04 décembre 2008
eJournal USA : L'abolition des pires formes du travail des enfants

L'Organisation internationale du travail (OIT) estimait à 284.000 le nombre d'enfants qui travaillaient dans les exploitations de cacao et l'industrie de transformation de l'Afrique de l'Ouest au début de 2002.
L'OIT a constaté qu'un grand nombre d'enfants au travail provenaient de régions pauvres et qu'ils avaient été envoyés chez des cultivateurs de cacao par leurs parents, ces derniers croyant que leurs enfants trouveraient du travail et qu'ils leur enverraient de l'argent. Or une fois retirés de leur famille, les enfants étaient contraints de travailler dans des conditions d'esclavage et ils étaient régulièrement battus. À peine plus du tiers des enfants qui travaillaient dans des plantations de cacao allaient à l'école, et le tiers des travailleurs d'âge scolaire n'avaient jamais fréquenté l'école.
Ces enfants travaillaient souvent plus de 12 heures par jour. La majorité d'entre eux se servaient de machettes pour défricher les plantations et d'autres outils dangereux pour ouvrir les cabosses. Plus de la moitié procédaient à l'épandage d'insecticides sans matériel de protection. Quelque 64 % avaient moins de 14 ans, et 40 % étaient des filles.
En 2002, sous les auspices de l'OIT, un nouveau partenariat international entre le secteur public et le secteur privé a vu le jour, sous le nom anglais de l'« International Cocoa Initiative » (ICI). Cet organisme comprend des représentants de l'industrie du cacao, des syndicats, des organismes de défense des consommateurs et des organisations non gouvernementales. En collaboration avec l'OIT et avec les États producteurs, il s'emploie à encourager les mesures visant à supprimer les pires formes de travail des enfants dans la production du cacao et dans sa transformation.
Pour sa part, l'OIT a entrepris l'exécution d'un programme d'action destiné à éliminer le recours à la main-d'œuvre enfantine dans la production de cacao dans les pays directement concernés, notamment les pays producteurs du Cameroun, de la Côte-d'Ivoire, du Ghana et du Nigeria.
Connu sous le nom de Programme ouest-africain pour lutter contre le travail dangereux et l'exploitation des enfants par le travail dans le secteur du cacao et de l'agriculture commerciale (WACAP), ce programme triennal a reçu plus de 5 millions de dollars du ministère du travail des États-Unis ainsi que 1 million de dollars de fabricants de chocolat.
Il s'emploie à sensibiliser les familles et les collectivités au problème que pose le travail des enfants dans ce secteur, à aider les producteurs, les inspecteurs et les travailleurs à se doter des moyens nécessaires pour faire face à ce fléau, à retirer les enfants du secteur commercial de l'agriculture quand ils font des travaux dangereux ou sous la contrainte et à faciliter leur scolarisation, à aider les familles à améliorer leur capacité d'entreprendre des activités génératrices de revenus ainsi qu'à assurer le suivi et la rétroaction.
En décembre 2004, le WACAP pouvait se targuer des résultats suivants :
• il a organisé des réunions et des ateliers de sensibilisation comportant du matériel de formation adapté au cas par cas et dont ont bénéficié plus de 25.000 personnes. À cet égard, il a coopéré avec le groupe « Sustainable Tree Crops Program » de l'Afrique de l'Ouest et avec d'autres organisations internationales ainsi qu'avec l'Agence américaine pour le développement international (USAID) ;
• il a identifié plus de 3.000 enfants de moins de 13 ans qui ont bénéficié d'une prise en charge psycho-sociale et qui ont été retirés des plantations. Le WACAP s'est fixé pour objectif d'atteindre 9 700 enfants d'ici à 2006 ;
• dans chaque pays producteur de cacao, il a coordonné l'établissement ou le renforcement de mécanismes visant à combattre le travail des enfants en coopération avec des organismes publics, des syndicats, des employeurs, la société civile et des institutions universitaires et de recherche.
Source : Organisation internationale du travail (IPEC)