin urgent de protection, et c'est pourquoi le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a décidé de choisir la protection comme thème de la Journée mondiale du réfugié, qui a eu lieu le 20 juin.

Selon des estimations de cet organisme pour 2007, on compte 21 millions de réfugiés dans le monde. Ce nombre comprend les personnes qui ont dû quitter leur pays et celles qui ont dû abandonner leurs foyers mais qui sont restées dans leur pays. La plupart se trouvent en Asie, où l'on recense 8 millions de personnes déplacées, et en Afrique, où l'on en compte quelque 5 millions.

Cette année, les États-Unis, qui sont le pays dont l'aide aux réfugiés est la plus importante, ont célébré cette journée en particulier à Washington et à Chicago.

Les nouveaux problèmes des réfugiés

Selon un haut responsable de la direction de la population, des réfugiés et des migrations du département d'État, M. Samuel Witten, les réfugiés ont besoin de nouvelles formes de protection du fait de la diversité des problèmes auxquels ils se heurtent.

Lors du discours qu'il a prononcé à Washington, M. Witten a fait état des formes habituelles de protection des réfugiés qui sont nécessaires, notamment contre les intempéries, la maladie, les personnes qui les ont chassés de leurs foyers et le recrutement de guérilléros.

« Peut-être la catégorie la plus facile à négliger, et aussi la plus regrettable, a trait à la protection dont parfois les réfugiés ont besoin contre d'autres réfugiés. Au cours des dix dernières années, on a finalement pris en considération la violence dont les femmes font l'objet dans les camps de réfugiés », a-t-il dit en faisant l'éloge de l'action de militants visant à assurer une meilleure sécurité pour les femmes dans les camps.

La protection juridique des réfugiés est aussi parfois négligée, a-t-il ajouté. « Dans certains pays, les réfugiés ne peuvent pas travailler ou devenir propriétaires des terres qu'ils cultivent. Plusieurs pays interdisent aux réfugiés d'envoyer leurs enfants dans les écoles locales et condamnent donc ceux-ci à vivre dans l'isolement. »

« Un nouveau fait inquiétant » a trait à la nécessité de devoir protéger le personnel des organismes humanitaires qui fournissent une aide aux réfugiés. Au cours des douze derniers mois, des représentants du HCR et du Programme alimentaire mondial ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions. « Les groupements terroristes ou les factions en guerre ne considèrent plus toujours le personnel des organismes humanitaires comme étant neutre. »

Des réfugiés afghans
Des réfugiés afghans dans un camp au Pakistan attendent de pouvoir rentrer chez eux.

L'apparition de tensions dans les villes accueillant des réfugiés

Alors que le monde s'urbanise de plus en plus, les réfugiés ne sont plus toujours installés dans des camps lointains, mais dans les villes des pays d'accueil, a fait remarquer M. Witten. C'est ainsi qu'on trouve maintenant des Irakiens déplacés dans des quartiers de Damas (Syrie), d'Amman (Jordanie) et d'autres villes du Moyen-Orient.

L'installation des réfugiés dans les villes permet d'éviter d'avoir à créer des réseaux d'alimentation en eau et d'autres formes d'infrastructure, mais elle crée aussi des problèmes. « Les réfugiés, a indiqué M. Witten, sont plus en contact avec la population locale, qui estime souvent que ceux-ci prennent ses emplois. On vient d'observer récemment des incidents violents de ce genre en Afrique du Sud, où des Mozambicains et des Zimbabwéens pauvres ont été attaqués par des Sud-Africains pauvres qui s'estimaient menacés.

« Comment la communauté internationale va-t-elle atténuer ce genre de tension, qui est aggravée par le fait que les réfugiés ont recours aux mêmes écoles, aux mêmes services publics et aux mêmes centres médicaux que la population locale ? »

Le rôle des États-Unis dans l'aide aux réfugiés

Le budget annuel des États-Unis pour l'aide aux réfugiés atteint près de 1 milliard de dollars, ce qui fait de ce pays le premier donateur mondial dans ce domaine. La plupart de ces crédits budgétaires vont au HCR, dont 22 % du financement sont assurés par les États-Unis, et à d'autres organisations internationales.

En présidant la célébration de la Journée mondiale du réfugié à la Maison-Blanche, l'épouse du président Bush, Mme Laura Bush, a indiqué que le président avait promulgué une loi qui prévoyait 32,8 millions de dollars au titre de l'aide d'urgence destinée aux victimes de conflits à travers le monde.

« Au cours des trente dernières années, a-t-elle dit, les États-Unis ont admis sur leur territoire quelque 2,7 millions de réfugiés. Cette année, nous accueillerons près de 70.000 hommes, femmes et enfants déplacés. »

Bien que les États-Unis accueillent, tous les ans, plus de réfugiés que tout autre pays, la réinstallation ou l'intégration dans un nouveau pays ne constitue pas une solution idéale pour de nombreuses personnes déplacées.

Selon un autre responsable du département d'État, M. Bill Fitzgerald, la recherche de solutions durables est à la base des programmes des États-Unis pour les réfugiés.

« L'aide aux réfugiés, a-t-il dit, ne constitue pas seulement une politique utile. C'est aussi une action avisée. Les États-Unis ont tout intérêt à ce que le monde soit stable (…) Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir affaire à des États mal gérés, éparpillés à travers le monde, prêts à aider des groupes qui nous veulent du mal. Nous sommes tous interdépendants. »

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