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04 décembre 2008

Une charge trop lourde : le travail des enfants dans les mines et dans les carrières

eJournal USA : L'abolition des pires formes du travail des enfants

 

On estime à 1 million le nombre d'enfants qui travaillent dans de petites mines et carrières à travers le monde. Ces enfants font leur travail dans les pires conditions imaginables et courent de graves risques (blessures, maladies chroniques ou mort).

Dans les mines à ciel ouvert comme dans les mines souterraines, les enfants passent de longues heures à transporter de lourdes charges, à installer des explosifs, à tamiser du sable et de la terre, à se glisser dans des galeries étroites, à respirer des poussières nocives et à travailler dans l'eau, souvent en présence de substances dangereuses telles que le plomb et le mercure. Des enfants travaillent dans des mines de diamant, d'or et de métaux précieux en Afrique, dans des mines de pierres précieuses et des carrières en Asie, ainsi que dans des mines d'or, de charbon, d'émeraude et d'étain en Amérique du Sud.

Dans les carrières situées dans de nombreuses régions du monde, leur sécurité et leur santé sont particulièrement menacées quand ils participent aux opérations d'extraction et au transport de lourdes charges, quand ils respirent des poussières et des particules nocives et qu'ils utilisent des outils et du matériel de concassage dangereux.

Les projets pilotes de l'Organisation internationale du travail (OIT) montrent qu'il est possible de mettre un terme au travail des enfants en aidant les travailleurs des mines et des carrières à organiser des coopératives et autres unités de production, à améliorer la santé, la sécurité et la productivité des travailleurs adultes et à assurer des services essentiels tels qu'écoles, eau propre et assainissement.

Un village reculé du Pérou, Santa Filomena, qui a aboli en 2004 le travail des enfants dans ses petites mines d'or, en est un exemple. Il a fait partie du Programme international de l'OIT pour l'abolition du travail des enfants (IPEC) dans les mines d'Amérique du Sud, programme qui couvre la Bolivie, l'Equateur et le Pérou. On estime à 200.000 le nombre d'enfants de ces pays qui travaillent dans les mines.

Les mineurs de Santa Filomena ont créé une association de mineurs en vue d'améliorer leurs conditions de travail. L'IPEC les a d'abord aidés à installer un treuil électrique dans une mine pour hisser les minéraux dans le puits. Ce treuil a éliminé la nécessité d'utiliser des enfants pour amener à la surface de lourdes charges situées à 200 mètres de profondeur.

Grâce à cette association et à l'organisation non gouvernementale CooperAccion et avec l'aide des autorités péruviennes et du ministère du travail des États-Unis, l'IPEC a lancé en 2000 son projet d'abolition du travail des enfants dans les mines de Santa Filomena. Il s'est inspiré d'un modèle de l'OIT fondé sur une approche intégrée du développement durable dans les collectivités et les familles.

Le projet de Santa Filomena procure également de nouvelles sources de revenu. C'est ainsi qu'il a permis d'acheter des pétrins et des fours à pain pour un groupe local de femmes, d'apprendre à ses membres l'utilisation de cet équipement et de les aider à monter une boulangerie. Ces femmes font maintenant du pain tous les jours et améliorent ainsi le régime alimentaire de leur famille tout en augmentant leurs revenus, ce qui leur permet de moins compter sur l'argent que gagneraient leurs enfants s'ils travaillaient.

En outre, l'IPEC a organisé des activités de sensibilisation et d'information dans les écoles. Les élèves de l'enseignement primaire ont peint des tableaux illustrant le genre de travail qu'ils faisaient auparavant. Le projet a aussi financé une exposition de photographies illustrant le travail des enfants et les risques qu'ils couraient dans les mines. Ces initiatives avaient pour but se sensibiliser la population aux dangers du travail des enfants et à lui faire prendre conscience des avantages de la scolarisation.

Le renforcement des moyens d'action, l'amélioration de la protection sociale, l'offre de possibilités de travail rémunéré aux femmes pour que leurs enfants n'aient pas à travailler dans les mines, la sensibilisation de la population aux avantages sociaux et économiques et au coût du travail des enfants, ainsi que la mise en place de meilleurs services en matière d'alimentation et de santé, tout cela a permis à des centaines de garçons et de filles de quitter les mines de Santa Filomena.

L'objectif consistant à soustraire tous les enfants au travail dans les petites mines et carrières est réalisable. Le 12 juin 2005, la quatrième Journée mondiale contre le travail des enfants visera à trouver les moyens d'en faire une réalité.  Sources : Organisation internationale du travail et ministère du travail des États-Unis.

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