Élever le niveau de santé dans le monde

11 septembre 2009

Le président Obama exhorte le Congrès à adopter la réforme du système de santé

 
Le président Obama au Capitole le 9 septembre 2009.
Le président Obama a pronocé un discours sur la réforme du système de santé devant la Chambre des représentants le 9 septempbre 2009.

Washington - Le Congrès américain débat actuellement de projets de loi visant à apporter des réformes fondamentales au système de santé qui coûte au pays quelque 2,5 mille milliards de dollars par an - un défi de taille étant donné que les solutions proposées semblent parfois aller à l'encontre les unes des autres.

Dans un discours prononcé devant les deux chambres du Congrès réunies en session conjointe, le 9 septembre, le président Obama a instamment demandé aux députés et aux sénateurs d'abandonner les doutes et les informations erronées qui entachent le débat sur ladite réforme depuis quelques mois, et d'appuyer les plans qu'il a proposés à cette fin. Cinq commissions parlementaires, du Sénat et de la Chambre des Représentants, ont examiné les projets de réforme générale qui leur avaient été soumis ; quatre d'entre elles ont déjà achevé leurs travaux. La Maison-Blanche n'a proposé aucun projet de loi particulier mais a indiqué au Congrès quels étaient les objectifs du gouvernement Obama à cet égard.

Les divergences entre les textes des projets de loi auxquels parviendraient, chacun de son côté, le Sénat et la Chambre des Représentants, devraient vraisemblablement être réglées lors d'une conférence conjointe de leurs commissions respectives avant qu'un projet définitif ne puisse être adopté puis soumis au président pour être promulgué.

« Tout le monde dans cette salle sait bien que rien ne se passera si nous ne prenons pas d'initiative », a dit M. Obama dans son allocution de 47 minutes télévisée à la nation. « Notre déficit s'accroîtra. D'autres familles perdront tous leurs biens, leur budget en faillite. D'autres entreprises fermeront leurs portes. D'autres Américains perdront leur assurance maladie quand ils seront souffrants et en auront le plus besoin. Et d'autres encore mourront de cette situation. Nous savons bien que ce sont là des faits. C'est pourquoi nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer ; en effet, bien trop d'Américains comptent sur nous et sur le succès de notre tâche. »

Plus d'une douzaine de projets de loi ont été soumis aux différentes commissions parlementaires mais toutes ciblent trois préoccupations dominantes : les millions de personnes sans aucune assurance maladie ; la montée en flèche continue des coûts associés au secteur de la santé ; et les défaillances au niveau de la qualité des soins aux États-Unis.

Chacun de ces trois points est bien plus compliqué qu'il ne le semble au premier abord, selon les conclusions d'une étude publiée à la fin de juillet par le Service de recherche du Congrès des États-Unis (CRS). « Les solutions à ces préoccupations risquent de se contrecarrer », a souligné M. Bob Lyke dans son analyse de la situation qui paraît dans le rapport du CRS.

Selon des statistiques du Bureau du recensement des États-Unis rendues publiques le 10 septembre, 46,3 millions de personnes aux États-Unis n'avaient pas d'assurance maladie à un moment donné au cours de l'année 2008, soit une hausse marquée par rapport au total de 45,7 millions de l'année précédente ; et de l'avis de nombreux économistes, ce total risque d'augmenter encore plus en 2009 en raison de la récession économique et des pertes d'emplois. Ce chiffre était de 47 millions en 2006. Le Bureau du recensement a également indiqué que le taux de pauvreté aux États-Unis avait atteint 13,2 % en 2008, son niveau le plus élevé depuis 11 ans.

Les partisans tout comme les détracteurs de la réforme du système de santé s'inquiètent principalement de la même question, à savoir, combien coûtera-t-elle et comment sera-t-elle financée. Les États-Unis, à l'encontre de nombreuses économies industrialisées, n'offrent pas d'assurance maladie universelle financée par le gouvernement national ou celui des différents États d'une fédération. L'assurance maladie aux États-Unis est fournie par un amalgame de compagnies commerciales, d'associations sans but lucratif et de programmes publics établis par le gouvernement pour des catégories particulières de la population.

Le député républicain et cardiologue Charles Boustany, qui représente une circonscription du sud de la Louisiane à la Chambre basse, a donné la réplique de son parti (minoritaire au Congrès) à l'allocution du président. Membre de la Commission des voies et moyens de la Chambre des Représentants, M. Boustany s'était joint à tous ses collègues républicains pour voter en juillet contre le projet de réforme du système de santé.

« Il est évident que le peuple américain favorise la réforme du système de santé, mais il veut aussi que les dirigeants qu'il a élus s'y prennent correctement », a déclaré M. Boustani dans son discours également télévisé. « La plupart des Américains veulent que M. Obama disent à la présidente (démocrate) de la Chambre des Représentants, Mme Nancy Pelosi, au sénateur principal de la majorité démocrate, M. Harry Reid, et à tous les membres du Congrès qu'il est temps de recommencer à zéro et de reprendre les travaux sur un plan bipartite de réforme de bon sens, qui visera surtout à réduire les coûts associés aux soins de santé tout en améliorant leur qualité. »

« Remplacer l'assurance maladie actuelle de votre famille par un système de soins géré par le gouvernement n'est pas la solution », a affirmé M. Boustani. « Cela, en effet, ne ferait que rendre les soins encore plus coûteux. »

Dans le débat sur la réforme du système de santé, ce qu'on appelle « l'option publique », à savoir une couverture pour toutes les personnes qui n'ont pas les moyens d'acheter une police d'assurance maladie, a été un point de discorde important au sein du Congrès. Cette option publique fait partie des objectifs de la réforme proposés par le président Obama.

« Environ 80 % des parlementaires dans cet hémicycle conviennent de la nécessité de cette réforme, et cela nous rapproche plus que jamais de cet objectif », a déclaré M. Obama. « Si vous êtes l'un des dizaines de millions d'Américains actuellement privés d'assurance maladie, la seconde partie de ce plan de réforme (l'option publique) vous offrira enfin le choix d'options de qualité abordables. »

Le coût du système de santé et les dépenses budgétaires

Selon le rapport rédigé par M. Lyke pour le CRS, les États-Unis dépensent, pour les services de santé, près de 17 % de leur produit intérieur brut (PIB) - la valeur totale des biens et des services du pays - un taux bien supérieur à celui des autres économies industrialisées. Le ministère fédéral de la santé et des services sociaux indique que ce taux, à 7,2 % en 1970, était passé à 12,3 % en 1990 puis à 16,2 % en 2007, avant d'atteindre son niveau actuel de 17 %.

M. Obama a dit aux deux chambres du Congrès : « Nous dépensons une fois et demie de plus pour nos soins médicaux par personne que tout autre pays mais notre santé n'en est pas meilleure pour autant. »

Les dépenses du secteur de la santé sont en hausse depuis de nombreuses années : les primes d'assurance maladie ont augmenté en moyenne de 114 % entre 1999 et 2007, les coûts des soins médicaux se sont accrus à un taux de 4,7 % par an de 1980 à 2007, tandis que le coût de la vie, tel qu'il est déterminé sur la base de l'indice des prix aux consommateurs au cours de la même période, a augmenté de 2,5 % par an. C'est ce qui ressort du rapport de M. Lyke qui souligne par ailleurs : « Bien que les États-Unis dépensent bien plus que les autres pays industrialisés pour les soins médicaux, ils ne figurent qu'en position moyenne ou quelque peu inférieure sur l'échelle des différents indices de qualité de ces soins. »

Des sondages d'opinion, effectués par des organisations médiatiques à la fin du discours du président Obama au Congrès, indiquent que 67 % des Américains qui l'avaient suivi à la télévision se sont dits en faveur de la réforme du système de santé.

Le gouvernement fédéral et ceux des États paient actuellement environ 45 % des frais des services de santé aux États-Unis, selon le Centre des services Medicare et Medicaid, les programmes publics qui couvrent les soins médicaux pour les personnes âgées de plus de 65 ans, celles avec certains handicaps ou dans le besoin. Les compagnies d'assurance couvrent environ 35 % tandis que le reste est assumé par les particuliers.

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