19 mai 2009

Elizabeth Fee
La poliomyélite se manifeste chez l'homme depuis l'antiquité, causant une atrophie musculaire, la paralysie, voire la mort.
Dans les années 1940, des chercheurs ont découvert qu'il existait 3 types principaux de virus de la poliomyélite et qu'il était possible de le reproduire dans une culture de tissus. Le chercheur et médecin américain Jonas Salk a réussi à tuer le virus de la poliomyélite avec du formaldéhyde et à créer un vaccin. En 1954, les États-Unis ont fait l'essai de ce vaccin à l'échelle nationale en l'inoculant à des centaines de milliers d'écoliers. Dans ce qui est connu sous le nom d'« incident Cutter », 200 enfants vaccinés ont contracté la poliomyélite et 11 d'entre eux sont morts. L'origine de tous ces cas a été retracée jusqu'à un seul lot de vaccin défectueux en provenance d'un laboratoire pharmaceutique. Les États-Unis ont alors établi des normes de production plus strictes, et les vaccinations ont pu reprendre avec succès ; de ce fait, le nombre d'enfants paralysés par la poliomyélite a diminué de façon spectaculaire.

Contrairement au vaccin Salk qui injecte un virus mort, le vaccin mis au point par le docteur américain Albert Sabin, qui était d'origine polonaise, est produit à partir du virus vivant affaibli de la poliomyélite. Alors que le vaccin Salk était administré aux États-Unis, 10 millions d'enfants de l'Union soviétique reçurent le vaccin Sabin en 1959 dans le cadre d'essais organisés par l'Organisation mondiale de la santé. Du fait qu'il est relativement facile à produire et qu'on peut l'administrer par voie orale, souvent sur un morceau de sucre, et non par injection, le vaccin Sabin est rapidement devenu le vaccin le plus populaire contre la poliomyélite dans le monde entier. Une utilisation vigilante, suivie et coordonnée des vaccins Salk et Sabin a maintenant éradiqué la poliomyélite dans la plupart des pays.
Elizabeth Fee est chef de la division de l'histoire de la médecine à la Bibliothèque nationale de médecine de l'Institut national de la santé.
Article de la revue électronique « L'importance vitale des vaccins »